La dernière semaine n’aura pas été particulièrement facile pour les prix des grains qui jouent toujours dangereusement du yoyo avec leur prix plancher atteint dans les dernières semaines. Par contre, au net, la semaine a été positive : le maïs n’a reculé que de -0,75 à 3,7450 $US/boisseau, le soya a gagné +0,2175 à 8,9225 $US/boisseau et le blé à Chicago a perdu -0,0375 à 4,8675 $US/boisseau. Les marchés se montrent ainsi très hésitants à la baisse, maintenant que les récoltes américaines sont derrière nous.
Le cas du soya est particulièrement intéressant présentement. Beaucoup d’encre a coulé concernant le retrait de la taxe à l’exportation en Argentine ainsi que la dévaluation du péso argentin dans les derniers jours; un cocktail qui n’est pas particulièrement positif puisqu’il suggère une offre supplémentaire de soya dans le marché mondial à bon prix. Il semble cependant que les marchés se révèlent plutôt insensibles à cette éventualité négative pour le marché du soya, ceux-ci continuant plutôt de porter leur attention sur les conditions météo en Amérique du Sud.
De fait, la dernière semaine a réitéré le risque que certaines régions du Brésil n’obtiennent pas les récoltes escomptées. En raison du temps sec qui persiste, IMEA (l’institut agricole de la région de Mato Grosso) prévoit une récolte de l’ordre de 1 million de tonnes moins importante que prévu. Selon le dernier rapport sur l’état des cultures, ce serait 30% d’elles qui seraient dans un mauvais état présentement.

La région de Mato Grosso n’est pas la seule non plus à préoccuper, puisque la 4e plus importante région de production de soya au Brésil, celle de Goiás, pourrait aussi composer avec une baisse de production de près de 6% en raison du temps trop sec qui y est observé.
Aujourd’hui, pour terminer la semaine, le marché du soya aura pu compté également sur un rebond du marché du tourteau qui a atteint plus tôt cette semaine un nouveau creux inégalé depuis avril 2010 à Chicago sous 267 $US/TC, ainsi qu’un regain du côté du marché de l’huile de soya après cinq jours de recul.
Techniquement, le marché du soya a connu une semaine positive qui lui permet de nouveau d’envisager un retour au-dessus de la barre de 9,00 $US/boisseau, avec par la suite un 1er objectif à 9,08 $US/boisseau.
Le marché du maïs se révèle plus fragile. Les bonnes nouvelles se font toujours rares et, s’il est vrai que la production d’éthanol aux États-Unis roule à plein régime (1 million de barils/jour pour la semaine se terminant le 11 décembre), les stocks d’éthanol s’accumulent aussi et les marges des usines sont très minces malgré la faiblesse du prix du maïs. Les derniers chiffres hebdomadaires de ventes à l’exportation de maïs américaines n’ont pas été non plus particulièrement encourageants, alors qu’un retard toujours important de près de 24% par rapport à l’an dernier est constaté.
Sur une note plus positive, comme pour le soya, les marchés s’interrogent cependant de plus en plus du risque que posent les conditions sèches observées dans plusieurs régions sur la prochaine récolte brésilienne de maïs. Rappelons que le Brésil est respectivement le 3e et 2e plus important producteur et exportateur de maïs dans le monde.
Techniquement, la dernière semaine aura vu le marché du maïs mettre un terme à sa tendance haussière amorcée en novembre. Ce n’est pas positif. Cependant, l’incapacité du prix à Chicago à lâcher prise sous le niveau actuel déjà très faible suggère que les marchés ont déjà bien digéré la valse de mauvaises nouvelles des dernières semaines. Il reste à voir maintenant si des imprévus pourront le supporter à la hausse, ce qui est moins sûr.

