Suivant le rebond de ce mardi, les prix des grains ont encaissé un recul aujourd’hui. Comme c’est général le cas chaque année, le mois de février propose peu de nouvelles du côté des grains, et les marchés se rabattent sur peu pour en dicter la direction des prix.
Hier, comme l’ont souligné plusieurs analystes, les prix des grains ont surtout été propulser par un engouement général des marchés financiers pour les commodités avec le rebond du prix du pétrole, et la faiblesse du dollar américain. Plus spécifiquement, les prix des grains étaient aussi nettement « survendus » et murs pour une correction après leur chute de janvier. Dans ce même ordre d’idée, aujourd’hui, le recul du prix du pétrole et la hausse du dollar américain auront incité à la prudence et forcé à la baisse les prix des grains.
Selon l’EIA (Energy Information Administration), la production d’éthanol a finalement lâché prise, reculant de ses sommets frisant 980 000 à 990 000 barils/jour à 948 000 barils/jour la semaine dernière. Il s’agit du plus faible niveau enregistré depuis novembre dernier. Ce recul n’est cependant pas surprenant, tenant compte que les marges des fabricants américains d’éthanol sont beaucoup plus serrés qu’elles ne l’étaient au cours de la seconde moitié de 2014, voire même négative. Mais, ce qui préoccupe davantage, ce sont les inventaires d’éthanol qui continuent de s’accumuler, atteignant leur plus haut niveau depuis juin 2012, signe que la consommation du biocarburant ne serait pas au rendez-vous présentement pour écouler la production.
Statistique Canada a également présenté aujourd’hui son rapport sur les Stocks des principales grandes cultures au 31 décembre 2014. Selon ce rapport, les inventaires de blé canadien au 31 décembre étaient de 24,82 millions de tonnes. Ce résultat est légèrement sous le niveau de la moyenne des prévisions des marchés qui était de 25 millions de tonnes. Par contre, bien qu’ils soient un peu plus faibles que prévu, il s’agit du second plus haut niveau d’inventaires de blé canadien depuis 1986. Comme quoi, encore une fois, ce n’est pas de blé que les consommateurs manqueront dans les prochains mois.
Fait intéressant, le recul plus prononcé du soya comparativement à celui du maïs a fait passer maintenant sous la moyenne des dernières années le ratio soya/maïs pour la prochaine récolte. C’est la 1re fois depuis juin 2013 qu’il passe sous ce niveau. S’il n’y a pas si longtemps, il ne faisait aucun doute que semé du soya se voulait plus intéressant, la situation a maintenant bien changé et rend moins sûr que les producteurs voudront en semer autant que prévu jusqu’ici. Généralement, la perception des marchés est qu’un ratio élevé soya/maïs joue en faveur d’ensemencements en soya, et un ratio faible en faveur d’ensemencements de maïs.
Techniquement, le recul des prix d’aujourd’hui laisse indécis. D’un côté, ce dernier n’aura pas permis dans aucun cas d’effacer l’intéressante progression réalisée hier. Ceci laisse toujours la porte ouverte à la possibilité que des creux plus définitifs aient été atteints. D’un autre côté, les signaux techniques laissent aussi très incertaine la possibilité qu’ils puissent encore progresser de manière très soutenue dans les prochains jours/semaines, avec une tendance baissière amorcée en décembre qui reste bien en place.



