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Après les ensemencements US, les représailles de la Chine

04 avril 2018,

Les marchés n’auront pas manqué de fortement écraser le prix du soya à Chicago, et ce, dès la nuit dernière, alors que la Chine laisse entendre qu’elle envisage de taxer les importations de soya américain. Heureusement, bien qu’à un certain moment au cours de la nuit dernière, le prix du soya était en chute libre de plus de 0,40 $US/boisseau, il aura depuis tempéré sa baisse, clôturant ce mercredi à -0,2275 à 10,1525 $US/boisseau sur l’échéance de mai 18, et -0,23 à 10,19 $US/boisseau sur celle récolte (CàT Nov. 18). Mentionnons au passage que la Chine a menacé aussi de taxer les importations de maïs et de blé américain, ce qui dans leur cas, ne semble pas avoir par contre inquiété les marchés outre mesure.

À ce stade-ci, il apparait encore très difficile de lire avec justesse les répercussions de cette guerre commerciale États-Unis vs Chine sur le comportement des prix (et des marchés financiers) au cours des prochaines semaines/mois.

D’une part, bien que la tension est rapidement montée, concrètement sur papier, les menaces américaines et chinoises ne devraient être effectives qu’à la fin mai prochain si aucune entente n’est conclue d’ici là. D’autre part, dans le cas du soya, il apparait très difficile d’imaginer la Chine freiner très longtemps ses importations de soya américain. Dans les faits, on s’attend à ce que la Chine importe de 97 à 100 millions de tonnes de soya cette année. Basé sur des exportations totales brésiliennes prévues pour l’instant à 70,5 millions de tonnes, il apparait clair que la Chine ne pourra compter uniquement sur le Brésil pour assurer ses besoins. De plus, on ne peut oublier que l’Argentine est de son côté K.O. pour exporter s’il y a lieu des volumes plus importants de soya avec la très mauvaise récolte de prévue cette année.

De cette guerre commerciale, ce qui ne fait cependant aucun doute, c’est qu’aucun parti n’apparait gagnant, et que sur l’échiquier mondial, l’idée qu’elle s’envenime davantage viendrait miner la fermeté de l’économie qui, jusqu’ici, était sur la bonne voie de connaître une excellente année. C’est d’ailleurs ce qui semble le plus préoccuper l’ensemble des marchés financiers qui, bien qu’ils aient clôturé en hausse, se montrent néanmoins très nerveux.

Dans les autres nouvelles, le dernier rapport hebdomadaire de production d’éthanol aux États-Unis a proposé un nouveau léger recul de -1 000 à 1,038 millions de barils/jour. Ce résultat apparait cependant positif dans la mesure où le niveau de production se veut au-dessus de celui de l’an dernier et que les stocks d’éthanol ont de leur côté reculé de 365 000 à 22,425 millions de barils.

Aux États-Unis, le début des ensemencements dans le sud du pays progresse à un bon rythme malgré les bonnes précipitations des dernières semaines. En date de dimanche dernier, le Texas était à 55%, en avance de 13% par rapport à la normale, la Louisiane 84% (moy. 69%), le Mississippi 50% (moy. 34%) et Arkansas 24% (moy. 22%). Ces États américains ne représentent cependant pas une portion importante des superficies ensemencées cette année et les marchés continuent de surveiller de près les prévisions météo pour les prochaines semaines.

Mais, il semble que les producteurs américains plus au nord du Midwest et des Plaines américaines devront s’armer de patience. Sur un horizon 6-10 puis 8-14 jours, les dernières prévisions proposent un réchauffement plus au centre et à l’est, mais des précipitations qui resteront au-dessus des normales saisonnières pour pratiquement l’ensemble des régions de production, exception faite du sud des Plaines américaines.

S’il est vrai que généralement, les ensemencements américains s’accélèrent à partir de la seconde moitié d’avril, rappelons qu’il faut patienter jusqu’au début/mi-mai avant que de mauvaises conditions météo persistantes ne soient une véritable préoccupation.

En prévision du rapport hebdomadaires sur les exportations américaines de grains qui sera présenté demain, les marchés prévoient des ventes de maïs de 1-1,3 millions de tonnes, des ventes de soya de 600 000 à 900 000 tonnes et des ventes de blé à 200 000 à 500 000 tonnes.


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