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Les engrais trop chers pour cet automne ?

08 novembre 2014,

D’est en ouest, et du nord au sud en Amérique du Nord, le mot d’ordre est le même chez les producteurs: « Avec la chute des prix des grains, ceux des engrais sont trop chers pour le moment. » Selon les régions, on rapporte même que jusqu’ici aucune vente d’engrais n’a été enregistrée, ce qui est plutôt particulier à l’automne.

À en croire ce que l’équipe de DTN observe dans son survol hebdomadaire auprès de 310 détaillants, il est difficile de nier que les prix ont effectivement grimpé depuis l’an dernier. Les huit principaux engrais de base sont plus chers qu’en octobre 2013.

Avec l’importante chute des prix des deux dernières années, la tentation est donc grande chez les producteurs d’attendre le plus longtemps possible avant de se commettre dans leurs achats d’engrais.

Sur l’échiquier mondial, on rapporte que l’offre d’engrais reste élevée, laissant tout autant miroiter l’idée que les prix devraient reculer dans les prochains mois. Mais, certains facteurs pourraient encore faire en sorte que les producteurs qui attendront trop avant de fermer leurs prix pourraient être surpris :

  1. Aux États-Unis, les importantes récoltes de maïs ont laissé les sols dans le besoin d’engrais NPK.
  2. La chute des prix des grains incite davantage les producteurs à obtenir plus que jamais d’excellents rendements.
  3. Personne ne voulant se commettre trop à l’avance pour les semis 2015, autant du côté des producteurs que des détaillants, le risque est bien réel que l’engorgement de dernière minute au printemps force davantage qu’à la normale les prix à la hausse.
  4. Les problèmes de logistique de transport particulièrement criant présentement aux États-Unis pourraient générer des difficultés et faire grimper aussi les prix des engrais au printemps.

D’un autre côté, il est vrai qu’à en croire les 1res prévisions d’ensemencements aux États-Unis pour 2015, il se sèmera encore davantage de soya au printemps prochain, mais au Canada plus de maïs (5%) compte tenu de la valeur du dollar canadien. Ceci devrait aider à tempérer les prix.

Les prochains mois risquent donc d’être très difficiles à anticiper pour les prix des engrais, puisqu’il y autant de raison de croire qu’ils pourraient reculer, qu’il y en a de croire qu’ils peuvent grimper. Sauf qu’avec la chute des prix des grains, il reste plus important que jamais de suivre de près la situation du côté des prix des engrais dans les prochaines semaines. Les producteurs n’auront tout simplement pas le choix de payer plus cher pour semer au printemps prochain.

 

 

 


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