Journée intéressante pour le marché des grains. Après quelques jours de rallye intéressant, le marché du blé s’est corrigé, alors qu’à l’opposé, ceux du maïs et soya auront terminé timidement en territoire positif suivant leur revers des derniers jours.
Il semble que les producteurs américains ce soient à nouveau renfrognés avec la faiblesse des derniers jours dans les marchés du maïs et soya, ce qui aura finalement offert une certaine fermeté progressive dans les prix.
Dans le cas du maïs, une vente américaine à l’exportation de près de 200 000 tonnes au Mexique pour 2014-15 a été annoncée aujourd’hui. Ceci aura rappelé par la même occasion aux marchés que celles-ci montrent une certaine fermeté depuis les dernières semaines, et qu’en prévision du rapport hebdomadaire du USDA à ce sujet demain, les résultats pourraient encore surprendre. Les marchés anticipent des ventes hebdomadaires de 600 000 à 850 000 tonnes.
Par contre, si quelques nouvelles positives ont permis au prix du maïs de se ressaisir aujourd’hui, le contexte n’en reste pas moins toujours lourd. Les récoltes américaines sont records et les conditions météo en Amérique du Sud toujours prometteuses. Après avoir atteint un sommet historique il y a deux semaines, la production d’éthanol a reculé la semaine dernière à 962 000 barils/jour. Si cette production reste élevée, certains analystes estiment qu’un sommet saisonnier a été atteint et qu’elle serait appelée à baisser davantage dans les prochaines semaines. Pour ne pas aider, les choses, les inventaires d’éthanol ont pour leur part grimpé à 17,29 millions de barils, signe que certains interprètent comme un recul de la demande.
Techniquement, contrairement au soya, le maïs sera parvenu jusqu’ici à se soustraire à une rupture de son support important à 3,75 $US/boisseau (CàT de décembre), ce qui donne a pensé que les marchés restent encore très indécis sur la suite des choses.
De son côté, les nouvelles positives du côté du soya restent fragmentaires. Excluant le manque d’intérêt vendeur des producteurs qui offre un support au prix, les marchés semblent avoir été également moins confiant de le forcer davantage à la baisse en attendant le prochain rapport du USDA sur les ventes hebdomadaires à l’exportation de soya américain qui sera publié demain.
Depuis le début de l’année commerciale en cours (2014-15), les exportations et ventes à l’exportation de soya américain, spécialement à destination de la Chine, ont été très fortes et pourraient encore surprendre à nouveau. Toutefois, on rapporte aussi que les marges des triturateurs de soya en Chine sont maintenant négatives pour la 1re fois depuis février dernier. Si la situation persiste, elle pourrait alors tranquillement freiner la demande à l’importation du côté de la Chine, une perspective qui pourrait s’avérer particulièrement difficile pour le marché du soya alors qu’une récolte record se termine aux États-Unis, et qu’une autre se prépare en Amérique du Sud. Rappelons également que généralement, les exportations et ventes à l’exportation ont tendance à atteindre un sommet en novembre/début décembre.
Techniquement, le recul observé de lundi à mardi aura forcé, bien que timidement, la rupture de la ligne de cou de la figure de type tête-épaule dont plusieurs analystes ont fait mention depuis une semaine. Par contre, cette rupture aura été réalisée sans grande fermeté, laissant le prix dans une posture négative, mais incertaine.
Dans le blé, les marchés ont décidé d’engranger une part de leurs profits des derniers jours, semble-t-il. Les incertitudes de production dans différentes régions du monde (Russie, États-Unis, Amérique du Sud, Australie) demeurent à l’ordre du jour, mais pour l’essentiel concernent surtout les cultures de blé d’hiver en Russie et aux États-Unis qui amorcent la période d’hiver dans un état mitigé. Or, s’il demeure très possible que des pertes notables aient lieu, ce ne sera officiellement pas avant le printemps prochain qu’il sera possible de bien en mesurer l’importante.
D’ici là, les exportateurs américains peinent toujours à remporter des appels d’offre sur les marchés internationaux, et l’abondance de blé disponible pour les prochains mois justifient toujours mal un rallye soutenu des prix, particulièrement alors même que ceux du maïs et du soya montrent signes de faiblesse.

