Nouvelle

Les problèmes de fond qui affectent le marché du grain

15 septembre 2007,

Grainwiz: Actualité et opinions. Maïs et soya

Le CBOT a fini la journée à la hausse. Pour les contrats venant à échéance en septembre 07, les prix du maïs ont clôturés à 3.364 $ US, ceux du soya à 9.410 $ US.

La session fut l'une des preuves que la hausse des prix du grain n'est pas nécessairement un signe que tout va bien. En tous cas, l'augmentation des cours du maïs n'est survenue que vers la fin de la journée. D'ailleurs, en lisant les nouvelles concernant le grain, on constate que plusieurs estiment que la performance des prix du soya aurait pratiquement été son seul stimulant. C'est difficile à croire. Il y a pourtant une réalité qui se cache derrière tout ceci.

La spéculation motivée par le manque mondial de blé et la forte demande pour les biocarburants sont sans doute mieux placés. Comme facteurs positifs, il expliquent assez bien pourquoi le marché persiste à monter.

Certes, plusieurs diront que les facteurs comme la chute des températures et le mauvais temps qui affectent actuellement plusieurs régions du Midwest, qui risquent de retarder le processus des récoltes, ont aussi joué en faveur de la hausse des prix.

Il est vrai également que si ces retards se concrétisent en pertes de production, les nouveaux estimés (en baisse) récemment fournit par le USDA, soit les 71.2 millions de tonnes prévus pour la production américaine de 2007, pourraient encore chuter.

Mais même si cette possibilité est intéressante, la baisse de l'offre américaine risque d'être réduite. Durant la journée, la NOPA a expliqué qu'en août dernier les meuniers américains n'avaient moulu que 3.7 millions de tonnes. Or, le marché s'attendait à au moins 3.8 millions de tonnes. Autrement dit, en un mois, la demande de soya transformé aurait diminuée.

Il faut également tenir compte de la concurrence étrangère. Agroconsult, une firme de consultants brésiliens, a annoncé que la production brésilienne de soya 2007/2008 pourrait atteindre 63.6 millions de tonnes. Si ses chiffres sont exacts, ça signifie que les Brésiliens pourraient dégager un autre record de production. C'est que l'an passé, il avaient produit 58.6 millions de tonnes.

Le pire est que même si les prévisions d'Agroconsult manquent de précisions, au début de ce mois-ci, CONAB, l'équivalant brésilien d'Agriculture et agroalimentaire Canada, mentionnait que selon ses estimés, les Brésiliens pourraient produire 62 millions de tonnes.

En d'autres termes, si l'offre américaine de soya baisse, ce sera certainement bénéfique pour les Brésiliens. Avec leur production actuelle, ceux-ci auront sans doute moins de concurrents à affronter.

Évidemment, les choses auraient pu être plus graves si les Américains se dirigeaient eux aussi vers une surproduction de soya. Mais ce qu'on dit c'est qu'à cause de la présence du risque de surproduction brésilienne, au CBOT, les prix du soya ne devraient pas trop grimper.

Les tendances :Par les temps qui courent, à Chicago, les spéculateurs sont toujours très présents. Pour eux, si le marché du grain américain demeure intéressant, on doit se méfier et surtout considérer qu'ils omettent plusieurs éléments importants.

Il y a actuellement trop de problèmes à considérer. D'abord, le risque de surproduction de maïs américain demeure inquiétant.

Ensuite, du côté des oléagineux (soya), la diminution de l'offre américaine ne veut pas nécessairement dire une baisse de l'offre mondiale. Au contraire, personne ne peut ignorer la menace de l'offre brésilienne. C'est que si la production américaine de 2007 semble chuter, celle des brésiliens devrait faire plus que compenser.

Non seulement, cette dernière serait parfaitement capable de combler la demande mondiale, elle pourrait littéralement écraser les prix. L'idée que les Américains produisent moins de soya ne fait que ralentir la chute des prix ; elle ne l'arrête certainement pas.

C'est inquiétant. Étant donné les circonstances actuelles, il faudrait pratiquement espérer que la pénurie mondiale de blé s'accentue et que la demande en biocarburants (éthanol) augmente davantage. Autrement, pour nos voisins du Sud, il sera probablement plus dur d'écouler les prochaines réserves de grain.

À notre avis, à court terme, si la tendance au marché est incertaine, elle l'est tout autant à long terme. Présentement, ce que l'on observe le plus à la Bourse de Chicago, c'est une spéculation motivée par une vision très courte. En cherchant les gains rapides les « spec.» ont l'air d'ignorer certains facteurs négatifs importants. Alors prudence...


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