Depuis les sommets atteints suite à la publication du rapport mensuel « surprise » du USDA le 11 mai dernier, le marché des grains reste élevé, mais fragile. S’il est vrai que la tendance saisonnière à Chicago propose généralement des sommets plus tard en juin, certains commencent à croire que ceux-ci pourraient très bien avoir déjà été atteints.
En date de dimanche dernier, 22 mai, la progression des ensemencements américains a révélé un ralentissement après un début de saison au-dessus des normales : 86% dans le maïs (moy. 5 ans 85%), 56% dans le soya (moy. 5 ans 52%) et 95% dans le blé de printemps (moy. 5 ans 77%).
Certains peuvent y voir matière à s’interroger, surtout dans la portion est du Midwest où des retards sont à signaler. Ceci aura d’ailleurs contribué à stimuler timidement le marché du maïs qui a tenté de nouveau sa chance au-dessus de 4,00 $US/boisseau aujourd’hui (CàT juillet 16).
Cependant, un peu de recul sur ces chiffres permet de conclure qu’au bas mot, rien de spécialement inquiétant n’est vraiment à signaler pour animer davantage les prix à Chicago, surtout avec le rallye des dernières semaines que l’on sait.
L’attention des marchés se porte ainsi sur le grand inconnu qui demeure : les conditions météo d’ici les récoltes américaines. Et, avec El Nino qui tire tranquillement à sa fin, les différentes rumeurs et hypothèses sur l’arrivée prématurée de La Nina dès juillet/août, en pleine pollinisation pour le maïs et par la suite le remplissage des gousses pour le soya, sont légion. Difficile de ne pas lire présentement une seule nouvelle ou commentaire d’un analyste commenté à ce sujet. Rappelons que La Nina est notamment reconnue pour occasionner des conditions anormalement sèches dans plusieurs régions clés de production aux États-Unis.
La semaine dernière, le NOAA a ajouté un peu d’huile sur le feu avec ses prévisions à long terme juin à août qui proposent des températures anormalement chaudes pour pratiquement l’ensemble du territoire américain à l’exception du centre des Plaines américaines, avec des précipitations cependant dans la normale. Ce n’est pas La Nina, mais ce n’est certainement pas non plus des conditions qui ne laissent pas entrevoir la possibilité de sècheresses.

Prévisions de températures aux États-Unis de juin à août 2016
Techniquement, le marché du soya à Chicago a écarté ce lundi sa tendance haussière amorcée en avril dernier. De son côté, celui du maïs résiste encore, avec possibilité d’un double sommet à confirmer. Dans les deux cas, si aucun imprévu météo ne voit rapidement le jour dans les prochaines semaines, le comportement des derniers jours vient appuyer l’hypothèse que des sommets plus définitifs auraient été atteints.
Signalons que du côté du soya, il faut garder un œil sur le marché du tourteau qui demeure encore sur des bases haussières solides. Un passage au-dessus de la résistance psychologique de 400 $US/TC viendrait sans aucun doute offrir un regain dans l’ensemble du complexe du soya.
Le marché du blé à Chicago reste de son côté très fragile, mais tente de trouver un nouveau support sur lequel s’appuyer présentement.
Les dernières prévisions météo proposent d’importantes averses pour les deux prochaines semaines dans le sud des Plaines américaines, et le risque de dommages et maladies soulève des interrogations. La marge reste cependant encore pour l’instant très mince avant que de nouveaux creux pour 2016 soient atteints. Il sera sans aucun doute difficile pour les prix de garder le cap si les marchés du maïs et soya venaient à lâcher prise.
