Les prix des grains ont été à nouveau sous pression baissière aujourd’hui. Derrière cette faiblesse, la vigueur du dollar américain et de nombreuses incertitudes économiques en Europe, mais aussi en Chine, au Canada et dans plusieurs autres pays qui pèsent lourd sur le marché des commodités. Il va sans dire que la faiblesse du prix du pétrole fait elle-même couler beaucoup d’encre, ajoutant une touche de méfiance dans les marchés financiers qui ne savent quoi anticiper à ce sujet pour les prochaines semaines/mois.
Plus spécifiquement, dans le marché des grains, la production d’éthanol aux États-Unis demeure très élevée, s’établissant la semaine dernière à 979 000 barils/jour (semaine dernière 978 000 barils/jour). Malheureusement, les stocks américains d’éthanol continuent de s’accumuler, grimpant cette fois-ci à 20,4 millions de barils, leur plus haut niveau en deux ans, signe que la demande peine à absorber l’offre présentement.
Avec la chute importante des prix du pétrole et de l’éthanol dans les dernières semaines, les marges de profit de plusieurs fabricants d’éthanol seraient aussi sous pression, et certains commencent à craindre qu’ils ne ralentissent leur production.
Du côté des exportations américaines de maïs, la fermeté actuelle du dollar américain se veut préoccupante. Depuis quelques semaines, on sent un raffermissement de ce côté, mais la partie n’est pas gagnée pour autant. On rapporte d’ailleurs que certains pays seraient maintenant favorisés par la vigueur du billet vert, notamment l’Ukraine. Rappelons que l’Europe a aussi obtenu une excellente récolte en 2014, et que dans les prochaines semaines, d’excellentes récoltes sont attendues en Amérique du Sud.
Ne restent que les incertitudes entourant les superficies qui seront semées ce printemps aux États-Unis et la réticence des producteurs à vendre aux niveaux actuels pour supporter le marché.
Techniquement, le prix du maïs reste confiné pour l’instant dans un canal baissier après avoir vainement tenté à la fin de la semaine dernière de s’en détacher.
Dans le marché du soya, les nouvelles n’ont pas été particulièrement importantes aujourd’hui et, faute de nouveaux éléments, la direction demeure à la baisse.
On rapporte toujours de bonnes conditions pour les cultures en cours au Brésil, bien que dans certaines régions en Argentine, du temps plus sec ne serait pas une mauvaise chose. Certaines firmes d’analyse et organisation continuent de croire que la prévision de récolte du Brésil de 95,5 millions de tonnes du USDA est trop élevée. Selon eux, tenant compte des conditions sèches observées dans certaines régions du nord-est, il faut plutôt anticiper une récolte de l’ordre de 91 à 94 millions de tonnes.
Techniquement, le marché du soya a clôturé aujourd’hui à son plus bas depuis la fin octobre dernier, celui-ci ne montrant pas signe pour l’instant d’un retour à la hausse imminent.

