Les prix des grains sont demeurés sur le neutre, à légèrement négatif au cours des derniers jours alors que la période des fêtes aura apporté peu de nouvelles fraiches.
Hier, le USDA a présenté coup sur coup son rapport sur les ventes hebdomadaires à l’exportation et celui sur les inspections hebdomadaires des exportations américaines de grains.
Pour le maïs, les résultats obtenus (inspections de 919 573 tonnes et ventes de 1,708 million de tonnes) se veulent intéressants, suggérant que la demande pour le maïs américain demeure au rendez-vous et conforment à la prévision d’exportations totales qu’a prévu pour 2014-15 le USDA. Certains y voient d’ailleurs un signe qu’avec l’autorisation du MIR 162 de Syngenta, la Chine pourrait être de retour dans le marché.
Dans le cas du soya, les résultats sont plus partagés. Les inspections ont déçu à seulement 609 613 tonnes, alors que les ventes à l’exportation ont été très fortes à 2,137 millions de tonnes. De ces ventes, 1,501 millions de tonnes sont pour livraison en 2015-16, ce qui aura quelque peu discrédité l’importance des ventes annoncées.
Pour sa part le blé américain peine toujours avec des inspections de seulement 198 525 tonnes, et des ventes de 328 600 tonnes, dont 35 500 tonnes pour livraison en 2015-16.
Selon le dernier rapport Hogs & Pigs du USDA publié le 23 décembre dernier, le cheptel porcin serait maintenant définitivement de retour à l’expansion suivant une année difficile avec le virus de la DEP (diarrhée épidémique porcine). Pour les grains, cette perspective se veut encourageante, puisqu’elle laisse entendre que la demande de maïs (et de tourteau) devrait augmenter au cours de 2015 et permettre d’absorber une portion des récoltes record américaines.
Pour un survol complet du rapport Hogs & Pigs : Scotia McLeod - Lettre sur l'agriculture - Porc
Le dernier rapport de l’EIA (Energy Information Administration) fait aussi état d’un niveau de production hebdomadaire d’éthanol qui demeure record, cette fois-ci à 992 000 barils/jour. Ceci est d’autant intéressant que les inventaires d’éthanol ont reculé pour une deuxième semaine consécutive, pour maintenant s’établir à 17,61 millions de barils.
Pour le maïs, les nouvelles du côté de la demande se veulent donc encourageantes, alors que la demande semble continuer de se raffermir. En prévision du prochain rapport mensuel du USDA du 12 janvier, les marchés prévoient également une révision à la baisse de la récolte américaine, ce qui sera d’autant avantageux pour les prix si elle se confirme.
Dans le cas du soya, la situation se veut un peu plus partagée, ce que révèle d’ailleurs bien le comportement du prix des derniers jours, voire des dernières semaines. La demande demeure forte, mais cet état de fait n’est plus nouveau aux yeux des marchés qui portent plutôt tranquillement leur attention sur la situation en Amérique du Sud. Et, de ce côté, les nouvelles restent moins encourageantes pour les prix.
Après le début de saison tardif, les conditions ont été dans l’ensemble pratiquement idéales pour les cultures. On rapporte même d’excellents rendements pour la récolte hâtive au Brésil qui est débuté depuis une semaine. Seul élément qu’il faudra maintenant surveiller de très près dans les prochaines semaines, on rapporte que certaines régions dans le sud de l’Argentine, mais aussi au Brésil seraient anormalement sèches. Et, selon les dernières prévisions, il semble que les précipitations resteront relativement limitées pour les deux prochaines semaines, une situation qui pourrait commencer à préoccuper.

Quant à lui, le marché du blé demeure toujours aux prises avec une correction qui se veut de plus en plus sévère. Fondamentalement, les incertitudes entourant la Russie demeurent. Le pays a d’ailleurs annoncé qu’il imposerait une taxe à l’exportation afin d’assurer l’approvisionnement domestique et contrôler l’inflation alimentaire. Mais, après plusieurs semaines de rumeurs, les marchés se seront montrés déçus par la sévérité de cette initiative, ce qui aura incité à des prises de profits suivant le rallye important des derniers mois.
De manière générale, certains analystes avancent l’idée que les fonds spéculatifs seraient moins tentés de réinvestir dans le marché des commodités agricoles au début de 2015, invitant à la prudence en cette fin de 2014.
Aux États-Unis, on rapporte que les producteurs ont profité de l’ouverture intéressante des marchés lundi pour réaliser plus de ventes. On s’attend aussi à ce que ceux-ci soient tentés de vendre davantage au cours du mois de janvier. Traditionnellement, jusqu’à 15% des récoltes peuvent être vendu en janvier. Sauf que cette année, avec une récolte record sous la main et peu de ventes au cours de la fin 2014, la pression « vendeur » pourrait s’avérer plus forte qu’à la normale.


