Suivant la publication du dernier rapport du USDA de lundi dernier qui, il faut le dire, n’aura sommes toutes pas révéler beaucoup de changement dans l’équilibre de l’offre et la demande de grains, les marchés se sont à nouveau enflammer.
Rappelons que pour l’essentiel, le USDA a quelque peu surpris les marchés dans son rapport avec :
- une révision à la baisse du rendement dans le maïs aux États-Unis,
- un ajustement à la hausse du rendement américain dans le soya un peu moins important que prévu,
- une consommation plus importante de soya aux États-Unis (trituration & exportation), mais dans une moindre mesure que ce qu’anticipaient les marchés,
- un peu moins de superficies récoltées et de rendement dans le blé aux États-Unis.
Au terme de l’exercice, les inventaires de fin d’année 2014-15 aux États-Unis comme dans le monde, et ce, autant pour le maïs, que le soya et le blé, auront eux-mêmes très peu changé, proposant toujours une abondance de grains pour les prochains mois.
Suivant une certaine déception des marchés bien sentie dans les prix lundi en fin de journée, ceux-ci ont toutefois rapidement repris le chemin de la hausse. À nouveau, le principal responsable de cette fermeté étonnante des prix se retrouve dans la dynamique de marché bien particulière qui persiste toujours présentement aux États-Unis dans le soya et tourteau de soya :
- Les ventes et exportations américaines de soya demeurent fortes depuis le début de l’année 2014-15, et les exportateurs américains tirent la couverte de leur côté pour s’approvisionner en soya.
- Les triturateurs et consommateurs qui espéraient pouvoir compter sur une récolte américaine record pour s’approvisionner auront été pris de court, plusieurs n’ayant pas nécessairement anticipé une telle situation.
- Le transport ferroviaire demeure toujours pénible, tout autant que celui par barge le long du Mississippi.
- On rapporte que les producteurs seraient un peu plus enclins à vendre maintenant que les prix ont bondi, mais n’hésitent toujours pas à se renfrogner à leur moindre recul.
- Enfin, pour ne pas aider les choses, une vague de froid et même des précipitations importantes de neige dans certaines régions seront venues complexifier l’approvisionnement, et stimuler également la demande pour du tourteau, semble-t-il.
Il faut reconnaitre également que présentement, les fonds spéculatifs sont très actifs, ajoutant une touche de nervosité et de volatilité importante dans les prix des grains.

Aujourd’hui, une rumeur à l’effet que deux à six bateaux de tourteau de soya en provenance de l’Argentine seraient en route à destination des États-Unis est cependant venue calmer le jeu un peu, forçant même les prix du soya et tourteau de soya à clôturer à la baisse.
Comme c’est le cas depuis maintenant quelques semaines, la plupart des analystes s’accordent toujours à dire que la situation devrait tôt ou tard se renverser; dès que le soya circulera plus aisément et que la récolte américaine sera complétée. La question est cependant à savoir quand?
Certains soulignent que s’il est vrai que tout devrait rentrer dans l’ordre éventuellement, ceux qui espèrent voir le prix du soya et tourteau de soya s’effondrer pourraient cependant être déçus. Même si après un début de saison difficile, les conditions se veulent beaucoup plus favorables pour les cultures de soya au Brésil, les semis tardifs et la récolte tardive qui pourrait en découler font en sorte que la partie n’est pas gagnée d’avance. Sans compter que si les conditions météo se veulent présentement prometteuses, rien ne permet de croire qu’elles ne pourraient pas encore faire des difficultés d’ici les récoltes cet hiver.
Mentionnons en terminant que du côté du blé, le marché semble à nouveau prendre du tonus. Les tensions géopolitiques entre l’Ukraine et la Russie font à nouveau les manchettes. On rapporte que des forces militaires russes auraient fait intrusion en Ukraine. (L'Ukraine se prépare au combat - LaPresse.ca) La vague de froid aux États-Unis a également contribué à raffermir le marché, bien que jusqu’ici on ne s’attend pas à d’importants dommages liés au gel sur les cultures de blé d’hiver.

