Grainwiz : Actualité et opinions : Maïs et Soya
Le marché a mal terminé la journée. Les prix du maïs-grain de décembre 07 ont clôturé à 3.730 $ US (- 13.6). Ceux du soya de novembre 07 ont chuté avec autant de force. Ils ont fini à 9.912 $ US (- 17.6).Réaction du marché face à une annonce du USDA
La dégringolade des prix a été brutale mais pas imprévisible. Rappelons que hier, les prix des contrats de soya avaient franchi la barre « magique » des 10.00 $ US. Mais malgré le fait que la session avait toutes les allures d'une consolidation temporaire, la situation au marché reste incertaine.
Du moins, si l'on tient compte de la spéculation et du risque de surproduction de maïs, il est possible que le marché soit ballotté encore un bon bout de temps.
Les résultats sur l'état de l'offre et de la demande en fournissent la preuve. Terminé en date du 1er septembre 07, le rapport du USDA indique des réserves de maïs supérieures aux anticipations du marché. Le montant réel pour la saison 2006/2007 est de 33 millions de tonnes, soit environ 4 millions de tonnes de plus que prévu.
Heureusement, le chiffre n'est pas catastrophique. L'an dernier à la même période, il était établi à 50 millions de tonnes. On peut donc facilement conclure que la forte demande mondiale de grain fait bien son travail.
Par contre, les circonstances entourant les oléagineux (soya) sont loin d'être à la hauteur des attentes. Le USDA a évalué les stocks de la production de 2006/2007 à 16 millions de tonnes, soit à peu près 1 million de tonnes de plus que ce que le marché espérait. La surenchère explique en bonne partie l'accumulation des stocks de soya.
Pour le Québec : À notre avis, les tendances à court ou à long terme demeurent positives. Les Américains craignent encore que le processus des récoltes soit plus rapide que ce qui était espéré mais à vrai dire, ceci n'a aucune importance. Les besoins mondiaux en grain demeurent assez forts. C'est d'ailleurs ce que le rapport du USDA (état de l'offre et de la demande) indique.
On pouvait voir que même si le montant dépassait les anticipations des traders, les réserves de maïs s'écoulent à quand même à un très bon rythme. Dans le cas des oléagineux , même si les stocks sont un peu plus élevés que prévu, la situation n'est pas dramatique.
Il ne faut pas oublier non plus les problèmes économiques. Mondialement, les banques centrales semblent avoir perdu le contrôle. En Grande-Bretagne et aux États-Unis, par exemple, la crise du crédit « facile » n'est pas terminée. Au fur et à mesure que celle-ci s'intensifiera, on verra probablement le dollar américain chuter davantage.
L'une des conséquences directes qui devraient affecter le marché du grain est l'inflation. La chute de la valeur du dollar US obligera les producteurs à demander plus cher pour leur grain. C'est pourquoi il est donc nécessaire de rester sur ses gardes. Cette raison fait partie de celles qui aiguisent la spéculation. En fait, presque tout le monde pense que les cours du grain continueront de grimper.
Au Québec, l'évolution de cette situation ne sera certainement pas un avantage. Au contraire, elle rendra les producteurs américains plus compétitifs. Le pire est que les Américains semblent apprécier la tournure des choses.. Leur dollar faible réduit la valeur de leurs dettes et favorise les exportations.
