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Agro-Lettre RJO: Capacité d'abattage

21 mai 2015, RJO'Brien

Aujourd’hui le 21 mai,

·  La capacité d’abattage n’augmentera pas d’ici 2017 ce qui pourrait être problématique vers la fin 2016

·  Prochainement, 2 nouveaux abattoirs seront en construction aux États-Unis, ajoutant 20 500 porcs/jour à la capacité.

·  L’abattoir de Clements Food Group, au Michigan, ajoutera 8,000 têtes/jour de capacité et pourrait faire concurrence au Québec

 

Rédigé par Gabriel Joubert-Séguin, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada

**R.J. O’Brien et Associés est le plus important courtier de commodité à la Bourse de Chicago avec plus d’un siècle d’expérience**

Depuis quelques mois, on parle que le flux de porc envoyé aux abattoirs à l’automne prochain pour être assez proche de la capacité d’abattage américaine. Premièrement, à quoi correspond la capacité d’abattage ? C’est la limite de porcs qui peut être découpés par jour et cette limite peut différer d’une usine à une autre : la vitesse maximale que la carcasse peut être transportée dans l’usine, la vitesse de découpage ou bien la capacité de réfrigération disponible. C’est donc le nombre maximal de carcasse qui peut être découpée, considérant des marges opérationnelles adéquates, et une cédule d’opération de 5.4 jours/semaine. Il y aurait donc de la place pour des quarts de travail supplémentaires, mais selon Steve Meyer, 5.4 jours/semaine reflète bien la situation actuelle. À la dernière évaluation, au printemps 2014, la capacité d’abattage était de 2.438 millions de porcs par semaine, ce qui n’est pas un maximum absolu, mais constitue une ligne d’alerte (voir graphique 1).

La capacité d’abattage ne devrait pas tellement augmenter d’ici 2017. Il y a 2 importants abattoirs qui seront en construction prochainement, dont l’un d’eux a été annoncé la semaine dernière.  Seaboard Foods et Triumph Foods ont annoncé la construction d’une nouvelle usine en Iowa (Sioux City) qui aurait une capacité annuelle de 3 millions de porc, soit 12 500 têtes par quart de travail. Tel que rapporté par Meyer, cela est énorme et il n’existe pas d’abattoir pouvant découper autant de porc à l’exception de Smithfield à Tarheel, qui fonctionne avec 2 chaînes d’opération et est le seul à fonctionner ainsi. Le deuxième abattoir, dont la construction avait été annoncé cet hiver par Clemens Food Group, ajoutera une capacité de 8,000 têtes par jour à Coldwater au Michigan, à 6h de route de Toronto. Cet nouvel abattoir viendra compenser la fermeture en 1998 de l’usine de Thorn Apple Valley qui avait en partie causé la chute du prix cash (graphique 2) en limitant la capacité d’abattage américain à l’automne de la même année. Cette deuxième usine fera de la compétition aux abattoirs québécois puisqu’il sera une alternative intéressante pour les ontariens dépendamment de ce qui arrivera avec les tarifs reliés au programme d’étiquetage d’origine (COOL). Rappelons-nous que l’Ontario s’est retourné vers le Québec depuis la fermeture de l’abattoir Quality Meats à Toronto, l’an dernier.

Bien qu’on ne fasse que se rapprocher de la capacité d’abattage à l’automne prochain, qu’arrivera-t-il en 2016 si la production suit sa croissance moyenne de 1.8%, entre 2007 et 2012. C’est plutôt pour le dernier trimestre de 2016 qu’on pourrait éprouver de sérieux problème de capacité d’abattage en Amérique du Nord. Cela rester à surveiller, notamment les mises-bas de mars à mai 2016. Pour plus d’information sur le commentaire d’aujourd’hui, voir le Daily Livestock report. 

Graphique 1 – Production hebdomadaire de porc vs la capacité d’abattage

Source : Steve Meyer & Len Steiner – Daily Livesotck Report, vol.13, No.99 

Graphique 2 –Chute du prix cash du porc en décembre 1998

Bonne soirée

Gabriel Joubert-Séguin


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