Le marché des grains demeure toujours sous pression. Hier, le rapport sur la progression des ensemencements américains confirme toujours un léger retard pour débuter la saison, mais rien de spécialement préoccupant.
En date de dimanche dernier, les semis aux États-Unis étaient complétés à :
Maïs : 19% (sem. dernière 9%; l’an dernier 17%; moyenne 5 ans 25%), les prévisions étaient de 20%
Soya : 2% (l’an dernier 3%; moyenne 5 ans 4%)
Les dernières prévisions météo proposent toujours des conditions qui devraient permettre aux producteurs américains de rattraper le temps perdu au cours des prochains jours/semaines.

L’épidémie de grippe aviaire qui continue de s’étendre aux États-Unis préoccupe aussi de plus en plus les marchés. De nombreuses hypothèses circulent présentement sur l’incidence de la maladie non seulement sur le marché de la volaille, mais aussi les répercussions d’une possible baisse de consommation de grains (et tourteau). Pour leurs prix qui doivent déjà composer avec d’importants inventaires américains et mondiaux à écouler d’ici la prochaine récolte, ce nouvel imprévu ne les aide en rien à se raffermir.
Heureusement, le dernier rapport hebdomadaire sur les inspections des exportations américaines de grains publiés hier aura proposé des chiffres intéressants qui ont dépassé les attentes des marchés à près de 1,3 million de tonnes dans le maïs, 311 622 de tonnes dans le soya et 543 929 tonnes dans le blé.
Le dollar américain poursuit sur une pente descendante, ajoutant une touche d’optimiste supplémentaire à l’idée que les exportations américaines puissent encore gagner davantage de terrain dans les prochaines semaines.

Aujourd’hui, une importante nouvelle vente de 390 000 tonnes de soya américain pour livraison l’an prochain a aussi été annoncée. Ceci s’ajoute avec les nombreuses nouvelles des dernières semaines à l’effet que la consommation de soya (trituration aux États-Unis, meilleures perspectives du côté chinois) resterait ferme.
Pour l’heure, le sentiment se veut donc un peu plus partagé. Les nouvelles sont quelque peu encourageantes du côté consommation et exportation, confortant moins dans l’esprit des marchés qu’une baisse supplémentaire soit nécessaire, et ce, particulièrement à la lueur de l’important recul observé dans les cas du maïs et du blé depuis la fin de la semaine dernière. Par contre, il demeure encore très aventureux d’envisager que des creux définitifs puissent avoir été atteints.
Les récoltes sud-américaines sont toujours en cours et de nouvelles prévisions proposent des productions record encore en plus importantes que prévues. Aux États-Unis, une progression plus rapide des semis dans les prochaines semaines pourrait également à nouveau exercer une pression baissière supplémentaire.
