Les prix des grains ont terminé la semaine sur une note plus défensive, ce qui ne leur aura pas empêché de la terminer au net avec d’importants reculs, spécialement du côté du soya.
À proprement parler, les nouvelles n’ont pas été nombreuses dans la dernière semaine. Hier, le rapport hebdomadaire des ventes américaines à l’exportation a eu le mérite de présenter des chiffres intéressants, renforçant l’idée que les consommations de maïs et de soya restent fortes présentement. Seul le blé traine toujours de la patte. Par contre, même si celles de soya sont plus fortes qu’espérées, mentionnons qu’elles continuent de reculer progressivement, rappelant aux marchés que tôt ou tard, le soya sud-américain prendra le dessus sur les marchés internationaux.
En Amérique du Sud, les inquiétudes entourant la grève des camionneurs se sont tranquillement estompées au cours de la semaine. Mais, les récoltes tardent toujours et on rapporte des inondations dans le nord de l’Argentine. Ceci vient offrir un certain support aux prix qui auront été fortement éprouvés depuis le sommet de lundi dernier à 10,39 $US/boisseau (CàT mai 15).
La fermeté du dollar américain n’est pas étrangère aux difficultés du marché des grains. Après avoir hésité pendant plusieurs semaines de la fin janvier à la fin février, il sera retourné à de nouveaux sommets inégalés depuis 2003 dans les derniers jours.
Pour l’instant, il semble que cette fermeté n’ait pas affecté particulièrement le marché du maïs, dont les ventes à l’exportation restent intéressantes. Par contre, les marchés sont beaucoup plus nerveux concernant le sort de ceux du soya et du blé. On sait que le Réal brésilien (devise du Brésil) frise toujours de nouveaux creux, renforçant l’idée que les pays importateurs devraient rapidement se tourner vers cette source d’approvisionnement dans les prochaines semaines ; en fait, dès que les récoltes et les problèmes de logistique de transport seront tout au moins partiellement résolus. Côté blé, les États-Unis proposent toujours un prix trop élevé sur les marchés internationaux où la compétition est déjà forte. La fermeté du dollar américain n’aide donc en rien à la situation.
La semaine prochaine, le USDA présentera son rapport mensuel d’offre et demande pour le mois de mars. Comme c’est souvent le cas en mars, peu de surprises sont attendues de ce côté. En fait, de l’avis des analystes, il faudra très certainement attendre la publication du rapport sur les intentions d’ensemencements aux États-Unis avant que les prix puissent trouver de nouveaux motifs suffisants pour reprendre une direction plus définitive, à la hausse, mais aussi possiblement à la baisse selon l’issue des résultats présentés.
Pour un aperçu des prévisions des marchés concernant le prochain rapport mensuel du USDA : ScotiaMcLeod : Lettre sur l'agriculture - Estimations pour le rapport de mars de la USDA

