Le marché des grains a démarré la semaine de mauvais pied, alors qu’aucune menace météo notable ne semble toujours se dessiner à l’horizon pour les cultures aux États-Unis.

En fin de journée hier, le USDA a présenté son rapport sur l’état et le développement des cultures aux États-Unis. Selon ce rapport, la condition des cultures de maïs demeure inchangée à 70% « bonne à excellente », l’an dernier à pareille date elles étaient de 73%. Il faut noter toutefois que la catégorie « excellente » a gagné un point à 18%.
Côté soya, les cultures ont pris du mieux de +1% à 63% dans la catégorie « bonne à excellente ». C’est certainement moins qu’à pareille date l’an dernier (71%), mais laisse entendre que le rendement à prévoir cet automne pourrait encore prendre du mieux alors que les cultures sont maintenant au stade clé du remplissage des gousses. Le développement lui-même des cultures de soya affiche aussi une avance significative à 54% versus la moyenne cinq ans de 49%.
Pour sa part, les cultures de blé de printemps aux États-Unis ont perdu un point dans leur condition dans la catégorie « bonne à excellente » à 70%. Rien cependant de particulièrement préoccupant. La récolte de blé d’hiver se poursuit de son côté très rapidement, celle-ci étant complétée à 93% versus la moyenne des cinq dernières années de 85%.
C’est donc toujours un contexte de plus en plus prometteur qui se dessine à l’horizon pour les récoltes américaines, une situation qui laisse pour le moment peu d’ouverture à la hausse pour le marché des grains.
Heureusement, les différentes nouvelles concernant la consommation restent positives. Hier le USDA a notamment présenté son rapport mensuel d’utilisation de maïs pour le mois de juin dernier qui révèle que 440,8 millions de boisseaux (11,2 millions de tonnes) de maïs ont été transformés en éthanol. C’est moins que les 450.2 millions de boisseaux de mai, mais tenant compte du nombre de jours pour chacun de ces mois, le ratio utilisation/jour a été plus important en juin.
Rappelons que dans le cas du soya, le dernier rapport du NOPA (National Oilseed Processors Association) pour juin a proposé pour sa part un niveau record de trituration pour un mois de juin. Reste à voir ce que ce rapport proposera pour le mois de juillet. Mais, dans les dernières semaines, la forte demande de soya signalé par plusieurs analystes et la fermeté de la base dans plusieurs régions américaines laissent entendre à nouveau un résultat prometteur pour juillet.
Seule ombre au tableau du côté consommation, la compétition reste forte sur l’échiquier mondial. Le Brésil a exporté 8,44 millions de tonnes de soya en juillet, comparativement à 6,04 millions de tonnes au cours du même mois l’an dernier. La Chine serait particulièrement active avec le Brésil, celle-ci profitant de la faiblesse du Réal brésilien et de la récolte record de cette année qu’il faut maintenant écouler.
Les récoltes de blé se poursuivent également dans plusieurs régions dans le monde, et jusqu’ici les rendements obtenus sont généralement meilleurs que ce qui était attendu en début de saison. De nouveau cette année, il faut donc s’attendre à ce que les exportateurs américains éprouvent des difficultés, avec une bonne compétition en provenance de la région de la mer Noire et de l’Europe et un dollar américain qui demeure pour le moment ferme.
Techniquement, les prix des grains sont toujours en difficulté et très fragiles. Le recul important des dernières semaines les aura ramenés là où ils avaient amorcé leur rallye météo en juin. Ils profitent maintenant de bons supports sur lesquels ils se sont appuyés pour amortir leur chute (pour les abonnés, voir section analyse technique dans la dernière édition de la lettre hebdomadaire), reste à voir si ces derniers parviendront ou non dans les prochains jours à tenir le coup. Le cas échéance, il ne restera plus qu’une marge très mince avant que les creux de juin dernier ne soient revisités.

