Les marchés ont bien réagi aux dernières données du USDA qui ont proposé dans l’ensemble des surprises positives. Il ne faut cependant pas se leurrer. Même si elles ont été sous les attentes des marchés, ce qui est une bonne chose, ces nouvelles prévisions confirment que les récoltes américaines et mondiales seront importantes, voir même record dans bien des cas. Mais, pour l’heure, ce rapport aura eu le mérite de calmer les ardeurs de ceux qui envisageaient encore il y a quelques jours de nouveaux creux d’ici les récoltes.
Maïs
Le marché du maïs est sans nul doute celui qui aura le plus profité des résultats du rapport mensuel du USDA. La récolte américaine serait certes un nouveau record de plus de 14,00 milliards de boisseaux sur la base d’un rendement moyen de 167,4 boisseaux/acre, mais la moyenne des prévisions était de beaucoup supérieure à 14,25 milliards de boisseaux pour un rendement moyen de 170,2 boisseaux/acre. L’agence américaine reconnait également dans son rapport que la chute des prix devrait renforcir la demande (et les exportations), proposant des inventaires de fin d’année plus serrés que ce que les marchés anticipaient à 1,81 milliard de boisseaux. Il faut cependant prendre note qu’un tel niveau d’inventaires de maïs américain aussi élevé n’avait pas été observé depuis près de 10 ans.
Mi-chaud, mi-froid, ces résultats auront amené les marchés a faire progresser les prix du maïs, mais de manière encore très conservatrice. Aujourd’hui, le contrat à terme de l’ancienne récolte (septembre 14) a reculé de -0,05 à 3,58 $US/boisseau. Celui de la prochaine récolte (décembre 14) a gagné pour sa part +0,75 à 3,6975 $US/boisseau.
Selon le dernier rapport hebdomadaire de l’EIA publié ce matin, la production d’éthanol a grimpé de 29 000 à 931 000 barils/jour la semaine dernière, alors même que les inventaires d’éthanol ont reculé de leur côté de 500 000 à 17,8 millions de barils. Ce rapporte, combiné à l’annonce de deux nouvelles ventes à l’exportation de maïs américain de la nouvelle récolte de 130 000 tonnes à destination inconnue et 107 600 tonnes au Mexique, confirme qu’à son niveau actuel le prix du maïs continue de stimuler la demande.
Toutefois, plusieurs analystes remettent encore en doute le rendement moyen de 167,2 boisseaux/acre anticipé par le USDA dans son dernier rapport. De leur avis, cette estimation est encore trop conservatrice face aux excellentes conditions des cultures américaines présentement. Cette ambigüité, combiné à la récolte record déjà attendue, aura été suffisante, semble-t-il, pour empêcher le marché du maïs d’entamer un rallye à la hausse.
Soya
Le marché du soya a bien encaissé la révision à la hausse de la récolte record de soya américain qui était déjà anticipée. Comme prévu, le rendement moyen a été révisé à 45,4 boisseaux/acre, un résultat légèrement inférieur à la moyenne des prévisions de 45,5 boisseaux/acre. Mais, plus importants encore, les marchés semblent avoir tout aussi bien accepté la prévision d’inventaires américains de fin d’année beaucoup plus élevée que ce que les marchés prévoyaient à 430 millions de tonnes. Il s’agit du plus haut niveau enregistré depuis 2006-07. Les inventaires mondiaux sont également prévus à un nouveau record historique de 85,6 millions de tonnes, un bond annuel de près de 30%.
Par contre, s’ils ont bien digéré ces nouvelles données considérant qu’il n’y aura pas eu de cassure abrupte, le contexte de marché reste en lui-même très lourd. Sur le contrat à terme de la dernière récolte (septembre 14), il a d’ailleurs perdu aujourd’hui -0,1475 à 10,7950 $US/boisseau. Sur le contrat à terme de la prochaine récolte (novembre 14) il a reculé de -0,1275 à 10,4675 $US/boisseau, clôturant ainsi pour la 1re fois depuis 2010.
Vendredi, le rapport mensuel du NOPA sur le niveau de trituration de ses membres aux États-Unis doit être publié. Les marchés anticipent un recul pour le mois de juillet à 115,823 milliards de boisseaux, le plus faible niveau de trituration en 10 ans. Par contre, cette faiblesse ne serait pas nécessairement attribuable à un ralentissement de la demande, mais bien plutôt aux faibles inventaires américains de l’ancienne récolte.

