Nouvelle

À la mi-semaine, les marchés des grains tentent de freiner leur chute

06 janvier 2016,

La nouvelle année n’a pas été facile pour les prix des grains jusqu’ici. Le prix du maïs à Chicago a atteint un nouveau creux aujourd’hui très près de 3,50 $US/boisseau. Celui du blé n’est pas en reste avec un creux lui aussi lundi dernier à 4,56 $US/boisseau. Seul le marché du soya montre un peu plus de résilience face au sentiment négatif général qui se dégage des derniers jours.

Heureusement, jusqu’à présent, il semble que les marchés aient rapidement trouvé matière à ne pas trop brusquement écraser les prix, ceux-ci s’appuyant maintenant sur des supports un peu plus importants.

La semaine prochaine, le USDA présentera une série de rapports importants les mardis 12 et mercredi 13 janvier :

  1. Sommaire annuel de la production américaine de grandes cultures
  2. Niveau trimestriel des stocks de grains aux États-Unis au 1er décembre
  3. Rapport mensuel du USDA d’offre et demande
  4. Ensemencements annuels de blé d’hiver aux États-Unis

Avec plusieurs nouvelles informations à se mettre sous la dent, et possiblement quelques surprises à encaissé à ce moment, il ne faudrait pas s’étonner de voir les marchés se mettre davantage sur la défensive d’ici là. 

Selon la firme d’analyse Allendale, il faut s’attendre à ce que le USDA revoie à la baisse la récolte américaine de maïs de 28 millions de boisseaux à 13,626 milliards de boisseaux. Par contre, malgré une consommation domestique record de maïs à l’automne dernier, les faibles exportations américaines font en sorte que les stocks grimperaient encore de 17 millions de boisseaux à 1,797 milliards de boisseaux.

Toujours selon Allendale, la dernière récolte américaine de soya se verrait pour sa part gonflée de nouveau de 3,981 à 3,983 milliards de boisseaux. Les inventaires américains de soya s’en trouveraient ainsi augmenté à 474 millions de boisseaux, le plus haut niveau depuis 2006-07.

Enfin, la firme d’analyse prévoit également une hausse des stocks américains de blé de 911 à 925 millions de boisseaux.

En début de semaine, le CFTC (Commodity Futures Trading Commission) a présenté son rapport hebdomadaire sur la position des spéculateurs dans les marchés. Or ce rapport révèle qu’au 29 décembre dernier, ceux-ci détenaient dans plusieurs cas leurs fortes positions vendues.

 

C’est le cas spécialement du soya et du blé à Chicago, tous deux à leur plus haut depuis plus d’un an. Les spéculateurs se montrent un peu moins investis à la baisse dans le maïs, bien qu’ils détiennent malgré tout leur plus forte position vendue depuis l’été dernier.

 Rappelons qu’il n’est pas rare, lorsque les spéculateurs prêchent par l’excès, de voir les prix bondir à la moindre nouvelle. Il ne faut donc pas s’étonner de déjà sentir davantage de méfiance à l’approche de journées clés la semaine prochaine qui pourraient contenir son lot de surprise.

Aujourd’hui, le rapport hebdomadaire de l’EIA (Energy Information Administration) aux États-Unis a révélé que la production d’éthanol aux États-Unis a terminé l’année 2015 en force, avec une production journalière de 996 000 barils/jour, un gain hebdomadaire de +0,40% et une hausse de près de 5% par rapport au niveau observé à pareille date l’an dernier. C’est une bonne nouvelle, mais insuffisant pour écarté le fait que les stocks d’éthanol américain continue aussi de s’accumuler, gagnant plus de 4,5% à 21,1 millions de barils. Les stocks américains d’éthanol ont donc gagné près de 3 millions de barils depuis leur creux atteint à la mi-octobre dernier.

Fondamentalement, les bonnes nouvelles restent donc encore très fragmentaires pour les grains, et certainement insuffisantes pour alimenter tout retour soutenu à la hausse. Par contre, l’approche des nombreux rapports du USDA la semaine prochaine ainsi que l’idée qu’une bonne proportion des mauvaises nouvelles ont déjà été encaissées dans le niveau actuel des prix suggèrent que les tenants d’un recul supplémentaire des prix se feraient plus rares pour l’instant. C’est d’ailleurs ce que suggère le comportement des prix depuis l’atteinte de leur creux des derniers jours.

Avec les fonds spéculatifs assis sur des positions fortement vendues, le moindre imprévu recèle même le potentiel de soulever les prix, bien qu’il soit difficile d’entrevoir de quel côté pourrait venir l’étincelle qui initierait une flambée.  

 

 

 

   

 

  


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