Journée plus tempérée pour les prix des grains aujourd’hui à défaut de nouvelles supplémentaires pour les propulser davantage. L’approche de résistances importantes, spécialement pour les prix à Chicago du soya et du maïs, aura également incité les marchés à la prudence.
En Argentine, les dernières prévisions proposent « enfin » des conditions un peu plus favorables. Le nord du pays, affecté récemment par des précipitations excessives et inondations, devrait profiter de conditions plus sèches pour les sept prochains jours. À l’opposé, des précipitations sont attendues dans les régions asséchées plus au sud.

La grande question aux yeux des marchés demeure à savoir l’étendue des dommages maintenant inévitables sur les cultures en cours. Dans le cas du soya, certains prévoient une perte de l’ordre de 5-7 millions de tonnes. C’est beaucoup. Dans son dernier rapport mensuel, le USDA prévoyait une récolte de 57 millions de tonnes, la 2e plus importante du pays suivant le record d’il y a deux ans à 61,4 millions de tonnes.
Une certaine nervosité persiste également toujours, puisque les prévisions sur deux semaines proposent à nouveau des précipitations supplémentaires pour le nord du pays, et des conditions plus sèches dans le sud.
Au Brésil, les conditions des cultures demeurent par contre très favorables dans l’ensemble, ce qui n’exclue toujours pas des récoltes encore plus importantes que les niveaux déjà record prévus. Cependant, comme c’est le cas pratiquement chaque année, des grèves ont fait surface. Cette fois-ci, ce sont les camionneurs qui manifestent en raison des faibles coûts de transport avec lesquels ils doivent composer.
On rapporte également que les cargos destinés à être chargés en grain s’accumulent de plus en plus, imposant déjà de la sorte un goulot d’étranglement aux exportations brésiliennes de grains alors que les récoltes ne font à peine que commencer.
Maïs
Le marché du maïs à Chicago a progressé légèrement aujourd’hui de +0,0225 à 3,6650 $US/boisseau sur son échéance immédiate (CàT Mars 17).
Le rapport hebdomadaire de l’EIA sur la production d’éthanol aux États-Unis présenté aujourd’hui a été positif. La semaine dernière, la production a atteint un nouveau record de 1,054 millions barils/jour. Depuis le début de l’année commerciale 2016-17, c’est la 5e fois qu’un nouveau record de production est établi. On note cependant que les stocks d’éthanol continuent aussi de grimper, passant de 20,009 à 21,1 millions de barils, leur plus haut niveau depuis juillet dernier.
Dans les autres nouvelles, on rapporte que le Mexique prévoit importer plus de 20% de maïs américain au cours de l’an prochain (2017-18). Pour cette année, des importations mexicaines de maïs de l’ordre de 14-16 millions de tonnes sont prévues.
Techniquement, le marché du maïs à Chicago met à l’épreuve présentement une forte résistance qu’il faudra surveiller de très près dans les prochains jours autour de 3,65-3,69 $US/boisseau (CàT Mars 17). La dernière fois que le maïs s’était transigée au-dessus de ce niveau remonte à juillet dernier. Par la suite, le prochain objectif sera 3,80 $US/boisseau.
Soya
Les marchés ont réalisé quelques prises de profits suivant le fort rallye de début de semaine qui aura propulsé le marché du soya à son plus haut depuis juillet dernier. Sur le contrat à terme pour livraison immédiate (CàT Mars 17), il a ainsi reculé légèrement de -0,0425 à 10,70 $US/boisseau.
Comme mentionné plus haut, les conditions des cultures en Argentine restent le centre d’attention des marchés. Et, avec le retour de conditions un peu plus « favorables » pour les cultures dans les prochains jours, il semble que les marchés auront jugé sage de tempérer leur ardeur à l’approche d’une résistance importante à 10,80 $US/boisseau (CàT Mars 17). Par contre, sur un horizon de 2 semaines, le retour de conditions plus humides pour l’Argentine, combiné à la grève des camionneurs au Brésil, propose un certain support pour le moment dans le marché.
Techniquement, le brusque rallye des derniers jours aura positionné les prix à Chicago en contexte « suracheté ». Ceci aura certainement contribué à certaines prises de profits des marchés. Mais, à ce stade-ci, le recul d’aujourd’hui laisse encore la porte ouverte à une consolidation en vue d’un nouveau rebond intéressant si les conditions s’enveniment à nouveau en Argentine.
Blé
Le marché du blé à Chicago aura encaissé un bon recul aujourd’hui. Sur le contrat livraison immédiate, il a baissé de -0,07 à 4,23 $US/boisseau (CàT Mars 17).
De bonnes précipitations ont eu lieu dans la dernière semaine dans les régions de production de blé d’hiver plus au sud des Plaines américaines.

Ceci vient calmer le jeu à l’idée que les cultures seront endommagées par des conditions trop sèches qui menaçaient les cultures.
Rappelons qu’il y a deux semaines, plusieurs États américains avaient signalé une détérioration des conditions des cultures de blé d’hiver. La semaine dernière, le USDA a aussi indiqué dans l’un de ses rapports publiés jeudi qu’il estimait que les producteurs américains avaient semé leurs plus petites superficies en blé d’hiver depuis 1909 à 32,383 millions d’acres. C’est pratiquement 2 millions d’acres de moins que ce que prévoyaient les marchés, et plus de 4 millions d’acres de moins que l’an dernier.
Techniquement, le marché du blé à Chicago profite toujours d’une tendance haussière qui a pris forme dans les derniers jours de décembre. Le recul d’aujourd’hui est toutefois pratiquement sur le point de la remettre en question et, en ce sens, il faudra surveiller de près dans les prochains jours un passage sous 4,20 avec un support par la suite à l’approche de 4,10 $US/boisseau (CàT Mars 17).
