Après un début de semaine un peu plus difficile hier, les prix des grains ont repris un peu de tonus aujourd’hui. Comme c’est le cas depuis un certain temps, les nouvelles ne sont pas outre mesure positives. Mais, les prétextes pour justifier un nouveau recul plus marqué des prix ne sont pas nombreux non plus. Comme on sait, les fonds spéculatifs ont également encore un surplus de poids du côté « vendu » de l’équation, ce qui offre d’autant un support supplémentaire aux prix présentement.
Hier, aucune étincelle du côté des chiffres hebdomadaires d’inspection à l’exportation de grains américains.
Celles de maïs ont été de 681 807 tonnes, dans les attentes des marchés (550 000 à 700 000 tonnes). Au cumulatif, à 26,8% de la prévision d’exportation totale pour cette année, ils affichent ainsi toujours un retard important versus la moyenne des cinq dernièrse années de 37,5%.
Les inspections hebdomadaires de soya américain ont été de leur côté de 1,153 millions de tonnes, ici aussi dans les attentes des marchés (950 000 à 1 250 000 tonnes). Au cumulatif, ils ont atteint 65,4% de la prévision d’exportation 2015-16 du USDA versus en moyenne 68,4% pour cette période-ci.
Pour leur part, les inspections des exportations de blé américain ont été de 281 936 tonnes, à nouveau dans les attentes des marchés (200 000 à 350 000 tonnes). Au cumulatif, elles sont à 61,4% de la prévision d’exportations totales de blé que prévoit le USDA ; la moyenne des cinq dernières années étant de 63%.
Côté météo, la mauvaise nouvelle pour les prix du maïs et soya pour débuter la semaine sera survenue du côté de l’Argentine. Depuis maintenant quelques semaines, les conditions se révèlent excessivement sèches dans le cœur de la région de production agricole du pays. On rapporte même des dommages irréversibles dans certains champs. À la fin de semaine dernière, la nervosité des marchés était d’ailleurs bien palpable à ce sujet.

Mais, depuis hier, le vent semble vouloir tourner pour les producteurs argentins, avec des probabilités de précipitations plus importantes de l’ordre de 10-20% supérieur à la normale pour les prochains jours. Il reste à voir cependant si ce sera suffisant pour contré les effets des conditions sèches qui affectent présentement les cultures.
Le dernier rapport mensuel de transformation et trituration de grains aux États-Unis (Grain Crushings and Co-Products Production) publié hier en fin de journée n’a pas été pour sa part spécialement positif non plus :
- 444,5 millions de boisseaux (12,10 MTM) de maïs ont été utilisés pour la fabrication d’éthanol en décembre, 2,2% de plus qu’en novembre dernier, mais 2,5% de moins qu’en décembre l’an dernier.
- Les chiffres de soya ont été un peu plus intéressants, avec 167,027 millions de boisseaux de triturés en décembre (4,55 MTM). C’est -0,4% de moins que ce que prévoyaient les marchés, bien que +0,75% de plus qu’en novembre dernier. Pour certains, il semble de plus en plus plausible que le USDA réajuste maintenant de nouveau à la baisse sa prévision de trituration totale de soya pour cette année.
Du côté du marché du blé, mentionnons que les dernières conditions météo se veulent toujours propices aux cultures de blé d’hiver en cours aux États-Unis. Une bonne couche de neige vient tout juste de couvrir les cultures dans les Prairies, juste à temps pour les protéger de la prochaine vague de froid à l’horizon.
Selon le dernier rapport sur l’état des cultures de blé d’hiver américain, on note pour janvier dans la catégorie « bon à excellent »:
- Une amélioration de 1% à 55% au Kansas
- Une détérioration de 3% à 74% en Oklahoma
- Une détérioration de 6% à 55% au Texas
- Une amélioration de 7% à 65% en Illinois
Techniquement, à Chicago, les marchés du maïs et soya seront parvenus à écarter leur tendance baissière des derniers mois. Ils font maintenant face à de bonnes résistances à surveiller autour de 3,80 $US/bo (CàT mars 16) pour le maïs, et autour de 8,88-8,90 $US/bo (CàT mars 16) pour le soya.
Comme toujours, le marché du blé à Chicago fait bande à part. Bien qu’il soit parvenu à défier la tendance baissière des derniers mois, il peine toujours à s’en dissocier définitivement, avec une résistance à surveiller à 4,8450-4,85 $US/boisseau (CàT mars 16).

