La fête du Canada est mon congé préféré de l'année. Il y a quelque chose à propos de ce pays que vous appréciez vraiment, surtout quand vous avez voyagé loin à l'étranger. Lorsque vous êtes de retour de voyage et que vous voyez le drapeau canadien, vous le regardez un peu différemment. Cependant, je dois l’admettre, la fête du Canada est aussi toujours un moment marquant pour moi puisque, d'habitude, mon travail du printemps est terminé ou presque, et que je peux regarder devant moi. Ça n’a jamais été une mauvaise chose non plus que le 4 juillet est habituellement le test décisif pour la direction du marché des grains.
Cette direction a été dernièrement à la hausse alors que de fortes pluies à travers le Corn Belt américain ont essentiellement amplifié l’effet des résultats des rapports du USDA de la semaine dernière. Dans l'extrême sud-ouest de l'Ontario, nous avons eu un avant-goût de ce temps humide. Le jour de la fête du Canada, je me dirigeais vers Fort Malden à Amherstburg, en Ontario, le long de la rivière Detroit. Fort Malden était un important fort britannique pendant la guerre de 1812, qui a aidé à défendre notre pays contre l’invasion américaine. C’est au sud de Windsor, en Ontario, et vous avez alors à voyager à travers le magnifique comté d’Essex pour y arriver.
Je vis à côté de comté d'Essex, qui est la municipalité la plus au sud du Canada. Ce comté a la plus longue saison de croissance du Canada. Malheureusement, ce printemps, il y a eu des précipitations record dans la majeure partie de cette région comparables à ce qu'ils ont eu aux États-Unis. En allant à Fort Malden le jour de la fête du Canada, je suis passé par le secteur agricole d’Essex où des milliers d'hectares n’ont pas été plantés pour la première fois. L'organisme provincial Agricorp a prolongé la date limite de l'assurance-récolte au 7 juillet dans l'espoir que les agriculteurs du comté d'Essex pourraient trouver encore le temps de semer. Malheureusement, le jour de la fête du Canada, le sol était encore très humide. Espérons que les producteurs d’Essex auront l’opportunité de terminer leurs travaux aux champs.
Aussi difficile que cela a été de ne voir aucune culture dans le sol dans le comté d'Essex, ça été pour moi aussi un rappel des importantes superficies dans le Corn Belt qui ont été affectées par un excès d’eau ce printemps. Nous savons tous que les marchés ont réagi de manière très positive à l'incertitude des quantités de maïs et de soya qui seront cultivées cette année. Le rapport du USDA du 30 juin, généralement l'un des plus importants de l'année, a d’ailleurs été confondu par tout ce remue-ménage. Appelez-le battage médiatique, appelez ça comme vous voulez, les cultures noyées par les averses excessives étaient la nouvelle de la journée.
Dans le rapport du 30 juin du USDA, la superficie cultivée en maïs a été fixée à 88,9 millions d'acres, ce qui est la plus faible superficie observée depuis 2010. Le USDA a établi les stocks de maïs trimestriels au 1er juin à 4,45 milliards de boisseaux, et ceux de soya à 625 millions de boisseaux. La superficie de soya a été fixée à 85,1 millions d'acres, ce qui représente une superficie record. Les plus faibles stocks de maïs et de soja ont été considérés haussiers pour les marchés, et avec la nouvelle récolte apparemment sous l’eau à travers le Corn Belt américain, tout ceci aura entrainé un effet explosif lors de la journée de ces rapports.
Le prix du maïs a terminé en hausse de son maximum quotidien autorisé à +0,30 $US/boisseau, tandis que le soya a augmenté de +0,53$ et le blé de +0,34$ le jour, certainement l’une des journées les plus actives depuis plusieurs années à la bourse. Essentiellement, le rapport du USDA a montré des stocks un peu moins importants que prévu et avec la demande toujours sur l’effet de stéroïdes, combinés avec un temps extrêmement humide dans la Corn Belt américain, les prix n’ont eu qu’une direction à suivre.
Bien sûr, la question est de savoir ce que signifie vraiment une telle hausse dans cet environnement de marché. Le USDA a fixé des objectifs de rendement de 166,8 boisseaux à l'acre pour le maïs et de 46 boisseaux à l'acre pour le soya. Est-ce dire que ce chiffre dans le maïs pourrait maintenant reculer à 160 ou 155? Même questionnement pour le rendement du soya? Est-ce que cette hausse des prix est une réaction momentanée du battage médiatique concernant les champs inondés? Est-ce que les conditions météo de juillet et août viendront retirer un peu de ce « prémium de risque » dont le marché des grains s’est dernièrement gonflé? Bien sûr, ce qui nous attend pour les semaines à venir, personne ne le sait.
Statistique Canada est aussi venu dire son mot la semaine dernière en établissant les superficies de maïs de l'Ontario à 2.055 millions acres. La production de soya est fixée à 2.93 millions d’acres, celles de maïs au Québec 920 000 acres et celles de soya à 778 000 acres. Ceci me dit que l'Ontario devrait être dans un scénario de prix à l'exportation pour le maïs pour la plupart de la prochaine année. Cependant, nos cultures sont aussi endommagées et voir trop loin en avance demeure difficile à ce stade-ci. Le dollar canadien reculant sous $0,80 au cours des derniers jours est toujours une chose qui nous aide aussi pour le prix au comptant des grains.
Bien sûr, la route longue et sinueuse est toujours bordée de prévisionnistes des prix agricoles qui pensaient qu'ils savaient. Les composantes de la demande pour le maïs et le soya sont si fortes que même dans un scénario où l'offre est touché, elles ne seront pas ralenties pour autant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la volatilité des prix au cours des prochaines semaines pourrait s’avérer extrêmement violente. Les marchés ont obtenu leurs nouvelles fraiches. Ce pourrait ne pas être assez pour ceux qui espèrent voir les prix grimper davantage. Il semble que le combat ne fait que commencer.

