Suivant la publication du rapport mensuel mardi dernier, les prix des grains à Chicago seront parvenus depuis à amortir leur récente chute amorcée la semaine dernière. Celui du soya sera même parvenu à gagner du terrain, bien qu’il reste pour le moment sous son récent sommet au-dessus de 8,88 $US/boisseau (CàT Mars 16).
La situation reste cependant difficile pour les prix, avec peu d’éléments pour les propulser à la hausse, et une marge qui demeure très mince avec les creux de janvier dernier.
Du côté des chiffres d’exportations américaines de grains, les résultats hebdomadaires de cette semaine restent fidèles à eux-mêmes de semaine en semaine. Ceux de maïs et blé ont déçu, alors que ceux de soya gardent le cap.
Maïs : Ventes de 405 000 tonnes, sous les attentes des marchés. Au cumulatif, c’est 58,8% de la prévision d’exportations totales de maïs américain du USDA pour 2015-16 qui a été atteint, versus 71,6% en moyenne depuis cinq ans pour cette période-ci.
Soya : Ventes de 666 800 tonnes, dans les attentes les plus élevées des marchés. 89,7% de la prévision du USDA a été atteinte à ce jour versus 90,5% en moyenne depuis cinq ans. Il faut que les ventes américaines soient en moyenne de 157 400 tonnes par semaine d’ici le 30 août prochain pour atteindre la prévision du USDA. La grande inquiétude persiste, est-ce que l’accélération des récoltes en Amérique du Sud viendront prochainement faire fondre les exportations américaines de soya…
Blé : Ventes de 263 300 tonnes, dans les attentes des marchés. Il faudrait cependant qu’elles soient plus fermes pour rattraper le retard. Au cumulatif, 80,8% de la prévision du USDA a été atteinte versus 82,8% en moyenne depuis cinq ans.
Heureusement, la récente faiblesse du dollar américain propose un certain support aux exportateurs américain, confortant par la même occasion les marchés que les exportations américaines pourraient encore se raffermir.
Hier, l’EIA (Energy Information Administration) a présenté son rapport hebdomadaire sur l’énergie aux États-Unis. Ce dernier réitère que la production américaine d’éthanol demeure intéressante et supérieure au niveau de l’an dernier. C’est une bonne nouvelle, qui a été toutefois assombrie par le gonflement des stocks d’éthanol américain qui se poursuit et ont atteint un nouveau sommet historique de près de 23 millions de barils. La dernière fois que des inventaires américains d’éthanol ont été aussi élevés remonte à l’hiver 2012.

Côté sud-américain, les récentes précipitations en Argentine ont grandement calmé le jeu et, pour l’ensemble de l’Amérique du Sud, les conditions se veulent favorables aux cultures. Au Brésil, la récolte est maintenant complétée à 8%, un niveau comparable à l’an dernier et la moyenne des cinq dernières années.
Beaucoup d’encre à coulé dernièrement au sujet de la fin d’El Nino, et d’un passage par la suite à La Nina. Rappelons que le phénomène météo de La Nina n’est généralement pas favorable aux cultures aux États-Unis, celui-ci occasionnant souvent des conditions anormalement sèches qui nuisent aux cultures.

De l’avis de Drew Lerner de Wolrd Weather inc., les chances que La Nina prenne forme cet été, en plein pendant les périodes critiques de développement des cultures de maïs et soya, sont cependant loin d’être sûr.
