Nouvelle

Nouvelle vague à la baisse pour le marché des grains

24 février 2016,

Le début de semaine aura été plus difficile pour les prix des grains, spécialement celui du blé qui, à Chicago, s’est enfoncé davantage avec un nouveau creux inégalé depuis la fin juin 2010 à 4,46 $US/boisseau.

Pour le moment, ceux du soya et du maïs à Chicago demeurent la tête hors de l’eau, avec des niveaux de prix qui restent au-dessus de leurs récents creux. Même si les incertitudes de la prochaine saison aux États-Unis commencent à prendre tranquillement leur envol, à ce stade-ci, rien n’est impossible et ne permet d’exclure que de nouveaux creux ne seront atteints avec les quantités importantes actuellement disponible que l’on sait.

Demain et vendredi, le Agricultural Forum Outlook (Forum des perspectives agricoles) du USDA présentera de nouveaux chiffres sur les intentions d’ensemencements américains. La faveur actuelle des marchés c’est que plus de superficies seront semées cette année aux États-Unis et que, par ricochet, il faut s’attendre aussi à plus de maïs de semé. Un sondage réalisé par Reuters propose en moyenne 89,6 millions d’acres dans une fourchette de 88,5 à 91 millions d’acres, comparativement à 88 millions d’acres en 2015. Si les conditions météo le permettent, une autre récolte américaine importante pourrait donc avoir lieu en 2016, rien pour supporter un marché du maïs déjà très bien desservi.

La nervosité des marchés est également bien palpable du côté de la situation en Amérique du Sud. Outre quelques inondations anecdotiques signalées à la fin de la semaine dernière en Argentine, dans l’ensemble, les conditions des cultures et la progression des récoltes permettent encore tous les espoirs de voir d’excellentes récoltes autant de maïs et de soya. En ce sens, le sentiment des marchés est d’ailleurs qu’il ne faudrait pas s’étonner de voir les projections de récoltes actuelles être revues à la hausse.

Rappelons qu’actuellement, le USDA prévoit une récolte record de soya pour le Brésil de 100 millions de tonnes, et la 2e en importance à plus de 58 millions de tonnes pour l’Argentine. Certains n’excluent pas que celle de l’Argentine puisse atteindre encore 60 millions de tonnes. Du côté du maïs, le USDA prévoit aussi des record pour le Brésil et l’Argentine de respectivement 85 et 27 millions de tonnes.

Pour le moment, en l’absence d’incertitudes concrètes entourant la saison américaine à l’horizon, et avec toujours de très importantes quantités de grains de disponibles, la situation semble donc de nouveau se corser.

Mentionnons que les spéculateurs semblent de nouveau moins confiants de voir les prix grimper. Même s’ils détiennent actuellement déjà de fortes positions nettes vendues dans les grains, le sentiment d’inquiétude généralisé dans le marché des commodités par le recul du prix du pétrole les invite à s’investir de nouveau à la baisse.

Il faut surveiller aujourd’hui de très près le rapport hebdomadaire de l’EIA (Energy Information Administration) concernant la production d’éthanol aux États-Unis. Depuis de nombreuses semaines, la production d’éthanol reste soutenue, avec une utilisation de maïs supérieur au rythme nécessaire pour atteindre la prévision actuelle du USDA pour l’année 2015-16. Mais, les stocks d’éthanol gonflent dangereusement et de plus en plus d’analystes s’interrogent sur leur niveau qui, la semaine dernière, a atteint un sommet historique de 23,22 millions de tonnes.

À surveiller également ce jeudi et vendredi, les chiffres que proposeront finalement les nouvelles projections du USDA sur les superficies qui seront semées cette année aux États-Unis lors du Agricultural Outlook Forum. Rappelons qu’officiellement, c’est plutôt le rapport du 31 mars prochain sur les intentions des ensemencements américains qui propose des chiffres plus solides, puisqu’il s’agit d’un sondage auprès des producteurs et non de projections. Mais, les chiffres de cette semaine seront une nouvelle base sur laquelle les marchés pourront s’appuyer davantage pour envisager la prochaine année. En ce sens, il faudra donc être très attentif.


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