Le marché des grains s’est remis partiellement des inquiétudes que suscite la grippe porcine présentement, préférant porter son attention sur les conditions météorologiques aux Etats-Unis. Le prix du pétrole, le dollar américain et les marchés boursiers, qui influencent de moins en moins le prix des grains actuellement, ont envoyé des signaux mixtes au marché des grains aujourd’hui.
Le prix du pétrole continue d’osciller en-dessous des 50$US/baril sur le NYMEX après avoir gagné plus de 2$US/baril la semaine dernière pour se replier ensuite à nouveau en-dessous des 50$US/baril. Une hausse du prix du pétrole est toujours favorable à la hausse du prix des grains, et particulièrement ceux du maïs et du soya, en raison de son lien étroit avec le prix des biocarburants.
Le dollar américain a finalement amorcé une baisse aujourd’hui après avoir progressé de 84,8 à pratiquement 86 sur son Index depuis dimanche dernier. Il évolue présentement autour de 85. Une baisse du dollar américain favorise les exportations de produits comme les grains sur les marchés internationaux, stimulant du même coup leurs prix.
Les marchés boursiers ont connu un début de journée difficile. Ils sont cependant parvenus à regagner du terrain, finissant la journée avec de faibles pertes dans l’ensemble. Le Dow Jones a seulement perdu un peu plus de 8 points pour terminer à 8016 alors que le Standard & Poor’s n’en a perdu que 2 à 855. Les marchés boursiers influencent le marché des grains puisqu’ils établissent bien souvent le poul des investisseurs.
Grippe Porcine
La grippe porcine, apparue la semaine dernière au Mexique, continue de faire la manchette des journaux.
Selon les dernières informations disponibles, des nouvelles personnes infectées ont été signalées en : Nouvelle Zélande, Australie, Israël, Écosse, Espagne. Aux Etats-Unis le nombre d’individus infecté par cette grippe est maintenant de 50. Au Canada, le décompte d’individus touchés est de 13:
• 4 en Ontario
• 4 en Nouvelle-Écosse
• 3 en Colombie-Britannique
• 2 en Alberta
Tout ces cas se sont avérés bénins. Par contre, au Mexique, le nombre de mort est maintenant porté à 150. Le nombre de cas d’infection serait toutefois en baisse présentement et aucune fatalité n’a été signalée en-dehors du Mexique.
Bien que la consommation de viande de porc infecté ne transmettrait pas la maladie, la Russie, la Chine, l’Ukraine, les Philippes, le Kazahstan, la Thaïlande et les Émirats Arabes Unis ont tous banni leur importation de certains états américains.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a augmenté son niveau d’alerte à son plus haut depuis sa création en 2005 à 4 sur une échelle de 6 puisqu’il serait impossible de contenir cette pandémie. En comparaison, l’organisation l’avait fait grimper à 3 au pire de la crise de la grippe aviaire.
La principale inquiétude des marchés présentement est que les échanges commerciaux soient restreints et que les gens réduisent leur consommation de viandes. Dans tous les cas, la demande pour les grains en serait affectée à la baisse alors que celle-ci est déjà durement touchée par la situation économique difficile. Pour le moment, les marchés restent en attente de voir comment la pandémie de grippe porcine va évoluer au cours des prochains jours.
Au Québec, selon ce que rapporte le site de Radio-Canada, la main-d’œuvre mexicaine devra subir un examen médical avant d’entrer au Canada. Ceci n’est pas sans susciter un peu de nervosité de la part des producteurs agricoles à l’approche du début des travaux aux champs en raison d’une pénurie de main-d’œuvre agricole qui persiste. Toujours selon Radio-Canada :
• 17 000 travailleurs saisonniers agricoles, surtout mexicains, ont travaillé au Canada l’an passé
• 20 000 sont attendus cette année
• 500 entreprises québécoises embaucheront 6500 travailleurs saisonniers cette année
Conditions Météorologiques
Le « Midwest » américains demeure sujet à de nombreuses averses dispersées dans plusieurs régions au cours des prochains jours après avoir connu une fin de semaine déjà très pluvieuse. D’autres averses dispersées sont prévues au cours de la fin de semaine prochaine, ce qui ralentirait à nouveau les ensemencements de maïs.
L’éventualité que les producteurs américains changent leurs ensemencements de maïs en soya est de plus en plus réelle. C’est ce que le comportement des marchés aujourd’hui a laissé entendre avec la baisse du prix du soya et la hausse de celui du maïs. La bonne progression des ensemencements de maïs présentée par le USDA hier en fin de journée ne semble pas avoir changé cette perception.
Progression des ensemencements aux États-Unis
Le rapport hebdomadaire de la progression des ensemencements, présenté par le USDA hier, indique que les américains ont semé 22% de leur maïs. C’est plus que ce que les estimés envisageaient, entre 15 à 20%, mais moins que la moyenne sur cinq ans de 28%. Le rapport présentait aussi pour la première fois l’avancement des ensemencements pour le soya à 3% de complétés, ce qui était conforme aux attentes mais en-dessous de la moyenne sur cinq ans de 5%.
Maïs
Le prix du maïs sur le contrat de juillet 09 a connu un bon début de journée avant de se replier légèrement pour finir en hausse de 0,0275$US/boisseau à 3,8350$US/boisseau.
La vigueur du prix du maïs est principalement due aux conditions météorologiques difficiles et aux retards d’ensemencements aux Etats-Unis. Le fait que la progression des ensemencements ait été meilleure que prévu la semaine dernière n’a pas changé la perception des marchés alors que ceux-ci anticipent des ralentissements cette semaine en raison des nombreuses averses dispersées dans la « Midwest ». Le contexte fondamental dans lequel évolue le maïs présentement, avec un ralentissement de la demande pour la fabrication de moulée et d’éthanol, empêche cependant le maïs de gagner réellement du terrain en territoire positif. La baisse du prix du soya aurait aussi exercée une pression négative sur celui du maïs aujourd’hui.
Soya
Après un bref début de journée en hausse, le prix du soya sur le contrat de juillet 09 a connu une journée baissière tout au long du reste de la session. Il a terminé en baisse de 0,14$US/boisseau à 9,83$US/boisseau.
En-dehors de l’éventualité que les américains changent leurs ensemencements du maïs au soya, une rumeur à l’effet que la Chine cancellerait 4 à 5 cargos de soya a aussi nuit au prix du soya aujourd’hui. Le rapport hebdomadaire sur la progression des ensemencements de soya aux Etats-Unis d’hier n’a pas présenté pour l’instant de chiffres inquiétants avec seulement un léger retard de 2% par rapport à la moyenne sur cinq ans. Après l’important progression du prix du soya depuis quelques temps, les marchés semblent moins enthousiastes, ayant ainsi trouvé pour le moment un point d’équilibre avant de prendre une nouvelle direction.
