Nouvelle

Détérioration des cultures aux États-Unis, les prix des grains à la baisse?

25 juillet 2017,

Le début de semaine est difficile pour le marché des grains et il ne faut pas chercher très loin pour trouver l’origine du problème : la météo.

Si vendredi dernier, il y avait encore matière à s’inquiéter de conditions trop chaudes et sèches dans l’ouest/nord-ouest du Midwest et des Plaines américaines, la situation a rapidement changé depuis en l’espace de quelques jours. De bonnes précipitations sont maintenant attendues pour une bonne portion des régions asséchées. Par la suite, les prévisions proposent du temps sec, mais plus frais, ce qui tempère les inquiétudes vers des conditions plus difficiles pour les cultures américaines.

Ainsi, avec le retour de cette météo plus favorable, les marchés auront simplement écarté du revers de la main les derniers résultats hebdomadaires sur l’état des cultures aux États-Unis qui confirment une nouvelle détérioration de celui-ci : 

Maïs : -2% à 62% dans les catégories « bon » à « excellent ». C’est 1% de moins que la moyenne des prévisions. 67% des cultures étaient au stade de la pollinisation en date de ce dimanche. 

Soya : -4% à 57% dans les catégories « bon » à « excellent ». Les marchés anticipaient plutôt un recul de l’ordre de 1-2%. 69% des cultures étaient au stade de la floraison, et 59% au stade du remplissage des gousses dimanche.

Blé de printemps : -1% à 33%dans les catégories « bon » à « excellent ». Un recul conforme aux attentes avec 96% des cultures au stade de l’épiaison ce dimanche.

Malgré le retour de conditions plus favorables, on retient que déjà 67% des cultures de maïs étaient au stade de pollinisation ce dimanche. En ce sens, il apparaît peu probablement que la météo plus clémente effacera toute trace des dernières semaines plus difficiles pour les rendements à venir. La question demeure à savoir à quel point. À l’heure actuelle, plusieurs analystes estiment que le rendement américain en maïs avoisinera 160 à 166 boisseaux/acre versus 170,7 boisseaux/acre actuellement prévu par le USDA et un sommet de 174,3 boisseaux/acre l’an dernier.

La situation se veut différente pour le soya où les cultures ne font que débuter le stade critique du remplissage des gousses avec des conditions météo plus favorables sur le radar pour cette période. Il demeure ainsi possible que les rendements à venir soient intéressants. Le USDA prévoit actuellement un rendement moyen de 48 boisseaux/acre. Jusqu’à cette semaine, avec les conditions météo difficiles des dernières semaines, certains analystes commençaient à envisager un recul vers 45-47 boisseaux/acre. Avec une récolte américaine plus décevante, les stocks américains de soya demeuraient plus à risque de fondre rapidement, ce qui n’a d’ailleurs pas manqué de rendre très volatiles les prix du soya à Chicago.

Mais, que ce soit pour le maïs comme le soya, le retour d’une meilleure météo rappellent maintenant que non seulement de bonnes récoltes américaines restent encore possibles, mais surtout que les stocks de maïs et de soya américain de cette année sont importants. Le dernier mot reviendra dans deux semaines aux USDA qui présentera son rapport mensuel du mois d’août avec assurément, de premiers ajustements à ses prévisions de rendements américains, mais aussi de nouveaux chiffres à ses bilans qui ne manqueront pas d’alimenter la fouge actuelle des marchés. 

Dans l’immédiat, les spéculateurs n’ont cependant pas hésité aujourd’hui à quitter le navire et ainsi retirer une portion du premium météo qu’ils avaient insufflé aux prix dans les dernières semaines. Le marché du blé de printemps à Minneapolis aura été particulièrement sous les feux de la rampe. Certes, l’état des cultures de blé de printemps aux États-Unis demeure pitoyable et la situation n’est guère mieux plus au nord, au Canada. Mais, à défaut d’inquiétude météo supplémentaire, les spéculateurs ont finalement décidé simplement de lâcher prise et d’engranger des profits supplémentaires  après avoir propulsé de plus de 2,50-3,00 $US/boisseau les prix à Minneaoplis dans les dernières semaines.

De ce comportement des spéculateurs, on retient un grand soupir de ce revers amorcé cette semaine sous l’impulsion d’une météo américaine plus favorable. Est-ce dire que les prix sont maintenant condamnés à s’effriter jusqu’à la récolte. Possible. Cependant, on note que certains facteurs positifs demeurent en place, notamment les derniers chiffres d’exportations américaines de grains, ainsi que la faiblesse du dollar américain à un creux d’un an qui laisse entrevoir encore de bonnes perspectives d’exportations. Il demeure également prématuré de statuer sur un retour définitif à une météo plus clémente, spécialement à la lueur des dernières semaines qui n’ont pas manqué de rappeler qu’en l’espace de quelques jours, les prévisions peuvent rapidement changer.

Techniquement, à Chicago, tout indique que le creux de la fin juin sera revisité et à surveiller pour le maïs à 3,64-3,65 $US/boisseau (CàT Sept. 17). Le soya a de son côté définitivement écarté la forte tendance haussière qui avait vu le jour au début juillet, avec un retour sous 10,00 $US/boisseau (CàT Août 17) qui tend à confirmer que des sommets définitifs ont été atteints il y a deux semaines, avec un 1er support à surveiller pour les prochains jours à l’approche de 10,73 $US/boisseau. Emporté par la chute du blé de printemps à Minneapolis, le prix du blé à Chicago poursuit de son côté son recul suivant sa tendance baissière maintenant bien distincte avec de prochains supports à surveiller à 4,64 puis à 4,45-4,46 $US/boisseau.    


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