Après un début de semaine bien incertain, les prix des grains ont repris plus de vigueur depuis, ceux-ci dépassant dans tout les cas des résistances intéressantes à Chicago qui se veulent encourageantes.
Sans contredit, plusieurs voient dans le recul important du dollar américain d’aujourd’hui (-2,355 à 97,665 sur son Index) matière à optimisme pour les commodités agricoles américaines qui, il faut le dire, ont été bien malmenées par la vigueur du billet vert dans les derniers mois. Le sentiment à cet égard, est qu’un dollar américain fort freine dangereusement les exportations américaines, ce qui n’est d’ailleurs certainement pas étranger aux résultats jusqu’ici très décevants des exportateurs américains de grains.
Le maïs a terminé la journée à son plus haut niveau depuis la mi-novembre à 3,77 $US/boisseau (CàT Mars 16). Les derniers chiffres hebdomadaires de ventes américaines à l’exportation de maïs n’ont pas été particulièrement intéressants, à seulement 499 400 tonnes, un résultat sous les attentes des marchés (0,5 à 1,1 million de tonnes).
Hier, les chiffres de production hebdomadaire d’éthanol aux États-Unis n’ont pas été non plus très intéressants, à seulement 956 000 barils/jour versus un record établis la semaine précédente à plus de 1 million de barils/jour. Il s’agit de du plus faible niveau de production enregistrée depuis la fin octobre dernier.
Pour ne pas aider les choses, les stocks américains d’éthanol ont grimpé pour une 5e semaine consécutive à 20 millions de barils, le plus haut niveau depuis la mi-juin dernier, et un signal pour plusieurs que les consommateurs seraient moins au rendez-vous.
Sur une note plus encourageante, l’idée que la fin d’El Nino entrainera des conditions anormales sèches au printemps prochain dans le Midwest américain fait du chemin. Combiné à un manque de ventes des producteurs américains qui se poursuit toujours, il semble pour l’heure qu’un bon support à 3,56 $US/boisseau ait été atteint.
Le marché du soya poursuit de son côté sa croisade pour une deuxième semaine de gain hebdomadaire intéressant, celui-ci étant parvenu à franchir une résistance plus importante à 8,90 $US/boisseau (CàT Janvier 15) pour maintenant tenter sa chance à 9,00 $US/boisseau pour la 1re fois depuis la fin octobre dernier.
À l’image du maïs, les derniers chiffres hebdomadaires de ventes de soya américain ont été décevants à 878 300 tonnes, alors que les anticipations étaient un peu plus optimistes de 0,8 à 1,2 million de tonnes. Par contre, bien que les dernières prévisions restent essentiellement favorables aux cultures en Amérique du Sud, une certaine nervosité grandissante semble faire surface concernant certaines régions du Brésil plus sèches.
Techniquement, le marché du soya à Chicago conserve un bon momentum, appuyé par une tendance à court terme haussière intéressante qui lui aura permis de maintenant tenté sa chance de nouveau à 9,00 $US/boisseau. Le fait qui terminerait la semaine au-dessus de cette résistance clé serait sans aucun doute un signal bien accueilli par les marchés que les creux de la récolte seraient derrière nous. Par la suite, il faudra surveiller un prochain objectif à l’approche de 9,20 $US/boisseau (CàT Janvier 16).
Le marché du blé à Chicago aura pour sa part profité d’un rebond très intéressant et prometteur aujourd’hui, clôturant la journée tout juste à sa résistance à l’approche de 4,80 $US/boisseau (CàT Mars 16). Les ventes hebdomadaires à l’exportation de blé américain n’ont pas été particulièrement excitantes à 392 200 tonnes, alors qu’au cumulatif elles affichent toujours un retard de près de 15% comparativement au niveau atteint à pareille date l’an dernier.
Par contre, après des mois d’exportations américaines très décevantes, il semble que les marchés aient vu d’un très bon œil le revers abrupt du dollar américain à la baisse, comme quoi les exportateurs américains pourraient maintenant s’avérer plus compétitifs sur les marchés internationaux.
Sur le contrat à terme courant de mars 16, techniquement, le marché du blé à Chicago n’a cependant pas encore démontré de manière concrète qu’il était maintenant mûr pour un rebond plus marqué. Il faudra en ce sens surveiller davantage sa fermeture ce vendredi.

