MAÏS :
La tendance haussière a pris fin abruptement la semaine dernière alors que le plus récent rapport d’offre et de demande fut insuffisant pour renverser la nouvelle hausse du degré d’aversion de risque. Croyant que les valeurs ont augmentés rapidement dans le complexe des grains ainsi que pour les titres boursiers américains, la rentrée des fonds indiciels prend présentement repos. Les données fondamentales se font rares ces jours-ci et un sain marché haussier nécessite continuellement des nouvelles positives pour l’alimenter. Nous sommes malheureusement à court de nouvelles.
Le USDA a publié cette semaine son hebdomadaire évaluation de la condition des plants. Première constatation, le maïs est entièrement
planté maintenant, ce qui surpasse la progression de l’an dernier. Deuxièmement, nous notons une condition relativement bonne des cultures avec 70% du maïs considéré comme étant en bon ou excellent état. Les principales régions productrices de maïs sont observées comme étant en bon état, dont l’Iowa, le Missouri et le Wisconsin qui affichent tous au-delà de 70% en bon ou excellent état. L’Illinois demeure une source de consternation alors que seulement 55% sont en bon ou excellent état. Les données fondamentales mises de l’avant par le USDA la semaine dernière, continuent d’être en ligne avec nos attentes à plus long terme. Les arguments acheteurs se voient renforcés par un bilan restreint et qui s’annonce de plus en plus étreignant. Une révision baissière des stocks de reports 2009-2010 n’a pas pu soutenir le marché à court terme mais la projection d’un ratio de stock/usage sous les 5% en 2009 devrait supporter les cours au courant des 6-9 prochains mois. Les estimés de rendement demeurent élevés selon nous. Le USDA projette un rendement de 153.4B/A en baisse du 155.4 B/A du mois de mai, ce qui demeure élevé sur une base historique. Nous réitérons également la thèse d’une réduction de l’usage d’engrais qui devrait appliquer davantage de pression baissière sur les rendements et supporter les cours. Ultimement, par contre, ce qui a dirigé les cours lors des 2 dernières semaines est le sentiment investisseur. Le saut de près 1$/boisseau depuis la fin du mois d’avril est perçu comme étant agressif et les prises de profits semblent maintenant inévitables. Continuer de suivre l’évolution de la confiance du monde investisseur, c'est suivre le meilleur baromètre de l’évolution des prix.
Techniquement parlant
La configuration technique du maïs a emprunté le chemin négatif la semaine dernière. Incapable de briser la résistance à 4.50$ sur le contrat à terme de juillet 2009, après plus de 3 mises à l’épreuve de la marque, le marché n’a pu interpréter l’action autrement que comme un signal de vente important. La liquidation fut violente par moment alors que plusieurs firmes d’investissement ont été incitées à prendre des profits sur leurs nouvelles positions "longues" dans le maïs. Les moyennes amovibles ont engagé un croisement négatif lundi, ce qui a renforcé le thème vendeur dans le complexe. Les stochastiques sont présentement en territoire survendus ce qui signale la possibilité d’un certain support à l’intérieur de notre large bande transactionnelle dont le sommet est 4.50$. Le prochain point technique important à suivre est la tendance haussière à partir des bas niveaux du mois d’octobre/novembre dernier. La fin de la liquidation cataclysme est désignée par cette tendance et une rupture de celle-ci serait significative et très inquiétante. Nous anticipons plusieurs acheteurs à cette marque soit 4.08$-4.12$ sur décembre 2009.

