Journée plus difficile pour les prix des grains qui ont dû composer avec quelques nouvelles décevantes, et des préoccupations qui s’estompent tranquillement côté conditions météo en Amérique du Sud et dans les Plaines et le Midwest américain.
Selon l’EIA (Energy Information Administration), la production hebdomadaire d’éthanol aux États-Unis a reculé pour une seconde semaine consécutive pour s’établir à 949 000 barils/jour, son plus bas niveau depuis novembre dernier. Derrière cette faiblesse de la production américaine d’éthanol, les marges de profits des usines américaines qui ont finalement abdiqué sous la pression de la chute de l’or noir.

Comme l’illustre le graphique ci-haut, jusqu’au début de décembre, l’industrie de l’éthanol avait pu échapper au recul exceptionnel du prix du pétrole grâce à la fermeté de la demande d’éthanol et à son prix qui avait su garder le cap envers et contre tout. Mais, le vent a tourné dans les dernières semaines, et il semble que cette fois-ci, les marges de profit des fabricants d’éthanol écopent.
Ce qui préoccupe davantage, c’est cependant la hausse importante des inventaires américains d’éthanol qui, à 18,8 millions de barils, laisse présager un ralentissement de la demande inquiétant. Après plusieurs semaines à des niveaux exceptionnellement bas à l’automne, ceux-ci sont maintenant à leur plus haut niveau depuis mars 2013.

L’absence de nouvelles du côté demande à l’exportation pour le maïs américain, couplé à la fermeté du dollar américain sera venue ajouter une touche supplémentaire de négativité qui aura invité les fonds spéculatifs à la prudence. Nul besoin également de rappeler que les marchés restent sur la défensive en prévision du rapport mensuel du USDA de lundi prochain qui, malgré une possibilité de révision à la baisse de la dernière récolte américaine, devrait confirmer l’importance de la disponibilité de maïs pour les prochains mois.
Côté soya, les nouvelles n’auront pas été particulièrement abondantes aujourd’hui. Depuis l’annonce d’une importante vente de soya américain à la Chine lundi, aucune autre annonce intéressante n’a vu le jour. Certains dans le marché semblent toujours confiants que la demande chinoise reste forte. Mais, il faudra qu’elle le demeure face à l’importance de la dernière récolte américaine, et de celles qui s’annoncent en Amérique du Sud, sans quoi il restera difficile de justifier des prix élevés.
En Amérique du Sud, les dernières prévisions proposent toujours des conditions un peu plus sèches pour les deux prochaines semaines. Les marchés semblent avoir cependant pris un peu de recul à cet égard, bien qu’ils surveillent la situation de près.
Le marché du blé a pour sa part connu une journée plus difficile après un début de semaine intéressant. L’annonce d’une vague de froid appréhender pour le Midwest américain qui a animé les marchés depuis lundi semble maintenant avoir été bien intégrée aux prix. Certains spécialistes soulignent également que les dommages occasionnés aux cultures de blé d’hiver devraient être minimaux, un bon couvert de neige aidant dans la plupart des régions affectées.
Les nouvelles du côté des exportations américaines de blé restent toujours maigres, ce qui n’aide en rien le marché du blé à reprendre du terrain maintenant que les déboires entourant les exportations russes de blé sont choses du passé, et que les perspectives d’exportations américaines demeurent mitigé avec la fermeté du dollar américain, et l’abondance de blé disponible dans le monde.

