Les prix des grains restent hésitants pour débuter la semaine. Le dernier rapport mensuel du USDA publié jeudi dernier aura eu l’effet escompté, avec un nouveau recul notable des prix pour tous les grains. Mais, suivant l’atteinte de nouveaux creux inégalés depuis plusieurs années, les marchés hésitent maintenant à forcer davantage et de manière trop précipitée les prix.
Non pas que les derniers chiffres du USDA soient particulièrement encourageants. Au bas mot, pour les résumer, disons simplement que des récoltes record encore plus importantes que prévu sont attendues aux États-Unis et dans le monde.
Pour un survol plus complet des résultats du dernier rapport du USDA: Grainwiz - Rapport mensuel du USDA - Quand les grosses récoltes deviennent plus grosses...
Le fait est cependant que les marchés sont déjà bien au fait de cette possibilité depuis quelques semaines et ont déjà certainement eu tout le loisir d’ajuster le tir en conséquence. En ce sens, il n’y a qu’à rappeler le rapport hebdomadaire du USDA sur l’état des cultures aux États-Unis qui ne cesse semaine après semaine de confirmer l’excellente condition des cultures américaines, l’exception à la règle étant celle de blé de printemps qui s’est plutôt détérioré dans les dernières semaines.
Hier en fin de journée, le USDA a d’ailleurs à nouveau renchérie, révélant que les cultures de maïs étaient toujours à 74% dans la catégorie bonne à excellente (semaine dernière 74%), et celles de soya à 72% dans cette catégorie (semaine dernière 72%). Ce qui pourrait toutefois apporter un peu de support dans le marché, particulièrement suivant les 1res gelées hâtives déjà observées au cours de la fin de semaine dernière, c’est le retard significatif dans le développement des cultures et même, le début des récoltes.
Selon le USDA, en date de dimanche dernier, seulement 27% du maïs était jugé mature (moyenne 5 ans 39%) et 4% récolté (moyenne 5 ans 9%). Même son de cloche du côté du soya où seulement 24% auraient atteint le stade de la perte des feuilles (moyenne 5 ans 32%), alors que pour sa part la récolte de blé de printemps tire toujours de la patte à 74% (moyenne 5 ans 86%).
Excluant le retard dans le développement des cultures aux États-Unis qui jette encore un léger doute sur les récoltes, la FSA (Farm Service Agency, une division du USDA) a aussi présenté ce matin son rapport mensuel Crop Acreage Data qui n’aura pas passé inaperçu.
Selon ce rapport, les superficies ensemencées incluant celles qui n’ont pas fonctionné (planted/failed acreage) s’établissent à 85,83 millions d’acres dans le maïs, en hausse de 1,51 million d’acres comparativement au mois d’août dernier, et de 80,81 millions d’acres dans le soya, une révision à la hausse mensuelle de 1,56 million d’acres. Essentiellement, ces chiffres proposent donc a priori plus de superficies de semées comparativement au mois dernier.
Il faut toutefois savoir que ce rapport tient compte uniquement des entreprises agricoles américaines qui sont enregistrées à certains programmes proposés aux producteurs. Par conséquent, ce ne sont pas toutes les superficies ensemencées qui sont reportées dans ce rapport. Par comparaison avec les chiffres officiels du USDA dans son rapport mensuel, il y a donc toujours un écart à tenir compte qui, cette année, donne plutôt à penser pour l’instant qu’il pourrait y avoir éventuellement une révision à la baisse des superficies officiellement ensemencées cette année aux États-Unis. Et, pour les prix, cette possibilité ne serait certainement pas une mauvaise chose.
Mais, dans l’immédiat, que les superficies ensemencées aux États-Unis soient moins importantes ou non n’est pas au centre de l’attention des marchés qui, pour leur part, voient encore toujours la possibilité que les rendements obtenus par les producteurs américains puissent encore grimper davantage dans les prochaines semaines.

