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Les prix des grains hésitent toujours, celui du soya reste sous pression

24 septembre 2015,

Les derniers jours auront été intéressants pour les marchés du maïs et blé qui, tranquillement, reprennent les devants avec un début de tendance haussière en formation (sur Chicago). À l’opposé, celui du soya reste toujours en difficultés, tentant tant bien que mal d’éviter présentement de s’enfoncer davantage vers de nouveaux creux inégalés depuis 2009.

Hier, l’EIA (Energy Information Administration) a présenté son rapport hebdomadaire sur la production et les stocks d’éthanol aux États-Unis qui ont été respectivement en baisse de 961 000 à 938 000 barils/jour et en hausse de 18,29 à 18,90 millions de barils. Après avoir touché un creux pour 2015, les stocks d’éthanol ont ainsi bondi avec une baisse de la production, une combinaison jugée négative puisqu’elle suggère au bas mot moins de consommation.

Par contre, il faut demeurer prudent à l’égard de ces nouveaux chiffres, puisque ce seront les semaines à venir qui permettront (ou non) de tracer une nouvelle tendance et en tirer par la suite de nouvelles conclusions.

Aujourd’hui, le USDA a de son côté présenté comme chaque semaine son rapport sur les exportations américaines de grains. Selon ce dernier, celles de maïs ont été de 426 300 tonnes, ce qui est loin d’être remarquable et sous les attentes des marchés (550 000 à 750 000 tonnes). À ce jour, les ventes « ouvertes » à l’exportation américaine de maïs affichent toujours un retard important de 31% par rapport à l’an dernier, rappelant ainsi que la compétition reste forte sur les marchés internationaux, et que la fermeté du dollar américain n’aide en rien les exportateurs américains.

Les nouvelles sont par contre plus encourageantes du côté des exportations américaines de soya, avec des ventes 1,316 million de tonnes, un résultat qui a dépassé les attentes des marchés (1,0 à 1,2 million de tonnes). Tranquillement, les ventes américaines à l’exportation affichent ainsi un peu plus de fermeté, bien que ce soit encore trop peu pour compenser le retard important actuel de 35% de retard des ventes « ouvertes » à l’exportation par rapport à l’an dernier.

Il sera intéressant de surveiller maintenant si la grève des agents de certification à l’exportation du gouvernement brésilien qui persiste depuis une semaine viendra changer la donne quelque peu dans les prochains rapports hebdomadaires américains. Par contre, soulignons que le Real brésilien a atteint de nouveaux creux dans les derniers jours, une situation qui devrait stimuler de son côté davantage les ventes à l’exportation brésilienne de soya.

Enfin, comme ce fût le cas à plusieurs reprises depuis juin dernier, les ventes hebdomadaires à l’exportation de blé américain ont été pour leur part d’un maigre 282 000 tonnes, un résultat dans les attentes les moins élevées des marchés.

Heureusement, la nervosité des marchés à l’égard des conditions excessivement sèche en Russie et en Ukraine pour les semis de blé d’hiver, ainsi que sèche également en Australie pour les cultures de blé en cours, offre toujours un support intéressant dans le marché. Aujourd’hui, le Conseil International des Céréales aura cependant rappelé amèrement que ce n’est pas de blé que manqueront les consommateurs dans le monde cette année, l’instance prévoyant des inventaires mondiaux de blé à un sommet inégalé en 29 ans.

Techniquement, les marchés du maïs et blé profitent toujours d’une tendance haussière prometteuse. Toutefois, plusieurs analystes rappellent que si le contexte semble prendre une tournure intéressante, le potentiel de hausse reste dans les deux cas très restreints à court terme avec la pression des récoltes américaines en cours, et des importantes quantités de stocks de disponibles pour les mois à venir.

De son côté, le marché du soya reste techniquement plus fragile, tentant de garder le cap dans sa tendance neutre amorcé depuis la fin août dernier, mais de justesse. Sur son échéance immédiate, celle de la récolte (novembre 15), il a clôturé mardi dernier à son plus bas depuis 2009 à 8,61 $US/boisseau. Il cherche depuis à se raffermir. Mais, l’importance de la récolte américaine en cours avec jusqu’ici peu d’imprévus pour la freiner, ainsi que les importantes quantités de soya sud-américain encore disponibles rendent difficile toute progression intéressante des prix. Seul élément positif s’il en est un, les marchés s’interrogent de plus en plus sur les conditions sèches observées dans certaines régions clés de production de soya au Brésil, alors que la saison n’en est qu’à ses débuts.  


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