Aujourd’hui le 29 avril,
· Le $CA touche un nouveau sommet en 3 mois suite à une mauvaise croissance de l’économie américaine
· Production d’éthanol à la baisse à 921,000 barils/jours, sous le niveau requis pour atteindre la cible de l’USDA
· En Chine, le cheptel reproducteur de porc a chuté de 20% depuis décembre 2013
· La Chine augmente ses importations de porc, mais c’est l’Allemagne qui en bénéficie
Rédigé par Gabriel Joubert-Séguin, Stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés Canada
***R.J. O’Brien est le seul membre fondateur de la Bourse de Chicago encore en opération, spécialisé en agriculture depuis 1914***

Ce matin, les États-Unis publiait leur croissance économique pour le 1er trimestre de 2015 qui était bien en dessous des estimés avec 0.2% de croissance. Cette faible progression économique est principalement expliquée par la température glaciale de l’hiver dernier. Suite à la nouvelle, le dollar canadien a touché un nouveau sommet en 3 mois à 0.837 $US par $CA, mais n’a pu percer la résistance en place depuis juillet 2014 (graphique 1). Il reste à voir ce qu’a été la croissance du Canada qui sera publiée demain matin. Face à cette situation, il est sage d’encaisser les profits sur les protections prises lorsqu’on était entre 0.78 et 0.80 pour se repositionner au niveau actuel.
Du côté de l’énergie, la production d’éthanol est décevante à 921 000 barils par jour, sous le niveau requis pour atteindre la cible de 5.2 milliards de boisseaux (graphique 2). Si la situation perdure, il ne serait pas surprenant de voir l’USDA apporter une correction négative à ses estimés de demande de maïs-grain. C’est la 4ème semaine consécutive que la production d’éthanol est plus faible que le niveau requis (graphique 3). Au moins, les inventaires ont diminué de 545 000 barils pour terminer la semaine à 20.8M. Pendant ce temps, les inventaires de pétrole continue leur ascension pour chiffrer 491M de barils ce qui est énorme considérant que nous avions jamais dépassé 400M de barils avant cette année. Selon la saisonnalité des inventaires de pétrole, il serait probable qu’on atteigne le sommet durant le mois de mai, avant que la forte demande estivale pour la gazoline commence.
Du côté de la Chine, il y a eu des changements au niveau des subventions agricoles. Les producteurs de soya recevront moins d’argent et certains spécialistes chiffrent la baisse de la production chinoise de fève jusqu’à 20%, expliquant pour le prix de la fève reste stable ces derniers jours comparativement au reste des céréales qui sont plutôt faible. Dans le porc, la destruction du cheptel reproduction continue avec une diminution de 800 000 truies en février et 700 000 en mars pour un cheptel total de 40.4M de têtes (graphique 4). Il y a un peu plus d’un an, à la fin 2013, le cheptel reproducteur en Chine était de 50M de truies, nous parlons donc d’une baisse de 20% !! C’est alarmant lorsqu’on considère que la Chine produit la moitié du porc à l’échelle mondiale. Cette liquidation de 10M de truies en 16 mois, représente plus que 1.66 fois le cheptel de porc américain (6M têtes) . Pour la même période, on parle d’une baisse du cheptel commercial d’environ 16% à 387M têtes en mars 2015 comparativement à 465M à la fin 2013.
Évidemment, cette baisse de production devrait se refléter tôt ou tard par des achats massifs des chinois sur les marchés internationaux. En raison de la liquidation des truies, le marché du porc en Chine connaissait une offre de viande raisonnable ce qui a entrainé le prix à baisser pendant plusieurs mois. Cependant, on connait actuellement un rebond du prix depuis quelques semaines, à 1.12 $US/lb carcasse. Il n’est donc pas surprenant que la Chine a déjà commencé à acheter du porc alors qu’il était à 0.60$/lb cette hiver aux États-Unis et en Europe. Malheureusement, c’est l’Allemagne qui a séduit le plus gros consommateur de porc au monde, affectant très peu le prix américain. Pendant le premier trimestre de 2015, la Chine a acheté 6% plus de porc qu’en 2014, mais c’est l’Allemagne qui a vu son volume explosé ainsi que l’Espagne. Maintenant, l’Allemagne est un plus gros fournisseur de porc à la Chine et les États-Unis ont vu leur volume exporté diminuer par rapport 2014. Il faut dire que le problème portuaire sur la côte ouest américain n’a pas aidé à la situation en plus de la dépréciation de l’Euro face au dollar US.
Graphique 1 – Taux CAD/USD depuis 1 an

Source : Bloomberg
Tableau 2 – Production hebdomadaire d’éthanol

Source : Département de recherche de R.J. O’Brien
Graphique 3 – Production hebdomadaire d’éthanol
(La ligne rouge est le niveau requis pour atteindre la cible de l’USDA)

Source : Département de recherche de R.J. O’Brien
Graphique 4 – Nombre de truies en Chine

Source : Département de l’Agriculture en Chine // Compilées par Gabriel Joubert-Séguin
Bonne soirée!
GABRIEL JOUBERT-SÉGUIN, CAIA
