
Bonjour à tous,
Le prix du porc a encore grimpé hier et essaie encore, sur les mois rapprochés, de traverser les sommets des derniers mois. Les échéances d’été (juin / juillet et août) ont tous atteint de nouveaux sommets et dépassent le seuil psychologique de 1,00 USD / livre. Pourquoi? Tous simplement parce que c’est une question de mathématiques de couts de production. Le prix des moulées est rend tellement cher qu’il faut que le produit fini (le porc) suive la parade sinon la production future pourrait certainement en souffrir. C’est la logique qui prévaut dans le marché ces temps-ci. Il n’y a pas que ça, mais c’est un début de raisonnement.
Il faut noter la grande présence des spéculateurs dans le marchés ces temps-ci. L’inflation alimentaire, terme récurrent ces temps-ci dans les journaux, attire bon nombre de personnes qui veulent acheter des denrées alimentaires pour se protéger contre cette inflation. Le sentiment positif partagé par ces spéculateurs et leur positionnement provoquent ce qu’on voit ces temps-ci : une hausse des prix. Bien que ces gens possèdent une bonne quantité de contrats à terme acheteurs (67 000 contrats), ils en ont déjà détenus bien davantage (record 97 000 contrats).

Pourtant les fondamentaux dans le porc sont plutôt mitigés ces temps-ci. Le prix au comptant tel que calculé hier se situait à 73.55 en baisse de 0.66 par rapport à la veille.

Le prix de la découpe n’est pas plus excitante en légère hausse hier, mais on sent la stagnation depuis près de 3 semaines maintenant.

Évidemment le marché d’exportation a tourné un peu au ralenti en raison de la fin d’année. Dans le rapport hebdomadaire, le USDA a rapporté des ventes à l’exportation qui se chiffraient à 19 400 tonnes métriques. Si nous avions été une semaine normale, le chiffre aurait été décevant, mais puisque nous étions pendant le temps des Fêtes, ce nombre est très satisfaisant quand on le compare aux autres denrées agricoles (mais, blé, soya, etc.) Le USDA continue de croire à une hausse des exportations de viandes de porc en 2022. L’organisme projette une hausse de 3% versus 2021. Compte tenu du contexte de réduction du nombre de porcs abattus aux États-Unis, le contexte demeure favorable pour le maintien des prix pour les prochains mois.
Pour ceux qui veulent lire une petite brique d’information sur l’agriculture européenne, il y a une étude qui vient de sortir sur l’évolution de la production en Europe (2001 – 2020) (en anglais pour l’instant – j’imagine que la traduction ne saurait tarder). On peut retrouver ce tableau sur la décroissance de tous les cheptels animaliers en Europe depuis 20 ans. Moins de porcs, moins de bœufs et vaches, moins de moutons et moins de chèvres. C’est une trajectoire que l’Amérique du Nord pourrait suivre au cours des prochaines années avec la montée des groupes véganes, le bien-être animal, le vieillissement des producteurs (l’âge moyen est élevé), notre sensibilité aux mouvements environnementaux, etc. Tous ces facteurs contribuent à une diminution de la production.

