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Agro-Lettre RJO: Trituration de soya et blé

15 septembre 2015, RJO'Brien

Aujourd’hui le 15 septembre,

·   En août, les membres de la NOPA ont consommé 135.3M boisseaux de soya, en ligne avec les estimés

·   35% du maïs est mature et 5% est récolté, légèrement en retard

·   35% du soya est à maturité, mais la condition se détériore de 2%

·   Gel au sol au Brésil, mais non-significatif pour le marché mondial du blé

 

Rédigé par Gabriel Joubert-Séguin, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada

« Notre équipe donnera une conférence ce jeudi pour le groupe « Projet pilote en mise en marché du porc et l’achat de grains ». Pour plus d’information, contactez M. Réjean Prince du MAPAQ au 450-778-6504 poste 6131»

Ce midi, nous avions les données des membres de la NOPA concernant leur consommation de fève de soya pour les opérations de trituration du mois d’août. Les données étaient en ligne avec les attentes à 135 millions de boisseaux de fève (tableau 1) ce qui est nettement supérieur à l’an dernier. Rappelons-nous que la disponibilité de fève était très limitée avant la moisson de 2014 ce qui avait réduit les opérations de trituration à un tel point que nous étions tombés en pénurie de tourteau pendant qu’il y avait une abondance de fève. En octobre 2014, le prix avait augmenté de 300 à 400 $US/tonne courte en raison de cette pénurie de tourteau. Il est fort possible que ce scénario ne se répète pas cette année puisque qu’il se consomme 22% plus de fève pour la fabrication de tourteau que l’été dernier, un sommet depuis août 2007. De plus, on peut s’attendre à ce que les opérations de trituration continuent de rouler à un rythme élevé en raison de la forte profitabilité, le « crush margin ». Les triturateurs empochent toujours plus d’un dollar américain le boisseau en transformant la fève en tourteau et en huile (graphique 2). En combinant cette profitabilité avec l’abondance de fève, le prix du tourteau semble avoir peu de potentiel haussier, bien que la demande reste élevée. 

La moisson de maïs est commencé, particulièrement au Texas et en Caroline du Nord. Dans l’ensemble, la récolte est complétée pour 5% des surfaces américaines, contre 9% en temps normale, alors que 35% a atteint le stade de pleine maturité. Les prévisions météo sont favorables pour la moisson, le léger retard n’a donc rien d’inquiétant. La condition de la culture de maïs demeure inchangé avec 68% en bonne ou excellente condition, soit 6% de moins que l’été dernier, coïncident avec le rendement plus faible publié vendredi dernier par l’USDA. Dans le soya, la condition de la culture s’est détériorée d’avantage à ce que le marché s’attendait : nous avons perdu 2% de soya en bonne ou excellent condition, pour un total de 61% contrairement à 72% l’été dernier. De plus, 35% des plants de fève perdent leurs feuilles indiquant la maturité, ce qui est légèrement plus rapide que la normale de 31%. Pour sa part, le récolte de blé de printemps s’achève dont la moisson est complétée à 97%.

Le weekend dernier, un gel au sol est survenu au Brésil ce qui aura certainement un impact négatif et irréversible sur la culture de blé. Cependant, on note que ce pays est un très petit joueur sur le marché mondial et que même si la moitié de sa production serait perdue, la répercussion serait très faible sur le prix américain alors que nous connaissons une abondance de blé mondialement. Le Brésil produit 0.8% du blé dans le monde, à peine 6 millions de tonnes contre la production mondiale de 727 M. Vendredi dernier, les inventaires mondiaux pour la fin de 2015/16 de blé ont été augmenté de 221.5M à 226.5M, soit 7% de plus qu’à la fin de 2014/15… L’abondance de blé continue de mettre de la pression sur le prix. Cependant, le prix du blé devient tellement faible qu’il commencera bientôt à concurrencer le maïs dans l’alimentation animale, si l’écart devient inférieur à 1$US/boisseau entre les 2 céréales, nous pourrions voir d’avantage de substitution.

Tableau 1 – Résultat du rapport NOPA

Graphique 2 – Marge de trituration ($US/boisseau) 

 

Bonne soirée,

GABRIEL JOUBERT-SÉGUIN, CAIA


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