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Agro-Lettre RJO: État des cultures et exportations de viande

08 août 2016, RJO'Brien

Aujourd’hui le 8 août,

· Condition du maïs: -2% à 74% bon/excellent, comparativement à 70% l’an dernier
· Condition du soya : inchangé avec 72% bon/excellent, comparativement à 63% l’an dernier
· En juin, les exportations nettes américaines de porcs étaient de 347M lbs, 9% de plus qu’en juin 2015
· En juin, la Chine a acheté un volume record de porcs, mais la quantité en provenance des É.-U. a diminué
· Les importations de porcelets canadiens continuent d’être élevées, contrairement aux carcasses de porcs canadiennes
· En juin, les importations américaines de bœufs ont chuté de moitié versus juin 2015
· Libre-échange entre le Brésil et les États-Unis pour les ventes de bœuf frais et congelé

Rédigé Gabriel Joubert-Séguin, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada

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De plus en plus, la récolte américaine avance vers la maturité. La pollinisation du maïs est pratiquement complétée, alors que 53% des surfaces a franchi le stade « pâteux » et que 9% est au stade « denté ». Suite aux températures chaudes de la semaine dernière, la condition du maïs s’est légèrement détériorée, dont 2% des superficies ne sont plus dans la catégorie bonne ou excellente. Désormais, avec 74% de la récolte en bon ou excellent état, la condition du maïs reste extraordinaire. Dans le soya, la floraison est terminée pour 91% de la récolte et déjà 69% des gousses sont en remplissage. La condition du soya est toujours à 72% bonne ou excellente, mais on pourrait dire que la situation s’est légèrement améliorée puisque 1% est passé de la catégorie « bon » à « excellent ».

Au début juin, le marché du porc s’était grandement emballé suite aux anticipations d’exportations élevées vers la Chine. En effet, les exportations américaines de porc ont été plus fortes que l’an dernier et qu’en moyenne (graphique 1). Le volume de porc exporté moins celui importé (exportations nettes) totalisait 347 millions de livres, soit 9.4% de plus qu’en juin 2015 et 6.2% de plus que la moyenne 5 ans. Cependant, ce n’est pas directement la Chine qui a fortement influencé la hausse des exportations nettes, mais le Canada. En juin, la Chine avait acheté 71M livres de porcs américains ce qui est 18.5 millions de moins que le mois précédent (graphique 2). Cela est quelque peu décevant étant donné les importations de porc en Chine fracassaient tous les records en juin avec des achats de 194,000 de tonnes (427.5 M livres) ce qui était plus du triple des achats chinois de juin 2015 (graphique 3). Donc, la Chine achète plus, mais pas en provenance des États-Unis. Fort probablement que la Chine a acheté en provenance d’Europe, mais aussi du Canada ce qui expliquerait la chute des importations américaines de carcasses de porcs canadiens. Autrement dit, la Chine achète plus au Canada, donc le Canada vend moins aux États-Unis ce qui fait augmenter les exportations nettes américaines. Même si la Chine n’a pas augmenté son volume, les exportations nettes américaines ont bénéficié indirectement de la forte demande chinoise via le Canada. Plus concrètement, les États-Unis ont importé seulement 10M livres de porcs carcasses en provenance du Canada (graphique 4) contrairement à 35 millions livres en juin 2015. Même si les importations américaines de porcs carcasses canadiens ont diminué, ce n’était pas le cas avec les porcelets de 7kg et moins (graphique 5). On voit que le nombre de porcelets achetés par les américaines maintient une tendance haussière avec près de 300,000 cochonnets.

Pour le bœuf, les É.-U. importent beaucoup moins que l’an dernier ce qui est compréhensible en raison de l’augmentation de production américaine. Les importations totalisaient 71 M lbs, à mi-chemin entre les volumineux achats de l’an dernier et la moyenne 5 ans. Notez que la semaine dernière, l’USDA publiait l’accord entre les États-Unis et le Brésil sur le libre-échange du bœuf frais et congelés. L’USDA stipule que le Brésil désormais un client avec énormément de potentiel comptant plus de 200 millions d’habitants, mais semble oublier qu’ils produisent 9.6 millions tonnes de bœuf par année, soit 80% de la production américaine alors qu’ils représentent seulement 63% de la population américaine. Il est donc plus probablement de voir du bœuf brésilien en sol américain à court terme ce qui pourrait mettre de la pression sur les prix ces prochaines années.

Graphique 1 – Exportations américaines nettes de porc

Graphique 2 – Exportations américaines de porc vers la Chine

Graphique 3 – Importations chinoises de porc (en tonnes)

Graphique 4 – Importations américaines de porc du Canada 

Graphique 5 – Importations américaines de porcelet du Canada 

Graphique 6 – Exportations américaines nettes de boeuf

Bonne soirée,

GABRIEL JOUBERT-SÉGUIN, M.SC., CAIA

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