Nouvelle

Le CBOT et l'économie « merdique »

20 août 2007,

Actualité : Grainwiz : Rappel sur la session de vendredi le 17 août 07. Mais et soya.

Lors de la dernière session, les prix du maïs et du soya avaient rebondi pour terminer fortement à la hausse. Par exemple, ;es contrats de maïs-grain venant à échéance en septembre 07 ont clôturé à 3.284 $ US (+ 7.0), ceux du soya (même échéance)avaient terminé à 8.114 $ US (+ 12.2).

La sous-évaluation des prix et aussi la météo concernant le sud du Midwest, c'est-à-dire la possibilité d'un manque d'eau et de chaleur torride dans la Vallée du Mississipi, un scénario prévu pour cette semaine qui perdure depuis un certain temps et qui menace toujours les productions de soya américain, ont encouragé les spéculateurs et les gestionnaires de fonds commerciaux à recommencer leurs achats.

On devait aussi tenir compte l'économique merdique. Le fait que la Fed ait récemment décidé de pas augmenter les taux d'intérêts et surtout, l'injection de 389 milliards de dollars additionnels n'ont pas vraiment rassuré.

En même temps, il y avait eu les discours « rassurants » des présidents de banques centrales, dont celle du Canada, qui consistaient à dire que tout va bien, que tout est sous contrôle. Pour plusieurs, c'était du déjà vu.

La même situation s'était produite peu de temps avant le Crash de 1929. À l'époque, le gouvernement américain avait lui aussi essayé de calmer le jeu. Des gros magnas à la tête grosses entreprises, comme celle de J.P. Morgan, avaient suivi le pas en de donnant l'exemple en injectant d'autres capitaux.

Mais en vain, le désastre s'était propagé à l'échelle internationale et on connaît la suite : il avait fallu beaucoup plus pour sortir l'économie mondiale de la Grande dépression. En fait, les réformes sociales et économiques, et davantage la Deuxième guerre mondiale, avaient fait plus pour stimuler l'économie.

Mais pour ce qui nous concerne, 2007 est quand même loin de connaître une situation similaire. D'abord parce que l'économie actuelle est plus complexe et plus développée qu'elle ne l'était dans les années 1930. Ensuite parce ce que suite aux grandes récessions des années 1930 et 1980, les autorités ont mis en place toute une série de mesures capables de freiner les marchés avant qu'ils ne provoquent une débâcle difficilement contrôlable. Conséquences : avec le temps, les chutes économiques seraient devenues moins longues et moins pénibles.

Les tendances :N'empêche, ce qui se produit présentement au CBOT reste inquiétant. Les Américains considèrent peut-être que les prix du grain sont sous-évalués, la santé de leur économie n'a toujours rien de rassurant. Au contraire, elle menace toujours. Mais pour eux, il est vrai que la faiblesse de leur dollar devrait encourager leurs exportations du grain.

Quant à la météo au sud du Midwest, à notre avis, elle ne sert que de prétexte pour s'ajuster. Rappelons que celle au nord est plus clémente et aurait « l'avantage » de stimuler la croissance des plantes. En ce qui concerne l'ouragan Dean, il ne constitue pas une menace réelle. Au contraire, on croit qu'à moyen terme, ces restes (pluies et vents relativement forts) pourraient apporter un certain soulagement aux plantations du Sud.

Donc à court terme, le marché demeure instable et la tendance est plus ou moins mauvaise. La météo du Sud du Midwest pourrait bien pour redevenir plus douce. Le manque de nouvelles supplémentaires est aussi visible et risque de faire fuir les acheteurs. Ce qu'on a observé vendredi dernier tire davantage d'un ajustement technique.

S'il existe encore des raisons d'acheter, elles se trouvent à long terme où certains anticipent déjà les effets d'une pénurie mondiale de grain. Car quoiqu'on en dise, le marché des biocarburants est loin de régresser.


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