
Les prix des engrais n’ont pas jusqu’ici suivi le recul de ceux des grains. Les principaux types de fertilisants commercialisés ont même vu leur valeur grimper depuis un an date pour date (plus de 10 % en $ US : l’urée 14 % en $ Can., le DAP 18 % en $ Can, l’UAN environ 18 % en $ Can ainsi que la potasse plus de 13 % en $ Canadien).
De leur côté, les grains ont chuté de l’ordre de 10 à 20 % et plus à la bourse depuis l’automne 2013. Deux facteurs seraient à l’origine de cette situation : le contexte d’offre et demande mondiale et les problèmes de logistique de transport.
Dans le monde, dans l’ensemble, l’offre d’engrais reste adéquate. Cependant, les tensions géopolitiques préoccupent toujours, spécialement entre l’Ukraine et la Russie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les dernières récoltes ont aussi été importantes, et on rapporte qu’au cours de 2014, la demande d’engrais est demeurée soutenue malgré le recul des prix des grains. Il faut garder à l’esprit que ce recul important des prix des grains s’est d’ailleurs produit à partir du printemps dernier, alors qu’une proportion importante de la demande d’engrais pour 2014 a plutôt préalablement été réalisée à partir de l’hiver.
Dernièrement en novembre, une inondation dans la mine de Solikamsk 2 d’Uralkali, l’un des trois plus importants fournisseurs de potasse dans le monde, a entraîné l’arrêt des activités sur le site. La formation d’un trou béant important (voir photos) s’en est suivi. Uralkali s’active présentement à évaluer l’étendue des dégâts, mais la fermeture prolongée de cette mine commence déjà à préoccuper et à forcer à la hausse le prix de la potasse.

Les problèmes de logistique de transport rencontrés aux États-Unis sont aussi une source d’inquiétude importante dans le marché des engrais. À l’image de ce qui s’est produit à l’hiver dernier au Canada, ce fut cet automne au tour du réseau de transport ferroviaire (et par barges) aux États-Unis de se retrouver congestionné par un afflux trop important de grains et de pétrole. Par la même occasion, l’approvisionnement en engrais s’en est trouvé également compromis. Ce qui préoccupe le plus maintenant est surtout à savoir si cette problématique persistera encore longtemps, assez pour nuire à l’afflux de livraisons d’engrais qui, comme chaque année, prendra son envol à partir de la fin de l’hiver prochain.
Sauf qu’avec le recul important des prix des grains, les producteurs n’ont tout simplement pas le cœur à prendre les devants, et sécuriser d’avance leurs besoins en engrais pour le printemps prochain. C’est ce que rapportent plusieurs détaillants chez nos voisins du sud qui notent un recul des commandes pour l’automne, mais aussi une baisse des intentions d’ensemencements de maïs pour le printemps prochain. De l’avis de Joe Dillier de Growmark dans un article publié sur le site de FarmWeekNow, ce manque d’intérêt reste un pari risqué.
Selon M. Dillier, les rendements importants de cette année (aux États-Unis) font en sorte que les sols auront besoin d’un apport supplémentaire en engrais pour supporter à nouveau de bons rendements l’an prochain, spécialement des côtés du phosphore et du potassium.
M. Dillier n’hésite pas à rappeler que le report des achats au printemps de plusieurs producteurs risque aussi de générer un goulot d’étranglement, alors que tout le monde voudra finaliser en trombe ses achats pour démarrer rapidement la saison. Or, comme ce fut le cas au printemps dernier dans les Prairies canadiennes avec l’azote, le phosphore et la potasse, les problèmes de logistique pourraient alors plutôt entraîner une forte pression à la hausse sur les prix des engrais.
S’il est vrai que les prix des engrais demeurent très élevés tenant compte de la chute des prix des grains, d’un commun accord nombre de spécialistes comme M. Dillier estiment qu’ils ne devraient pas reculer de façon notable d’ici le printemps, ceux-ci pressentant plutôt une hausse de production des engrais surtout à partir de 2016.
Si vous avez des questions sur les prix et la situation dans le marché des engrais, n’hésitez pas à contacter votre représentant de William Houde. Il se fera un plaisir de répondre à vos questions et de vous proposer différentes alternatives pour ne pas être pris de court au printemps prochain.
