Les ventes de soya au Brésil ont ralenti ces dernières semaines en raison de la faiblesse des prix, mais la tendance s’est inversée au cours des 10 derniers jours. La combinaison d’une devise brésilienne plus faible, de l’augmentation de la demande chinoise et des négociations États-Unis/Chine en suspens (du moins pour le moment) ont entrainé des ventes de millions de tonnes de soya brésilien au cours des 10 derniers jours.
Le Centre d’Études Avancées en Économie Appliquée (CEPA) a rapporté à Reuters que les Chinois avaient acheté plus de 5 millions de tonnes de soya au cours des derniers jours pour des livraisons entre juin et août, ce qui équivaut à environ 100 navires.
Les ventes des agriculteurs au Brésil ont été relativement faibles ces dernières semaines puisqu’ils espèrent de meilleurs prix. Cela semble avoir pour origine la présence des Chinois envoyés au Brésil pour brasser des affaires. Outre le blocage dans les négociations, le dollar américain a augmenté de 4 % par rapport au réal brésilien la semaine dernière. Les primes ont également augmenté rapidement dans les ports brésiliens.
Les bases aux ports brésiliens étaient baisse alors qu’il semblait qu’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine aboutissait. Cela a rapidement changé lorsque les négociations se sont enlisées. La semaine dernière, les bases au port de Paranagua ont dépassé le dollar US par boisseau pour le contrat juillet 19 à Chicago, ce qui correspond au double de ce qu’elles étaient il y a quelques semaines à peine, et c’est leur plus haut niveau depuis décembre 2018.
Le réal brésilien s’est affaibli la semaine dernière, et vendredi dernier, il s’échangeait à 4,1 pour un dollar américain. Une devise plus faible signifie que les agriculteurs brésiliens mettent plus d’argent dans leurs poches chaque fois qu’ils vendent du grain dont le prix est exprimé en dollar américain. Cette situation aurait pu stimuler les ventes.
Un autre facteur qui a semblé stimuler les ventes de soya est le retard des semis de printemps aux États-Unis, qui est causé par le temps humide. Le problème est que, si les agriculteurs américains ne peuvent pas semer la totalité de leur superficie de maïs envisagé, ils risquent de convertir une partie de ces acres en soya, ce qui augmente le potentiel d’une récolte de soya plus importante que prévue aux États-Unis. Ceci n’est pas une bonne nouvelle pour les prix du soya. Il semblait donc que les Brésiliens souhaitaient tirer parti de cette courte période d’opportunité pour bloquer les prix.