SOYA :
La fève de soya est tombée, victime du même sort que le maïs. Le complexe des grains et des oléagineux miroite avec une précision extrême les mouvements des titres boursiers américains, en franche opposition avec l’indice du dollar américain. La fève de soya n’a pas été capable de soutirer un support du plus récent rapport USDA, ce qui a amplifié le mouvement à la baisse. Le marché énergétique éprouve également un repli ces dernières sessions, ce qui met davantage de pression sur le complexe.
Les conditions des plants de soya sont quelque peu inquiétantes alors que des précipitations abondantes ont minimisé le potentiel de croissance et le nombre d’unités thermiques. Le plus récent rapport de progression des semis indique que les producteurs accusent toujours un certain retard par rapport à la moyenne quinquennale mais affichent un bilan marginalement plus positif que celui de l’an dernier. L’émergence est également plus tardive que la normale. Le rapport d’offre et de demande du USDA a indiqué une contraction du bilan immédiat une fois de plus. Sujet à des exportations extrêmement fortes, les stocks de report 2008-2009 sont maintenant projetés à 110M de boisseaux comparativement à un estimé de 130M le mois précédent. La situation approche des seuils critiques à court terme alors que le ratio stock/usage tombe à 3.6%, un niveau historiquement bas. Le seul point qui soulage la panique est la situation projetée en 2010. Le marché projette des stocks de report de 210M de boisseaux en 2010. Nous croyons qu’il serait fort probable de voir les stocks passer jusqu’à 250M de boisseaux alors que les révisions de superficies ensemencées au 30 juin pourraient faire balancer une plus grande proportion de l'acréage vers la fève soya au détriment du maïs.
Techniquement parlant
La configuration technique de la fève soya demeure la plus encourageante. Nous notons une région de support, particulièrement au niveau de 12.03$-12.10$ sur le contrat de juillet 2009, découlant de lignes de support tendancielles parallèles au canal ascendant des bas niveau du mois de mars. Il faut se rappeler que les cours ont augmenté de près de 50% en 3 mois et que la récente prise de profits ne devrait surprendre personne. Les moyennes amovibles sont toujours en croisement positif ce qui rendra plus facile la reprise. Les stochastiques touchent maintenant des niveaux surachetés et suite à une mise à l’épreuve du canal haussier, nous anticipons une reprise à ces niveaux. La correction pourrait bien avoir touché un bas cette semaine et le complexe repousserait vers les hauts du début juin soit vers 12.91$.
BLÉ:
La cadence du marché de l’exportation ralentit de plus en plus et les projections du USDA pour l’année courante, aussi conservatrice qu’elles soient, sont à la veille de devenir hors d’atteinte pour le complexe. Cette semaine encore, la cadence léthargique des exportations fut exposée. Le rapport du USDA de la semaine dernière prévoyait une augmentation des stocks de report jusqu’à 679M de boisseaux en 2009-2010. À noter que les stocks de report de cette année sont le double de ce qu’ils étaient en 2007- 2008 ce qui explique en partie la correction boursière des 12 derniers mois, nonobstant la crise financière.
Techniquement parlant
La configuration technique est peu intéressante. Les moyennes amovibles sont en croisement négatifs depuis quelque temps maintenant. Nous sommes survendus mais l’importante rupture de ligne tendancielle clé est bien plus significative. Considérant les contre-courants fondamentaux, une force technique quelconque est inattendue pour les prochaines sessions.
PÉTROLE :
Le baril de pétrole maintient son ton positif malgré la plus récente vague liquidative des marchés boursiers. La force du baril se limite
principalement à des motivations techniques lors des dernières sessions alors que nous notons depuis quelque temps maintenant que les justifications fondamentales ne supportent pas les prix courants. L’OPEP, en tant que cartel, soutient que les prix présents sont justes, mais qu'une avance prolongée de l’or noir semble peu probable à partir des niveaux présents. L’OPEP a retranché près de 4 millions de baril/jour de production dans la dernière année. L’Iran coopère même en tentant de respecter ses quotas de production. Des prix marginalement plus élevés que présentement par contre, soit 80$-100$ pourraient être une trop grande tentation pour les pays producteurs qui souffrent d’une pénurie de pétrodollars depuis un an maintenant et l’incitatif d’inonder le monde de nouvelle production à court terme repousserait rapidement les prix à la baisse. La saison d’ouragans est entamée depuis plusieurs semaines mais l’impact de celle-ci, qui est prévue être une saison standard avec 4 à 7 tempêtes majeures rapportées, devra être escomptée.
La spéculation demeure donc au coeur de la récente avance et de tout mouvement futur; les fondamentaux importent peu à ce stade-ci.

SITUATION DU DOLLAR CANADIEN :
L’avance spectaculaire du dollar canadien s’est vue renversée au début juin et le huard démontre peu de signe de vie depuis. Les données fondamentales portant sur l’économie canadienne demeurent inquiétantes. La contraction économique persiste à se faire ressentir à travers le pays; faisant 42 000 nouvelles victimes sous forme de mise à pied et portant le taux de chômage à 8.4% au mois de mai, soit son plus haut niveau depuis 11 ans. La cadence des mises à pied a ralenti de façon plus marquée au Sud de la frontière au mois de mai alors que seulement, oui seulement, 345 000 emplois ont été retranchés comparativement à -504 000 au mois d’avril. Le rythme de décroissance de l’économie ralentit ce qui est fort encourageant mais afin de justifier les présents niveaux des différentes classes d’actifs, dont les devises étrangères et les commodités, nous devons maintenant voir une croissance économique et non pas seulement un ralentissement de la contraction. Le dollar canadien a été affecté positivement lors des 3 derniers mois pour 2 raisons principales; le refus de la Banque du Canada de s’embarquer dans une politique monétaire incroyable, soit l’assouplissement quantitatif tel que le font les Américains, ainsi que le retour d’un appétit du risque de la part de la communauté investisseur.
La Banque du Canada maintient son ton conservateur, en optant de maintenir sa promesse de garder les taux d’intérêt tout près de 0 pour les 12 prochains mois; les rencontres de la Banque seront donc de moindre importance sur les 2-4 prochains mois. Nous anticipons que la BdC révise sa position par la suite, jugeant que l’inflation sera devenue une trop grande menace, tel qu’indiqué par le plus récent rapport des prix à la consommation qui affiche une croissance hors du commun, aux abords de l'inquiétant.
La force du baril de pétrole soutient de manière secondaire le dollar canadien avec sa montée au-delà de 70$. L’avance du dollar canadien sera handicapée à court terme par les perspectives de prix de l’or noir.
Techniquement parlant
Le repli que nous avions souligné récemment est en train d’approcher sa phase ultime. Nous anticipons principalement un dernier mouvement à la baisse dans les prochaines sessions, mettant à l’épreuve la marque de 0.8620-35. Les acheteurs devraient être nombreux à cette marque. Les stochastiques approchent des niveaux survendus ce qui confirmerait notre thèse d’un plancher à 0.8620. La ligne tendancielle haussière qui supporte depuis le mois de mars les avances du huard est située à cette endroit et sera le justificatif principal pour effectuer des achats à 0.86. Le seul point de consternation est l’approche d’un croisement négatif des moyennes amovibles de 9 et 19 jours. À moyen terme, nous visons un retour à 0.9268 avec la possibilité de rompre cette marque sur un retour en force de l’appétit du risque sur le marché des changes. La marque subséquente demeurerait une cible dans les 0.9600.

Pour compléter, le prochain marqueur fondamental pour les grains sera la révision des acréages par le USDA ce 30 juin prochain.
