Après avoir repris du tonus suivant la publication des rapports importants du USDA du mardi 12 janvier dernier, le marché des grains est sur le neutre.
Rappelons que pour l’essentiel, ces rapports du USDA se voulaient légèrement positifs:
- Une récolte américaine de maïs moins importante que prévu, mais aussi une révision à la baisse aux États-Unis de l’usage domestique et des exportations de sorte que les stocks de fin 2015-16 grimpent de près de 1%.
- Récolte américaine de soya également moins importante qui, malgré des exportations ajustées à la baisse, fait en sorte que les stocks de fin d’année 2015-16 sont ajustés en baisse de plus de 5%.
- Stock de fin 2015-16 de blé américain en hausse de plus de 3% à 941 millions de boisseaux.
- Aucun changement dans les prévisions de récoltes sud-américaines (Brésil et Argentine) de maïs et soya prévu à des sommets, voire même record dans certains cas.
- Stocks mondiaux de fin 2014-15 de maïs et soya ajusté à la baisse à respectivement 208,9 et 79,3 millions de tonnes.
- Hausse des stocks mondiaux de blé à 232,0 millions de tonnes.
- Stocks trimestriels de maïs, soya et blé américain au 1er déc. à des sommets.
- Ensemencements de blé d’hiver les plus faibles aux États-Unis depuis 2010, en baisse pour une 3e année consécutive.
Aujourd’hui, le rapport hebdomadaire des exportations et ventes à l’exportation de grains américains a été conforme aux attentes des marchés pour les ventes de maïs à 669 200 tonnes, un niveau qui dépasse légèrement celui nécessaire pour atteindre la prévision d’exportations totales de maïs du USDA pour 2015-16.
Les ventes à l’exportation de soya ont été très intéressantes de leur côté à plus de 1 million de tonnes et bien au-dessus du niveau nécessaire pour atteindre la prévision d’exportations totales du USDA pour 2015-16.
À l’opposé, mais sans grande surprise, les ventes à l’exportation de blé américain ont par contre été décevantes à 274 700 tonnes, un niveau sous celui nécessaire pour atteindre la prévision d’exportation du USDA 2015-16.
Hier, le rapport de EIA (Energy Information Administration) a fait à nouveau état d’une forte production américaine d’éthanol la semaine dernière à plus de 1 million de barils par jour. Ceci aura été cependant contrecarré par les stocks d’éthanol qui continuent aussi de gonflé semaine après semaine, passant à 21,34 millions de barils, le plus haut niveau atteint depuis avril l’an dernier et une hausse de près de 17% depuis le creux atteint à la fin octobre dernier.
La publication des rapports du USDA de mardi dernier ont eu le mérite de calmer le jeu dans un contexte qui demeure très lourd avec des stocks et une offre très importante de grains pour amorcer 2016.
Face à ce contexte difficile, rappelons que les fonds spéculatifs détenaient en début de semaine de fortes positions vendues, ceux-ci misant de la sorte sur un recul supplémentaire des prix pour engranger des profits. Généralement, ce type de contexte de marché se veut propice à des rebonds importants des prix; les fonds spéculatifs étant prompts à réagir à la moindre nouvelle positive avec des couvertures de positions.
En ce sens, les rapports du USDA légèrement positifs ne semblent pas été avoir suffisant pour les forcer à brusquement se couvrir et propulser à la hausse les prix au passage. Au mieux ont-ils calmement couvert certaines positions. Ceci illustre bien la lourdeur actuelle du marché et le manque d’élément concrètement positif pour alimenter davantage un retour définitif à la hausse.
Soulignons que pour l’heure, très peu d’incertitudes météo maintiennent également en suspens les marchés.
Depuis la période des Fêtes, les conditions en Amérique du Sud se veulent beaucoup plus intéressantes et garantes de récoltes à nouveau très intéressantes cet hiver. Du côté des cultures de blé d’hiver, celles aux États-Unis n’ont pas été spécialement menacer, si ce n’est avec les inondations importantes le long du Mississippi. Même son de cloche du côté de la Mer Noire, bien que certains soulignent toujours le couvert de neige insuffisant dans plusieurs régions en Ukraine.
Toute la question est davantage à savoir dans les prochaines semaines que voudront bien semer les producteurs avec des prix aussi faibles? Le débat est ouvert et, en ce sens, certains estiment que ce pourrait bien être là matière à justifier que les prix puissent maintenant avoir atteint des creux plus définitifs maintenant que les rapports très attendus du USDA de janvier ont été publiés.
Techniquement, on note que les prix semblent tous s’appuyer à Chicago sur des bases plus solides, le maïs à 3,50, le soya à 8,50 et le blé à Chicago à 4,55 $US/boisseau. Par contre, le comporte des prix des derniers rappelle aussi que pour le moment, le potentiel à la hausse reste encore très léger.

