Bon matin,
· Énorme production de porc la semaine dernière à +10.3% de 2014 et +13.5% de 2015, bien au-delà des prévisions de l’USDA
· Malgré 2 grosses semaines de production, le prix cash s’est bien maintenu contrairement aux contrats à terme
· En Chine, le cheptel porcin reproducteur a diminué de 687 000 truies en avril
Rédigé par Gabriel Joubert-Séguin, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada
**R.J. O’Brien et Associés est le plus important courtier de commodité à la Bourse de Chicago avec plus d’un siècle d’expérience**

En cette période de l’année, les abattoirs américains n’ont probablement jamais vu autant de porc rentrer que ces 2 dernières semaines. La semaine dernière, laquelle était similaire à la précédente, les abattages hebdomadaires de porc surpassaient le 2.1M de têtes ce qui est 11% de plus qu’en 2014 et 9% de plus qu’en 2013. Avec un poids relativement stable à 213 lbs par carcasse pour l’ensemble des porcs abattus, la production demeure dans la même zone qu’en mai, soit au-dessus de 450M livres (graphique 1) ce qui est 13.5% de plus qu’en 2013. Dans son rapport d’offre et demande, l’USDA prévoyait une production pour le 3ème trimestre à +5% de 2013… nous sommes bien au-dessus de ce niveau. Bien que les prévisions de l’USDA contiennent une marge d’erreur (ce qui est normal), il serait surprenant que la production continue à rouler à 13% de plus qu’en 2013 contrairement à ce que le département de l’agriculture américain prévoit. Malgré cette énorme production, le prix cash s’est relativement bien maintenu, légèrement sous la barre du 82 ¢/lb, mais est désormais dans une tendance baissière. Le prix des contrats à terme à Chicago a particulièrement bien baissé durant ces 2 semaines de forte production, mais qu’arrivera-t-il si la production retourne en ligne avec les prévisions de l’USDA ? L’écart substantiel qu’ont les contrats à terme est influencé par l’écart de production des 2 dernières semaines, mais cela pourrait s’avérer temporaire. Par ailleurs, la production de bœuf demeure faible, à -8.5% du volume de l’an dernier avec 446.6M livres.
En Chine, certains analystes de l’industrie stipulaient que la liquidation du cheptel reproducteur allait ralentir lorsqu’il resterait 40M le truies et cochettes. Et bien, ce n’est pas le cas ! En avril, le cheptel reproducteur a diminué de 687 000 truies pour briser la barre du 40M de truies, totalisant une chute de 21% par rapport décembre 2013 (graphique 2). Autrement dit, le cheptel reproducteur mondial a baissé d’environ 10% pendant cette période, du jamais vu. Par contre, la contraction du cheptel reproducteur chinois est survenue dans les établissements les moins productifs. En Chine, il y a une bonne proportion de la production agricole qui se fait encore à petite échelle dans les petits villages. On parle que ce serait principalement ce secteur qui liquiderait la production alors que la diminution du cheptel au niveau industriel serait moins prononcée. En conséquence, la baisse de 21% du cheptel reproducteur n’aura pas comme effet une baisse de la production de la même envergure, bien qu’elle sera notable.
Aujourd’hui, nous surveillerons le rapport NOPA sur la trituration de soya au mois de mai ainsi que la condition des cultures à 16h00.
Graphique 1 – Production de porc aux États-Unis

Source : USDA // Compilation : Gabriel Joubert-Séguin
Graphique 2 – Cheptel de truies en Chine

Source : Département de l’Agriculture en Chine // Compilées par Gabriel Joubert-Séguin
Bonne semaine,
GABRIEL JOUBERT-SÉGUIN, CAIA
