Nouvelles RJO'Brien

Agro-Lettre RJO: Cattle-on-Feed & Cold Storage

23 septembre 2016, RJO'Brien

Aujourd’hui le 23 septembre,

· Cattle-on-Feed : Le rapport est « neutre à légèrement négatif » pour les prix par rapport aux prévisions de l’industrie principalement à cause des placements plus élevés que prévus.
· Chine : Abolition de l’interdiction du bœuf américain, mais impose une taxe de 38% sur les drèches américaines
· Abattages de bœuf: 592,000 têtes cette semaine, en hausse de 3% comparativement à 2015
· Abattages de porc: 2.47 millions têtes cette semaine, en hausse de 8% comparativement à 2015… près de la capacité d’abattage
· Inventaires surgelés : 7% moins de porc qu’en août 2015 et 1% plus de bœuf

Rédigé Gabriel Joubert-Séguin, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada

*** R.J. O’Brien et Associés LLC est au service des agriculteurs depuis déjà 102 ans, membre fondateur de la Bourse de Chicago ***

Cattle-on-Feed

Le nombre de bœuf en parc d’engraissement est évalué à 10.165 millions de têtes, une hausse de 1.5% ce qui est tout juste au-dessus des attentes (+1.2%). Somme toute, c’est dans la fourchette des estimés et l’interprétation sera neutre aux yeux du marché. L’augmentation des placements est de +15.1% en septembre 2016 versus 2015, c’est plus élevé que les +13% « attendu » par l’industrie, donc la donnée sera perçue comme légèrement négative puisque cela augmentera l’offre de viande pour le printemps 2017. L’augmentation de la production était de de 17.6%, en plein dans le mille et concorde exactement avec les statistiques de l’USDA sur les abattages au mois d’août. Il ne faut pas oublier que le mois d’août comptait 23 jours de semaine en 2016 comparativement à 21 jours en 2015 ce qui explique en partie les placements/abattages plus élevés cette année. 

Chine et agriculture américaine

La Chine a commencé la semaine en enlevant une restriction sur les bœufs américaines pour finir la semaine en imposant un nouveau tarif sur les drèches américaines. D’abord, le gouvernement chinois annonçait mardi la fin de l’interdiction de produits bovins américains ce qui ouvre la porte aux américains à un énorme marché en croissance dont ils avaient perdu l’accès en 2003. La Chine avait imposé une prohibition sur le bœuf américain suite à un cas de vache folle dans l’état de Washington il y a 13 ans. Maintenant que la classe moyenne s’enrichisse, la demande pour la viande de bœuf augmente et les besoins en importation suivent la même tendance. Possiblement, les deux principales entreprises qui pourront bénéficier de cette nouvelle sont Tyson Foods et Cargill.

Consommation annuelle de bœuf/veau en Chine (millions de tonnes) 

Cette nuit, le ministère chinois du commerce a décidé d'imposer des droits « antidumping » sur les drèches de distillerie (DDG) des États-Unis en demandant aux importateurs de payer un dépôt en espèces à l'achat. L'industrie nationale a été substantiellement lésée par le « dumping » des drêches, le ministère a déclaré dans sa décision préliminaire suite à une enquête lancée plus tôt cette année. À partir de vendredi, les importateurs du produit doivent faire des dépôts avec les douanes chinoises à 33.8% de la valeur des importations. Les drèches (sous-produit de la production d'éthanol) sont riches en éléments nutritifs qui sont utilisés dans l'alimentation animale. La Chine est le plus grand acheteur mondial de DDG avec la plupart des importations en provenance des États-Unis. Après avoir connu une progression phénoménale des exportations en direction de la Chine passant de 1.6 millions de tonnes en 2010/2011 à 6.2 millions trois ans plus tard seulement (+ 289%), les américains risquent de ralentir la cadence en raison des tarifs imposés par la Chine. Le U.S. Grains Council évalue que la consommation chinoise de drèche américaine pourrait chuter fortement. En 2013/14, plus de la moitié des exportations américaine prenant la route de la Chine tandis que cette année c’est moins de 30%.

Abattages

Cette semaine, les abattages de bœuf étaient de 592,000 têtes ce qui est légèrement inférieur à la semaine dernière, mais 3.1% de plus que l’an dernier. Le poids des bovins continuent d’être inférieur à 2015, la différence de poids est présentement de 15 lbs carcasses à 833 lbs. Cela donne une production hebdomadaire de 492 millions lbs ce qui est seulement 1.3% de plus que l’an dernier.

Dans le porc, le volume d’abattage de cette semaine ne vient vraiment pas rassurer le marché qui craint un dépassement de la capacité d’abattage en décembre. On a pratiquement accoté la capacité d’abattage cette semaine avec 2.47 millions de porc, du jamais vu pour un mois de septembre. C’est 8.0% plus élevé que les abattages de l’an dernier ce qui n’était pas anticipé lorsqu’on regarde les cheptels d’il y a 3 mois. Probablement que nous aurons plus d’information sur la provenance de ses porcs dans le rapport Hogs & Pigs de vendredi prochain. Puisque le poids est légèrement inférieur, la production hebdomadaire est 7.0% de plus que l’an dernier à 512.6 M lbs.

Inventaires surgelés

Pour les inventaires surgelés, la situation reste semblable que celle en juillet. Au 31 août, il y avait 607 millions de livres de porcs congelés, soit 7% de moins que l’an dernier mais 10% de plus que la moyenne 5 ans. Il continue d’avoir beaucoup de bacon dans les congélateurs, à 32 millions de livres ce qui est plus du double de la quantité de l’an dernier et près de 50% plus que la moyenne 5 ans. Les seules coupes qui sont nettement sous la normale sont l’épaule et les retailles, il y en a environ 23% de moins que l’an dernier et la moyenne 5 ans. Dans le bœuf, les inventaires continuent de s’accumuler pour finir le mois d’août à 477 millions de livres ce qui similaire à l’an dernier mais 13% de plus qu’en moyenne.

Bon weekend,

GABRIEL JOUBERT-SÉGUIN, M.SC.,CAIA

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