Nouvelle

L’état des cultures aux États-Unis préoccupe

13 juin 2017,

Le marché du blé, spécialement celui de printemps à Minneapolis, vole la vedette aujourd’hui, emportant dans son sillage les autres grains.

Hier, dans son rapport hebdomadaire sur la progression et l’état des cultures aux États-Unis (Crop Progress), le USDA a révélé une nouvelle détérioration marquée des conditions de blé de printemps de -10% à seulement 45% dans les catégories « bonne » et « excellente ». L’an dernier à pareille date, 79% des cultures étaient dans ces catégories et la moyenne 5 ans est de 73%.

Les conditions très sèches qui affectent principales les États du Montana, Dakota du Nord et du Sud, et Minnesota commencent ainsi à durement affecter les cultures de blé en cours et il apparaît maintenant inévitable que les rendements de cette année en seront amputés. 

Mentionnons au passage que les cultures de blé dans le sud de la Saskatchewan et du Manitoba au Canada ne sont pas en reste, avec des conditions excessivement sèches qui soulèvent là aussi plusieurs interrogations sur les récoltes à venir.

Sans surprise, le marché du blé de printemps à Minneapolis aura poursuivi sur sa lancé de nouveau aujourd’hui, atteignant son plus au niveau pour une échéance immédiate depuis la fin 2014.

Pour les prochains jours, selon World Weather, des précipitations dispersées et très attendues sont attendues dans la plupart des régions des Plaines et du Midwest américain. Les Prairies canadiennes devraient également profiter d’averses. Les températures devraient de leur côté rester chaudes pour par la suite se rafraichir au cours de la fin de semaine. Ceci devrait dans l’ensemble profiter aux cultures.

Sur un horizon de 6-10 puis 8-14 jours, la dernière prévision du NOAA suggère cependant des conditions encore très sèches plus à l’ouest du Midwest et des Plaines américaines.

Essentiellement on retient donc que des conditions météo plus favorables sont attendues dans les prochains jours, mais que Dame Nature n’a pas dit son dernier mot et pourrait encore très bien malmener les cultures d’ici la fin juin, spécialement là où les averses dispersées auront été insuffisante.

Bien que les conditions météo difficiles affectent spécialement les cultures de blé de printemps, mentionnons que celles de maïs et soya sont aussi sur surveillance dans une moindre mesure : recul de 1% à 67% dans les catégories « bonne » et « excellente » pour le maïs versus 75% l’an dernier et la moyenne 5 ans de 70%, et 66% des cultures de soya dans ces catégories, très légèrement moins que la moyenne 5 ans de 67%. 

Seules les cultures de blé d’hiver auront su profiter des conditions plus sèches suivant plusieurs semaines très humides pour prendre du mieux, en hausse de +1 à 50% dans les catégories « bonne » et « excellente » versus une moyenne 5 ans de 44%.

Dans les autres nouvelles hier, le dernier rapport hebdomadaire sur les inspections à l’exportation de grains américains aura été positif, proposant des inspections qui ont dépassé dans tous les cas les anticipations des marchés à 1,042 millions de tonnes pour le maïs, 508 220 tonnes pour le soya et 773 922 tonnes pour le blé.

En prévision du rapport mensuel du NOPA (National Oilseed Processors Association) aux États-Unis ce jeudi, les marchés anticipent à nouveau un niveau décevant de trituration de soya pour le mois de mai dernier de 143,192 millions de boisseaux versus 152,280 millions de boisseaux en mai l’an dernier et 139,134 millions de boisseaux en avril dernier.

Techniquement, le début de semaine aura été difficile pour les prix des grains à Chicago hier. En apparence, leur important recul n’était pas étranger à des prises de profits et le retour de conditions météo dans l’ensemble plus favorables. Cependant, la détérioration de l’état des cultures, spécialement de blé de printemps, les aura invités à se raviser aujourd’hui.

Le maïs à Chicago demeure en lice pour la formation d’un début de tendance haussière court terme intéressant. Le grand objectif à surveiller dans les prochains jours demeure la forte résistance qui se fait sentir autour de 3,91-3,93 $US/boisseau sur l’échéance de juillet 17, et 4,06-4,10 $US/boisseau sur celle de décembre 17 (récolte.

Du côté du soya, les perspectives restent plus incertaines malgré sa timide progression d’aujourd’hui. Le canal baissier en place depuis février dernier reste effectif, et il apparaît que la forte résistance de ce canal présentement à 8,43-8,44 $US/boisseau sur juillet 17 freine toujours une progression supplémentaire des prix. 

Bien entendu, le prix du blé à Chicago aura su profiter de l’effet d’entrainement du marché du blé à Minneapolis, affichant une hausse intéressante de +0,1075 à 4,4475 $US/boisseau sur juillet 17. On constate cependant ici aussi une forte zone de résistance à surveiller à 4,55-4,61 $US/boisseau alors que les marchés hésitent toujours, prenant bonne note des volumes importants de disponibles qu’a rappelé vendredi dernier le USDA dans son rapport mensuel de juin 17.


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