Nouvelles RJO'Brien

Agro-Lettre RJO

23 mars 2018, RJO'Brien

Aujourd’hui le 23 mars,

  • Grains : Turbulence à Chicago   
  • Dollar : Retour de l’inflation au Canada renforcie notre monnaie

Rédigé par Simon Briere, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada

Hier le gouvernement américain a annoncé qu’ils imposeraient des tarifs/sanctions sur les produits chinois. Aujourd’hui la Chine réplique avec des tarifs sur produits agricoles américains. Par contre on ne parle pas de soja car les chinois ont ciblé des fruits, des noix et du vin. Ma blonde dirait « tant mieux ça fait plus de vino pour moi ». Elle aime ça le pinot grigio, comprends-tu? Par contre c’est très important, il ne faut pas prendre à la légère ce que cela veut dire et c’est pourquoi le CBOT a eu une journée assez rocambolesque aujourd’hui. Deux facteurs très importants s’affrontent dans le ring de boxe; d’un côté la production en Argentine continue d’être revue à la baisse mais le spectre de la guerre commerciale entre les USA et la Chine pend comme l’épée de Damoclès. L’un pourrait faire augmenter la demande U.S via l’export tandis que l’autre vient faire carrément l’opposé. Qui l’emportera? Bonne question.

À court terme on risque de voir beaucoup de volatilité d’autant plus que la semaine prochaine l’USDA publiera le rapport d’ensemencement et d’inventaire trimestriel (jeudi midi). Donc en même temps on a des gros rapports fondamentaux de l’USDA, un congé de 3 jours pour Pâques et la fin de mois/trimestre.  

Même si à court terme on n’est pas capable de prédire l’impact d’une guerre commerciale, selon moi à long terme personne n’y gagne. Surtout dans le cas actuel…. Pour le secteur agricole américain. 

Par exemple…. À propos de l’ALÉNA. Disons qu’un rancher cowboy du Texas avec les bottes et le chapeau tout le kit. Disons que lui se dit qu’il veut mettre un mur avec le Mexique et mettre des tarifs sur les veaux qui rentrent dans sa cours. Son idée de base est que son prix local devrait monter car les parcs d’engraissement le paieraient plus cher pour son troupeau vu qu’ils ne peuvent plus acheter les feeder bon marché en provenance du Mexique. Bingo. Mais ça n’arrête pas là, ça serait trop simple! En faisant ça, les États-Unis se priveraient for probablement de leur 3eplus gros marché pour le bœuf gras car si le Mexique ne peut pas rentrer des feeders à bon prix aux USA, il y a de sapré bonne chance qu’ils n’achètent pas le bœuf en retour. La demande chuterait… et le prix aussi! En fait les USA achètent les feeders américains et AJOUTENT DE LA VALEUR en les engraissant…. Comme n’importe quelle entreprise qui achètent/manufacture des produits. On prend une denrée, on la transforme, et la revend avec une valeur ajoutée. Se faisant, cette ajout de valeur crée de l’emploi, utiliser les récoltes locales des farmers américain et tout le monde y trouve son compte finalement. La proximité géographique réduit de cout de transport aussi. Bref, monter des murs et installer des barrières aurait probablement qu’un impact négatif sur le marché sur un horizon long terme et serait contraire à l’objectif initial!

… Oui mais mettons que le cowboy est prêt à prendre le coup de poing en se disant qu’il le fait pour le bien de ses enfants, pour qu’eux ailles mieux. Là aussi je ne pense pas que ça va marcher… L'administration Trump appelle cela « un rééquilibrage du commerce ». Le rééquilibrage est que ce sera pire pour certains et meilleur pour les autres – un peu comme ici au Canada quand le gouvernement jour avec les politiques et alterne entre les ressources de l’ouest (pétrole) et le manufacturier de l’Ontario. À mon avis, s’il y a rééquilibrage il se fera au détriment du secteur agricole U.S. pour le gain d’un autre segment de l’économie. Actuellement le secteur agricole est gagnant – les USA ont un énorme surplus commercial pour les ressources à cause des exportations de grain/viande! La croissance de la classe moyenne en Chine augmente très vite et l’appétit est grandissant! Le protectionnisme U.S aura pourrait au fil du temps déplacer les productions agricole vers des régions plus favorables, comme le Brésil (soja) et la Russie (blé) par exemple.

Évidemment tout cela est très « économique » car barrière ou pas l’importance de l’alimentation et l’accès à l’eau potable seront au cœur des préoccupations dans un avenir (rapproché).

SIMON BRIERE

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