Après plusieurs jours très difficiles pour les prix des grains à Chicago, ceux-ci ont terminé la semaine sur une note plus positive. Ceci n’est pas étranger au contexte de marché lui-même fortement survendu avec la débâcle amorcé suite à la publication des rapports du 30 juin, ainsi que le retour de conditions météo beaucoup plus favorables pour les cultures américaines. Mais, l’arrivé d’une autre fin de semaine, avec de possibles imprévus météo qui pourrait faire surface d’ici lundi, les marchés ont préféré se mettre quelque peu sur la défensive.
Les prévisions météo actuelles proposent toujours des températures anormales chaudes à partir de la mi-juillet aux États-Unis. Ceci soulève quelques interrogations entourant la période de la pollinisation du maïs, et rappel également que la partie n’est pas jouée non plus pour les conditions des cultures de soya en août. Par contre, les écrans radars révèlent aussi de bonnes précipitations pour les prochaines semaines qui tempèrent grandement le risque de sècheresse à prévoir.

Rappelons que la fin de semaine dernière a aussi vu de bonnes précipitations plus au sud des États-Unis, et que de bonnes averses plus au nord ont par la suite permis cette semaine de fournir de bonnes quantités d’eau sur l’ensemble du territoire américain.
Aujourd’hui, le rapport hebdomadaire d’exportations et ventes à l’exportation de grains a été décevant pour le maïs avec seulement 370 000 tonnes de vendu de l’ancienne récolte, et 473 000 tonnes pour la prochaine récolte. C’est la 4e semaine que les ventes de l’ancienne récolte sont en recul, un recul important après plusieurs semaines au-dessus de la barre du million de tonnes.
Heureusement, la révision à la baisse importante annoncée aujourd’hui par CONAB de sa prévision de seconde récolte en maïs au Brésil cette année de 50 à 43,05 millions de tonnes aura offert un support intéressant au prix à Chicago, cette révision suggérant que les exportations américaines devraient rester soutenues.
Les ventes hebdomadaires à l’exportation de soya continuent pour leur part de demeurer forte pour cette période-ci de l’année, ce qui n’est bien entendu pas étranger aux mauvaises récoltes sud-américaines. Elles ont été la semaine dernière de 637 000 tonnes pour l’ancienne récolte, et de 585 000 tonnes pour la nouvelle récolte, des niveaux supérieurs aux attentes des marchés.
Les ventes hebdomadaires à l’exportation de blé américain proposent toujours de leur côté un bon début de nouvelle année commerciale (2016-17) à 825 000 tonnes la semaine dernière. C’est plus que les anticipations des marchés qui étaient de 400 000 à 600 000 tonnes.
Le marché du blé aura pu également compter sur une certaine nervosité qui s’installe concernant les récoltes en Europe et dans la région de la Mer Noire.
On sait que d’importantes précipitations dans les dernières semaines remettent en question la qualité des récoltes de cette année. À ce titre, FranceAgriMer estime d’ailleurs que seulement 59% des cultures de blé français son dans un état jugé de « bon à excellent », en baisse de 6% par rapport à la semaine dernière, et le moins bon état des cultures de blé pour cette période-ci de la saison en 5 ans. Stratégie Grains a ajouté son grain de sel en réajustant en baisse sa prévision de récolte de blé tendre de 38,5 à 36,5 millions de tonnes. Tranquillement, le pronostique de la nouvelle récolte de blé s’assombrit de plus en plus, offrant ainsi un support au marché du blé qui en a bien de besoin présentement.
Techniquement, suivant l’important recul des prix à Chicago, le rebond d’aujourd’hui n’a rien de surprenant. Les prix étaient survendus et murs pour un rebond. L’incertitude qui persiste concernant les conditions météo des prochaines semaines ajoute une touche de support aux prix. Cependant, si les conditions demeurent favorables, on ne peut encore exclure que de nouveaux creux ne soient pas encore atteints.
