Après un début de semaine difficile ce lundi, le marché des grains aura repris les devants aujourd’hui, le marché du soya en tête. Hier en fin de journée, le rapport sur la progression et l’état des cultures aux Etats-Unis (Crop progress) a laissé naitre à nouveau un doute dans l’esprit des marchés.
Selon ce rapport :
Maïs
- L’état des cultures recule à nouveau de 1% cette semaine à 73% dans la catégorie « bon à excellent ». C’est 3% de moins qu’à pareille date l’an dernier. Ce sont les États américains plus à l’est du Midwest qui auront été le plus touchés par les conditions excessivement humides, notamment l’Illinois et l’Ohio.
- L’émerge des cultures affichent toutefois toujours une avance à 97% versus la moyenne cinq ans de 95%.
Soya
- Les ensemencements sont complétés à hauteur de 87%, légèrement sous la moyenne des dernières années de 90%. L’émergence affiche aussi un léger retard de 4% par rapport à la moyenne à 75%. L’État du Missouri est celui qui se veut le plus en retard avec seulement 42% de son soya de sème, alors qu’en temps normal il est semé à 79%.
- Avec les averses importantes, l’état des cultures de soya s’est détérioré de 2% dans la dernière semaine à 67% dans la catégorie « bon à excellent ». Ceci commence de plus en plus à préoccuper les marchés. Par comparaison, au même moment l’en dernier c’était plutôt 73% des cultures qui étaient dans cette catégorie.
Blé
- Si les conditions des cultures de blé de printemps se veulent toujours prometteuses (70% dans la catégorie « bonne à excellente »), celles du blé d’hiver dont la récolte est en cours restent décevantes. Aucun changement n’a été apporté dans le pourcentage des cultures dans la catégorie « bonne à excellente » qui demeure à 43%, mais c’est maintenant 22% des cultures qui sont classées dans la catégorie « mauvaise à très mauvaise », en hausse de 2% par rapport à la semaine dernière.
- Les récoltes de blé d’hiver tardent toujours aussi à seulement 11% de complétées, en hausse de 7% par rapport à la semaine dernière, mais en retard de 8% par rapport à la moyenne des dernières années. Pratiquement tous les États affichent un retard important à l’exception de la Californie et du Texas.
De l’avis des spécialistes en météo agricole, la situation pour les cultures reste dans l’ensemble encore favorable. Par contre, les marchés portent davantage leur attention sur les régions en difficultés, et avec raison. En effet, à nouveau cette semaine, plusieurs d’entres-elles devront composer avec des averses excessives. Dans certains cas, des inondations sont même à prévoir.

Dans le cas du soya, hier, le rapport mensuel du NOPA aura également ajouté une touche de positivisme dans le marché. Selon ce rapport, il s’est trituré un niveau record de 148,4 millions de boisseaux (4,04 millions de tonnes) pour un mois de mai. Ce résultat est dans les attentes les plus élevées des marchés et de 12,8% plus élevé qu’en mai l’an dernier. Il s’agit par contre d’un recul par rapport au 150,4 millions de boisseaux d’avril dernier.
Techniquement, après avoir à nouveau testé le seuil psychologique de 9,00 $US/boisseau pour la prochaine récolte (CàT de nombre 2015), le prix du soya aura profité de l’occasion pour bondir, celui de l’ancienne récolte également. À nouveau, le risque de voir le marché du soya s’enfoncer sous la barre de 9,00 $US/boisseau a été écarté. Par contre, le rebond d’aujourd’hui laisse encore intacte la tendance baissière des derniers mois, bien que la marge s’amincisse de plus en plus à chaque nouveau rallye des prix.
Mentionnons par contre au passage que dans le cas du tourteau, le gain important d’aujourd’hui aura permis la rupture d’une résistance importante à 318 $US/TC (CàT de juillet), brisant au passage la tendance baissière des derniers mois et invitant à la prudence. La prochaine étape est maintenant 324-325 $US/TC.
Dans les cas des marchés du maïs et du blé, le rebond aura été plus tempéré aujourd’hui, la tendance baissière à moyen terme étant toujours à l’œuvre dans les deux cas. Le marché du maïs tente de s’écarter de son nouveau creux inégalé depuis des mois sous 3,50 $US/boisseau (CàT juillet 2015), alors que celui du blé cherche par contre à confirmer/consolider sa position en vue d’un éventuel retour définitif à la hausse.

