Aujourd’hui le 23 février 2026
“Un peu d’toute”
C’est ma réponse habituelle à grand’man qu’elle elle me demande ce que je prends pour le brunch du dimanche. Toasts, creton maison, crêpes, sirop, fruits, bacon, saucisses, deux ou trois oufs miroir ou sunné-side-up comme on dit par che-nous, tites patate rissolé aweye-donc. De toute façon c’est ça qu’elle veut, grand’man, qu’on mange tout, avec appétit pis qu’on en redemande une deuxième assiette. C’est son langage de l’amour, (trop) cuisiner pour sa famille. Après elle nous fait des doggé-bag.
Tout ça pour dire qu’aujourd’hui je parle d’un peu d’toute.
La saga des tarifs et les indices boursiers
Finalement la Cour Suprême a statué que le Président ne peut pas imposer des tarifs globalement sans l’autorisation du Congrès. Par contre, la décision n’a pas vraiment d’impact économique immédiat, les tarifs existants ne disparaissent pas instantanément et les perspectives d’inflation, de croissance ou de taux d’intérêt restent inchangé pour la plupart. Les marchés bougent, mais pas tant que ça non plus. Et pendant le weekend, le Président n’en démord pas et veut aller de l’avant avec des droits de douanes mondiaux, à 15% cette fois ci. Finalement, personne ne sait vraiment ce qu’il va arriver, donc on reste dans l’ambiguïté. Les indices boursiers jouent au yo-yo, sans très grande amplitude; on flirt avec les niveaux records, mais on ne progresse plus autant. Depuis le mois d’octobre on fait du surplace à Wall Street. Les craintes liées aux dépenses (endettement) de l’intelligence artificielle fait régulièrement surface. Personne ne débat que la technologie est révolutionnaire, mais sera-t-elle rentable à court terme? Et est-ce qu’elle entrainera des pertes massives d’emplois parce que tout ce beau monde s’est fait remplacer par un robot tout droit venu de la future? Qui sait.
Pour le moment l’économie va généralement bien; l’emploi montre quelques signes de ralentissement, mais ce n’est pas l’apocalypse. L’inflation alimentaire est trop forte, mais c’est trop tôt pour être certain qu’elle sera collante sur 6-12 mois. Cette semaine je regarde du coté des grandes banques canadiennes qui publieront leurs résultats trimestriels, c’est une belle vitrine pour observer l’économie canadienne dans son ensemble. Est-ce qu’il y a croissance des prêts qui voudrait laisser entendre que les entreprises veulent investir dans l’économie. Est-ce que les renouvellements hypothécaires pèsent (trop) sur les ménages? Ce genre de truc que je surveille.
Depuis un an, la bourse canadienne – le TSX – va très bien et est en hausse de 34% malgré toutes les menaces tarifaires. L’économie canadienne est fortement influencée par les matières premières, et les banques, et le contexte de baisse du taux directeur en 2024-2025 a su profiter aux indices boursiers canadiens. Pensez à l’or qui a atteint des niveaux record.
On verra aussi vendredi le PIB Canadien, voir s’il y a un ralentissement… ou pas.
Grains : perspectives agricoles 2026
L’USDA a présenté son portait 2026 la semaine dernière : USDA's 102nd annual Agricultural Outlook Forum. Ce qu’on retient c’est que les acrages totaux de 2026 ne sont pas fortement à la baisse, que les fermiers même si les prix sont plus faibles cette année ne sont pas en mode panique en se repliant (ou en refusant de semer). La répartition entre maïs et soja revient plutôt normale, et se rapproche plus du moitié-moitié. N’empêche, 94 millions d’acres de mais n’est pas spécialement bullish, mais si c’est moins que 98.8 l’an dernier. Les résultats financiers de John Deere publié la semaine dernière montre un recul des ventes de tracteur d’environ 20-25%. L’économie explique ce comportement. Une nouvelle batteuse coûte aujourd’hui entre 600,000 $ et plus de 1 million de dollars. Un gros tracteur 8R/9R peut facilement coûter entre 500,000 $ et 800,000 $ entièrement équipé. Avec un financement d’environ 7 % sur sept ans, un tracteur à ce prix-là implique des paiements annuels largement au-dessus de 100,000 $. Bref, c’est comme de dire que les 100 premier acres de blé d’inde vont directement dans le paiement de machinerie… et ce… avant même de considérer les semences, les engrais, le loyer des terres, le carburant, la main-d’œuvre ou les autres frais d’exploitation.
Bref, le cout de production est cher, la machinerie est chère et c’est un peu normal que le retour sur investissement d’une batteuse à un million soit plus difficile quand le maïs est moins cher, et que les taux d’intérêt du financement sont élevés.



SIMON BRIERE
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