Les prix des grains demeurent toujours en difficulté, alors que les marchés doivent toujours conjuguer avec un contexte lourd, et très peu de nouvelles positives à se mettre sous la dent.
Aujourd’hui, la firme d’analyse bien connue Informa Economics a ajouté une touche de négativité supplémentaire en proposant des prévisions de rendements et récoltes aux États-Unis qui corroborent les chiffres du USDA que nombre d’analystes remettent en doute depuis la publication de son dernier rapport mensuel le 12 août dernier.
Selon Informa, le rendement moyen à prévoir en maïs américain cet automne serait de 168,8 boisseaux/acre, ce qui est identique à la prévision du USDA, pour une récolte de 13,688 milliards de boisseaux (347,7 millions de tonnes). Dans le soya, la firme est même un peu plus optimiste que le USDA (46,9 bo./acre) avec une prévision de 47,0 boisseaux/acre pour une récolte de 3,924 (106,8 millions de tonnes); un second niveau record après l’an dernier.
Bien que nombre de producteurs américains rapportent qu’eux-mêmes doutent de ces chiffres, le dernier mot reviendra aux résultats finaux réels qui ne seront connus que dans quelques semaines. Dans l’intérim, le USDA présentera cependant sont rapport mensuel la semaine prochaine, et les marchés surveilleront à nouveau de très près les nouvelles prédictions du USDA, non seulement sur les rendements moyens à prévoir, mais surtout les superficies qui ont été cultivées et seront récolté. Rappelons qu’en août dernier, la Farm Service Agency, une division du USDA, a présenté ses propres chiffres sur les superficies cultivées/non cultivées, et que ceux-ci laissaient laissaient entendre de bien moindres superficies cultivées que ce que le USDA affirme présentement.
Sur une note plus encourageante pour le marché du soya, le USDA a présenté aujourd’hui des chiffres par contre plus prometteurs du côté des ventes américaines à l’exportation qui, pour la nouvelle récolte, se sont établies à 1,532 millions de tonnes, soit bien au-dessus des prévisions des marchés (700 000 à 900 000 tonnes). Une nouvelle vente très importante de 773 4000 tonnes pour la nouvelle récolte a aussi été enregistré ce matin.
Avec des prix qui sont à leur plus bas depuis des années, il semble donc bel et bien que les consommateurs commencent maintenant à s’activer davantage dans le soya, une bonne nouvelle pour la suite des choses dans les prochaines semaines/mois. Ceci est d’autant intéressant que beaucoup d’encre aura coulé à savoir si avec ses récents déboires économiques, la Chine continuerait d’importer et consommer autant de soya que par les années passées; comme quoi même si l’économie ne tourne plus à plein régime, les Chinois ne cesseront pour autant d’être friands de soya…
Ces bonnes nouvelles pour le marché du soya ne l’auront cependant pas pour autant empêcher de continuer de perdre du terrain à Chicago. Tout au plus en ont-elles freiné la chute aujourd’hui, alors que le prix du soya tente toujours d’éviter de nouveaux creux sans pour autant s’en tenir bien loin. Techniquement, mentionnons que la tendance reste à la baisse avec un support important à surveiller à 8,64 $US/boisseau (CàT novembre 15).
De son côté, le marché du maïs n’aura pu profiter de bonnes nouvelles aujourd’hui. En plus de la nouvelle prévision de bons rendements cette année aux États-Unis par Informa Economics, les ventes hebdomadaires américaines à l’exportation ont été à nouveau décevantes à 112 700 tonnes pour l’ancienne récolte (prévisions 0 à 200 000 tonnes) et seulement 328 300 tonnes pour la nouvelle récolte (prévisions 500 000 à 700 000 tonnes).
La compétition sur les marchés mondiaux pour le maïs demeure donc toujours bien présente et, avec de bonnes récoltes américaines à l’horizon, les marchés n’auront pas hésité cette fois-ci à laisser le prix courant du maïs (CàT septembre 15) clôturer à son plus bas depuis octobre l’an dernier à 3,4775 $US/boisseau; celui de la nouvelle récolte (CàT décembre 15) ayant terminé la journée à son plus bas sur cette échéance à 3,6150 $US/boisseau.
C’est sans nul doute le marché du blé qui aura été toutefois le plus malmené aujourd’hui à Chicago. Comme on sait, la compétition reste forte sur les marchés mondiaux et une récente appelle d’offres de l’Égypte à nouveau emportée par la Russie le confirment. Mais, Statistique Canada aura ajouté son grain de sel proposant des stocks canadiens de blé au 31 juillet de 7,1 millions de tonnes. C’est un recul notable de 32% par rapport au niveau observé à pareille date l’an dernier. Par contre, les marchés prévoyaient un recul plus important à en moyenne 5,1 millions de tonnes.
Techniquement, le marché du blé poursuit ainsi sous la pression d’une bonne tendance baissière qui l’aura forcé aujourd’hui à un nouveau creux inégalé depuis l’été 2010, avec une fermeture à 4,5650 $US/boisseau sur l’échéance de septembre 2015.
