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Recap Marchés : lundi de Pâques 6 avril 2026

06 avril 2026, RJO'Brien

Bonjour, aujourd’hui le lundi de Pâques 6 avril 2026

  • Lundi de Pâques : plusieurs marchés roulent au ralenti ou sont fermés, donc attention aux mouvements amplifiés
  • Nouveau ultimatum du Président Trump, encore un autre sablier politique (à vitesse variable…)
  • Le pétrole reste au-dessus de 110 $, maintenant une pression énorme sur l’économie mondiale
  • Wall Street demeure étonnamment résiliente malgré tout

On commence la semaine dans un contexte particulier avec le lundi de Pâques, ce qui affecte plusieurs places financières, surtout en Europe, avec plusieurs marchés fermés ou peu actifs. Cela veut dire moins de liquidité, plus de sensibilité aux manchettes, et parfois des mouvements un peu exagérés. 

Le thème ce matin reste la pression politique croissante autour de Donald Trump et de ses ultimatums successifs. On est passé de 48 heures, puis 10 jours, puis encore 48 heures, et maintenant (je pense?) on est rendu 82 heures avec des annonces mardi demain, ce qui commence à ressembler à une gestion du temps politique autant qu’à une stratégie diplomatique. Le marché comprend de mieux en mieux cette mécanique : chaque nouveau délai devient un outil pour tenter de contrôler le narratif tout en gardant la pression. Un peu comme les fameux droits de douanes depuis déjà un an maintenant. Fin renard celui qui est capable de se rappeler quel droit de douane est actif, ou pas, pour telle ou telle économie ou pour quelle industrie en particulier, ou telle entreprise? Bonne chance! 

À force de voir les ultimatums se succéder, j’ai presque l’impression que les marchés avancent comme un dromadaire dans le désert (restons dans le concept du Moyen-Orient, tsé), apercevant au loin le mirage d’une oasis qui semble enfin annoncer la fin du voyage… mais qui n’arrive jamais. Chaque nouveau 48 heures, chaque nouveau 10 jours, chaque nouveau sablier donne l’impression qu’on approche enfin d’une vraie résolution, puis l’horizon recule encore. Économiquement et financièrement, cela crée un environnement épuisant : le pétrole reste élevé, les coûts de financement demeurent lourds, les entreprises retardent certaines décisions, et les investisseurs continuent de marcher vers une désescalade qui ressemble parfois davantage à un mirage qu’à une véritable oasis.

Sinon vendredi dernier, le rapport sur l’emploi américain avait rappelé que l’économie restait plus solide que prévu, avec +178 000 emplois créés et un chômage stable à 4,3 %. Cette toile de fond économique plus robuste aide probablement à expliquer pourquoi la bourse encaisse encore relativement bien le bruit géopolitique. D’ailleurs, Wall Street reste étonnamment solide ce matin. Le S&P 500 tient autour de 6625, pratiquement stable, après avoir absorbé plusieurs manchettes contradictoires depuis vendredi. C’est révélateur d’un marché qui ne veut pas vendre agressivement tant qu’il n’y a pas de nouvelle escalade concrète. Autrement dit, malgré la nervosité politique, les investisseurs gardent encore un biais d’attente plutôt qu’un mode panique.

Le pétrole, lui, raconte une histoire différente. Le brut reste très ferme autour de 110–111 $, après avoir encore testé la zone des 114 $ récemment. Même si on voit une légère stabilisation à très court terme, le message demeure le même : la prime de risque énergétique reste énorme. À ce niveau, le coût du gallon d’essence, du diesel, du transport et de la logistique continue d’alimenter une pression inflationniste qui devient politiquement très sensible aux États-Unis.

RISQUE (faible), mais qui selon moi comment à prendre un peu plus d’ampleur, à chaque jour ou le conflit s’étire…. Et c’est là que le lien avec la politique devient fascinant. On parle souvent du fait que le Président Trump ne voudrait pas perdre les élections de mi-mandat, avec le risque que les démocrates reprennent davantage de contrôle. Mais il faut peut-être envisager une autre possibilité : et s’il avait déjà intégré la possibilité de perdre? Dans ce scénario, la logique change complètement. On pourrait se retrouver devant une attitude beaucoup plus hostile avec « rien à perdre », où les coups d’éclat, les ultimatums et les déclarations spectaculaires servent moins une stratégie électorale classique qu’une logique de contrôle du récit et d’héritage politique. Et plus on arrive à la fin de son mandat, comment réagira un personnage habitué à être le centre absolu de l’attention lorsque, dans les deux prochaines années, le projecteur commence graduellement à se déplacer vers le prochain candidat républicain? 

Au fond, ce n’est plus seulement un marché qui lit le pétrole, les taux d’intérêt ou les statistiques emplois et d’inflation et de PIB et de résultat financier trimestriels…. C’est un marché qui tente aussi de lire la psychologie politique du pouvoir. 

Bonne journée,

Simon Briere | Stratège Principal

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