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Agro-Lettre RJO - Inflation alimentaire et stratégie d'abordabilité

03 février 2026, RJO'Brien

Aujourd’huile 3 février 2026

Inflation alimentaire et stratégie d'abordabilité

J’ai fait le plein d’essence hier dans ce genre de station-service avec chaine de restauration rapide, et j’ai triché, en cachette avec un hamburger juste avant le souper que ma blonde a fait. C’est un secret, entre vous et moi, sushhhh! C’est un petit plaisir coupable de manger du fast food et de faire disparaitre les preuve, même si je me fais parfois prendre par la napkin brune dans le porte gobelet. Oops! Et cela m’a fait réaliser que les entreprises sont de plus en plus consciente du cout de la vie et adaptent donc leur stratégie de vente pour rester d’actualité et pour défendre aussi leur part de marché.

Ce qui est l’fun de Wall Street c’est que cela permet d’aller voir les résultats financiers des entreprises de tel ou tel secteur pour mettre en évidence des concepts macroéconomique plus large. Évidemment ce qui m’intéresse ce n’est pas la performance de la participation, je ne veux pas remplacer votre gestionnaire de portefeuille, mais c’est une excellente vitrine pour passer au microscope certains éléments du secteur. M’enfin, mise en garde faite. 

Par exemple, je vais m’inspirer des résultats de PepsiCo qui sont sorti cette semaine pour voir s’il y a des tendances économiques qui en découlent. Sans être une science exacte, ce type d’entreprise devient une sorte de baromètre du consommateur nord-américain et du coût de la vie.

Le message principal est clair : après plusieurs années d’inflation alimentaire, le consommateur atteint aujourd’hui une limite en matière de pouvoir d’achat. Pour mettre en contexte, les prix des aliments ont augmenté d’environ +40% cumulés depuis 2015 en Amérique du Nord, et même si l’inflation annuelle ralentit, le niveau de prix reste extrêmement élevé. (graphique1). Ce n’est donc pas le fruit du hasard qu’un nombre élevé de familles sont en situation d’insécurité alimentaire au Québec. Les ménages arbitrent donc davantage leurs achats et deviennent beaucoup plus sensibles aux prix. Le consommateur est encore là, mais son comportement est très différent, et on le voit donc à partir des résultats des entreprises; quelle ligne de produit marche bien, ou moins bien, quel type de format a une augmentation des ventes, est-ce que les marges de profit sont bonnes, ou moins bonnes, et est-ce que le consommateurs est toujours au rendez-vous de la même façon.

Par exemple, on observe que les géants comme Pepsi ou CocaCola subissent justement un ralentissement des volumes dans les snacks et les boissons en Amérique du Nord, signe que le cycle post-pandémie de hausses de prix touche un plafond. Le consommateur a atteint le bout de son portefeuille. D’ailleurs PepsiCo annonce des baisses de prix pouvant aller jusqu’à 15% sur plusieurs marques phares (Lay’s, Doritos, Ruffles, Cheetos). Plus d’info à lire ici (https://nypost.com/2026/02/03/business/pepsico-to-slash-prices-up-to-15-on-doritos-cheetos-and-lays-chips/)  Tant mieux pour le consommateur, tant mieux pour mon party de SuperBowl… mais concrètement, dans l’économie c’est un signal que refiler des hausse de prix au consommateur est un mouvement qui s’essouffle, et que l’industrie doit désormais se repositionner vers davantage d’accessibilité pour maintenir la demande. 

L’idée c’est que consommateur ne va pas arrêter de manger des chips, mais peut-être que son budget le force à changer de format, ou de marque, ou d’attendre les spéciaux des circulaires. Bref, il faut adapter l’offre pour répondre aux demandes du marché. C’est ce qu’on fait chez moi, dans notre famille ; on achète des plus gros format (style familial) et on met cela dans la réserve, la « pantry »  comme dirait grand-mère.

D’ailleurs, cette tendance dépasse largement Pepsi. On observe le même mouvement dans la restauration rapide, où des chaînes comme McDonald’s ou A&W remettent fortement de l’avant des offres “valeur” : retour de combos à prix fixes très visibles souvent autour de 5–7$, format familiaux visant à maximiser le prix unitaire, multiplication des promotions via applications ou carte fidélité. À lire ici : https://www.mcdonalds.com/ca/fr-ca/newsroom/article/McDonald-s-Canada-Announces-One-Year-Price-Promise-on--5-McValue--Meals-and--1-small-McCaf---Coffee-.html

En fait, les entreprises ne font pas que baisser les prix : elles ajustent les formats, les forfait et la structure de l’offre afin de rester dans un seuil psychologique acceptable pour le consommateur. Le cout de la vie force les entreprises à devenir de plus en plus ingénieux pour répondre à la demande du consommateur afin de défendre leur part de marché. 

Bref, la thématique de 2026 sera donc à mon avis…. l’aborbabilité.

Le temps ou les ménages dépensaient sans compter est for possiblement sur pause, au moins pour quelques années le temps (espérons!) de retrouver un peu de pouvoir d’achat.

SIMON BRIERE

Stratège principal chez R.J. O'Brien & Associés Canada Inc (une compagnie de StoneX).
Tel: (514) 218-6888
Courriel : sbriere@rjobrien.com   
 

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