Nouvelle

Le marché du soya garde le cap, ceux du maïs et blé demeurent fragiles

01 décembre 2015,

Début de semaine très tranquille pour le marché des grains, le soya faisant bande à part en quête d’une deuxième semaine plus prometteuse.

Hier, l’EPA (Environmental Protection Agency) a finalement présenté sa mise à jour sur ses standards d’usage minimum de biocarburants aux États-Unis. 

EPA - Final Renewable Fuel Standards for 2014, 2015 and 2016, and the Biomass-Based Diesel Volume for 2017

 

L’instance américaine a décidé de fixer les volumes de carburants renouvelables à (milliards de gallons) : 16,28 pour 2014, 16,93 pour 2015 et 18,11 pour 2016. C’est un peu plus que prévoyaient les analystes. 

Pour l’éthanol, c’est donc 14,5 milliards de gallons pour 2015 et 2016, plus que ce qui avait été proposé en mai, mais moins que l’objectif de 15 milliards de boisseaux qui avait été fixé il y a quelques années en 2007.

Selon les différents analystes, il faut prévoir de la sorte une consommation de maïs de l’ordre de 5,179 à 5,3 milliards de boisseaux (131,5 à 134,5 MTM) pour la prochaine année. La prévision actuelle du USDA est de 5,175 milliards de boisseaux (131,45 MTM), alors que celle de la dernière année a été de 5,209 milliards de boisseaux (132,3 MTM).

Cette annonce a été accueillie froidement, bien qu’elle ne soit pas mauvaise outre mesure, avec un peu plus de maïs utilisé pour la fabrication d’éthanol pour la prochaine année. Les défenseurs d’un usage plus important d’éthanol ont été déçus, ceux-ci clamant que les objectifs n’étaient pas assez ambitieux pour offrir un support concret à l’industrie des biocarburants, et par ricochet aussi aux producteurs agricoles.

Le marché du maïs n’a lui-même sommes toutes que très peu réagit à cette annonce. Le manque de vente des producteurs américains, de pair avec un peu d’optimisme concertant les perspectives de consommation, offre toujours un certain support aux prix à Chicago. Par contre, les quantités importantes de maïs actuellement disponible proposent encore très peu de potentiel haussier dans le marché. Techniquement, on sent très bien la lourdeur qui persiste dans le marché du maïs, avec une bonne résistance toujours en place autour de 3,74 $US/boisseau (CàT mars 15) qui aura eu cependant le mérite d’être remise timidement en question aujourd’hui.

Du côté du soya, peu de nouveau sous le soleil. Par contre, le manque de ventes des producteurs américains, mais surtout, les conditions météo en Amérique du Sud offre un certain support grandissant.

À proprement parler, les conditions météo au Brésil demeurent essentiellement favorables. Sauf que certains commencent à s’interroger sur les régions de production les plus au nord-est, où les sols asséchés restent source de préoccupation.

Ceci semble avoir eu le mérite de conforter davantage les marchés dans leur décision de s’intéresser un peu plus au soya depuis maintenant une semaine. Techniquement, une tendance haussière à court terme a d’ailleurs distinctement pris forme, avec la rupture d’une 1er résistance intéressante (CàT Janvier 16) 8,675 $US/boisseau jeudi dernier, et maintenant une 1re tentative de briser celle plus importante à plus de 8,90 $US/boisseau.

Le marché du blé à Chicago reste pour sa part en difficulté. Hier, le USDA n’a pas aidé les choses en révélant une amélioration des cultures de blé d’hiver aux États-Unis qui sont passé de 53 à 55% dans la catégorie « bonnes à excellentes », un niveau pratiquement comparable à la même période l’an dernier (58%).

Le rapport hebdomadaire des inspections des exportations américaines de blé a aussi réitéré le contexte toujours très décevant d’exportations américaines de cette année, avec seulement 275 000 tonnes de blé d’inspectées, et un retard cumulatif non négligeable qui s’établit à près de 16% versus l’an dernier.

Techniquement, le marché du blé à Chicago est toujours sous l’emprise de son canal baissier amorcé au début novembre dernier. La conviction des marchés n’est pas particulièrement forte à la baisse pour autant, mais ne propose pas non plus pour l’instant de signaux qu’un retour à la hausse plus intéressant est à prévoir.

 

 

 

 

 

 


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