Nouvelles RJO'Brien

Agro-lettre RJO: Prix et l'offre de porc

25 août 2015, RJO'Brien

Aujourd’hui le 25 août,

·    Le prix du contrat de porc d’octobre ferme à son plus haut niveau en 10 semaines

·    L’écart entre le prix du porc découpé et de la carcasse est à 21 ¢/lb, un record

·    Les abattoirs continuent d’opérer avec plus de 20 $US/tête de marge

·    Les abattages en Amérique du Nord devraient retourner vers les niveaux de 2013 prochainement

·    Entre mai et juillet, il s’est abattu 8.6% plus de truies que l’an dernier et 1.6% qu’en 2013

·    Les inventaires surgelés demeurent élevés, particulièrement pour le jambon

 

Rédigé par Gabriel Joubert-Séguin, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada

**R.J. O’Brien et Associés est le plus important courtier de commodité à la Bourse de Chicago avec plus d’un siècle d’expérience**

Pour une deuxième journée consécutive, le prix du porc s’est apprécié ce qu’il lui a permis de terminer la journée à son plus haut niveau en 10 semaines pour les livraisons d’octobre, soit 67.38 ¢us/lb. De plus, l’augmentation a été amplifiée suite à la baisse du dollar canadien qui a terminé à son plus faible taux depuis 11 ans à 0.75 $US par 1.00 $CA, consolidant un gain total de 14.60 $CA/100kg depuis la fermeture de vendredi dernier pour atteindre 183 $CA/100kg. Techniquement, le prix a percé la résistance sur le mois d’octobre (graphique 1) au cours de la journée, mais n’a  pas gardé assez de force pour qu’on puisse dire que la tendance est partie à la hausse. La journée de demain sera déterminante pour savoir si la hausse se poursuivra, dont la prochaine résistance n’est qu’à 74 ¢us/lb.

Particulièrement, le prix du porc découpé nous permet d’espérer que la tendance haussière se poursuivra. Publié à 89.19 ¢us/lb pour les abattages d’aujourd’hui (+1.14), nous sommes à un écart historique par rapport le prix d’octobre. Depuis que les données soient compilées, le prix de la carcasse découpé n’avait jamais atteint 21 ¢/lb de plus que le contrat d’octobre (graphique 2). Depuis un mois, le prix du jambon vient donner un appui à la valeur du prix découpé (+18%) alors que cette dernière dépendait largement de la fluctuation du prix du bacon. Cela est très positif puisque le jambon compte pour environ 25% du poids de la carcasse contre seulement 15% pour le flanc. De la sorte, les abattoirs continuent d’opérer avec des marges de opérationnelle astronomiques (graphique 3) ce qui permet de maintenir le prix cash dans la même zone que cet été tandis qu’il aurait déjà dû commencer à diminuer si on regarde la saisonnalité des dernières années (graphique 4). L’indice du prix cash sera publié à 78.79 (-0.10) demain, on voit qu’il se maintient plutôt bien grâce à la forte demande démontrer par la valeur de la carcasse.

Est-ce que le prix cash se maintiendra ? Cette année ressemble étrangement à 2010 alors que le prix cash n’avait pas monté au début de l’été… mais n’avait également pas diminuer en septembre. Cela reste à voir, nous aurons d’avantage d’information lorsque l’USDA mettra à jour les chiffres sur le cheptel porcin américain le 25 septembre. Selon les dernières données, en date du 1er juin aux États-Unis et du 1er juillet au Canada, les abattages devraient se situer entre 1 et 2% de plus qu’en 2013 durant l’automne (tableau 5). C’est ce que nous avons depuis 2 semaines, des abattages à peine 1% supérieur à ceux de 2013 (graphique 6), mais il faut dire qu’ils étaient déjà bien au-dessus de la moyenne quinquennale à cette époque. Par contre, les abattages en 2013 avaient rejoint la normale pendant l’automne, ce qui nous donnera des abattages en ligne avec les dernières années (à l’exception de 2014) durant les prochaines semaines.

Que sera la production en 2016 ? Toujours selon les dernières données de l’USDA, les mises-bas sont prévues pour être entre 4 et 5% inférieur à 2014 cet automne. Ceci semble se confirmer avec les abattages de truies de réforme. Alors que le cheptel reproducteur américain n’était que 1.2% et 0.7% supérieur aux années 2014 et 2013 au 1er juin, les abattages de truies suivent une cadence bien plus élevée! Entre mai et juillet, il s’est abattu 8.6% plus de truies que l’an dernier et 1.5% de plus qu’il y a 2 ans, ce qui mettra un frein à l’expansion du cheptel et par conséquent, de la production pour 2016. La baisse des mises-bas est donc cohérente avec ce que nous voyons sur les marchés des truies de réforme.

Finalement, vendredi dernier, l’USDA publiait le rapport sur des inventaires surgelés lequel démontrait aucun changement dans les réserves de porc versus le mois précédent. À la fin juillet, il y avait 635 millions de livres de porc dans les congélateurs industriels aux États-Unis, inchangé en 1 mois, mais 29% de plus qu’à pareille date en 2014 (graphique 7). Cette addition de 100M livres est principalement expliquée par les inventaires de jambon qui sont près de 60M livres plus élevés qu’à la normale (graphique 8), il n’est donc pas surprenant que le prix du jambon est relativement faible comparativement aux années précédentes. Pour sa part, les inventaires surgelés de bœuf ont atteint leur plus bas niveau en 2015, à 455M lbs, mais demeurent 24% de plus que l’an dernier (graphique 9). Dans l’ensemble, les réserves de viande rouge totalisent 1.13 milliard de livres, soient 20% de plus que la moyenne 5 ans et qu’en 2014.

Graphique 1 – Prix du contrat à terme du porc d’octobre (¢/lb)

Graphique 2 – Écart entre la valeur du porc découpé et le contrat à terme d’octobre (¢/lb) depuis 10 ans

Graphique 3 – Marge opérationnelle des abattoirs ($US/porc)

Graphique 4 – Saisonnalité du prix cash du porc de 2010 à 2015 (¢US/lb)

Tableau 5 – Cheptel porcin aux É.-U. et au Canada

Source: USDA – United States and Canadian Hogs

Graphique 6 – Abattages de porc aux États-Unis

Source: USDA – Estimated Weekly Meat Production Under Federal Inspection

Graphique 7 – Inventaires surgelés de porc aux États-Unis

Source: USDA – Cold Storage

Graphique 8 – Inventaires surgelés de jambon aux États-Unis

Source: USDA – Cold Storage

Graphique 9 – Inventaires surgelés de boeuf aux États-Unis

Source: USDA – Cold Storage

 

Bonne soirée,

GABRIEL JOUBERT-SÉGUIN, CAIA


Partager cet article