Nouvelle

Les États-Unis dans la flotte

18 juin 2015,

Le marché des grains reste bien supporté par les averses excessives (et inondation…) observées dans le Midwest américain. Avec les ensemencements qui ne sont pas complétés dans le soya, les prix de ce dernier continuent de prendre les devants et d’entrainer dans son sillage ceux du maïs et blé.

Selon les dernières prévisions météo, il faut s’attendre à encore d’importantes quantités d’eau d’ici la fin juin, spécialement dans plusieurs régions du Midwest déjà en difficulté. (Oklahoma, Arkansas, Missouri, Illinois, Indiana).  Les dernières prévisions du NOAA publié aujourd’hui proposent également des précipitations au-dessus des normales pour le mois de juillet prochain.

Prévisions de précipitations aux États-Unis pour le mois de juillet 2015

 

C’est donc pour le moment dans la « flotte » que les producteurs américains devront s’ingénier à travailler pour parvenir à obtenir de bons rendements cette année, ce qui est loin d’être sûr.  Et, les marchés en prennent bonne note, spécialement dans le marché du soya, et ce, d’autant que les derniers chiffres qui concerne sa consommation se veulent toujours très intéressants (trituration et exportations toujours fermes pour l’ancienne récolte qu’il reste à écouler).

Techniquement, les derniers jours auront été constructifs pour les prix à Chicago. Bien entendu, celui du soya laisse entendre de plus en plus qu’un creux définitif aurait été atteint dernièrement (9,00 $US/boisseau pour la prochaine récolte, et 9,20 $US/boisseau pour l’ancienne récolte). La tendance baissière des derniers mois est maintenant distinctement remise en question, et une fermeture en hausse demain pour terminer la semaine viendrait donner un signal positif  supplémentaire en ce sens.

Il faut noter également la fermeté particulièrement forte du marché du tourteau actuellement, ce dernier ayant écarté du revers de la main sans difficulté sa tendance baissière amorcée à la fin février dernier, pour maintenant remettre en question celle en place depuis l’automne dernier. Prochain objectif à surveiller : 332$US/TC.

Du côté du maïs, le dernier rapport sur les ventes à l’exportation américaines publié aujourd’hui aura proposé des chiffres au-dessus des attentes, et ce, autant pour l’ancienne récolte  (627 000 tonnes) que la prochaine récolte (200 400 tonnes). Ceci donne suite au rapport sur la production d’éthanol aux États-Unis publié hier, qui malgré un recul de celle-ci à 980 000 barils/jour la semaine dernière, reste très élevée.  En lui-même, fondamentalement, le contexte se veut donc constructif pour le marché du maïs, surtout que les averses excessives commencent à affecter les cultures dans certaines régions du Midwest américain.

Par contre, contrairement au soya, le marché du maïs reste encore fragile, ce qui se reflète bien sur le comportement des prix. On sent une certaine consolidation/hésitation suivant les récents creux. Mais, malgré l’appréciation intéressante des derniers jours, la tendance reste pour le moment à la baisse avec une marge encore très mince avant que les derniers creux puissent à nouveau être testés à nouveau.

Pour sa part, le marché du blé reste celui qui aura le moins profité dans les derniers jours. Les récoltes de blé d’hiver se poursuivent aux États-Unis dans des conditions trop humides et difficiles. À l’opposé, on signale que certaines régions en Europe doivent composer avec des conditions excessivement sèches. Mais, la faiblesse de la demande à l’exportation pour le blé américain semble peser toujours trop lourd dans la balance pour soulever davantage les prix. Technique, sur le marché de Chicago, on observe une bonne hésitation. Les marchés ne veulent pas encore lâcher le morceau à la baisse, mais ne trouvent pas pour autant de motifs suffisants pour lui permettre de reprendre les devants.

Avec les nombreuses incertitudes météo qui s’accumulent, les dernières prévisions qui ne semblent pas vouloir non plus donner de répits aux cultures aux États-Unis, ainsi que l’approche de rapports importants le 30 juin prochain (superficies ensemencées aux États-Unis et rapport des stocks américains de grain au 1er juin), il semble maintenant de plus en plus apparent que les creux saisonniers puissent avoir été atteints. Ne reste plus qu’à voir ensuite ce que seront les conditions lors de la pollinisation (maïs) et la floraison/remplissage des gousses (soya) en juillet et aout prochain.

 

 

 

 

 


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